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Les drones au secours des digues françaises

Les drones au secours des digues françaises

Survey Copter, filiale de groupe Airbus, fournira les drones dans le cadre du projet Didro.

© Survey Copter

Le salon UGS 2015, dédié à l'usage des drones professionnels, vient d'ouvrir ses portes, ce mercredi 14 octobre, à Bordeaux. La rédaction d'Industrie & Technologies en profite pour vous présenter le projet collaboratif Didro. Porté par l'entreprise Redbird, il consiste à développer une solution commerciale d’inspection des digues par drones et fait l'objet de nombreuses innovations technologiques.

Sur les 9 000 km de digues que compte l’Hexagone, seuls 3 000 sont en bon état. Touchés par un manque de moyens grandissant, les gestionnaires de digues doivent, en outre, répondre à des exigences réglementaires accrues depuis les dégâts provoqués par la tempête Xynthia survenue en février 2010. « Compte tenu du contexte, il fallait développer un outil efficace pour l’inspection des digues maritimes et fluviales » explique Thibaut Miquel, ingénieur d’affaires chez Redbird, en charge du projet Didro.

Produire de la Smart Data

Lancé en mai dernier, ce nouveau projet collaboratif (le consortium regroupe 11 entités*) vise à mettre au point, d’ici trois ans, une solution commerciale d’inspection des digues par drones pour des missions de routine et des interventions lors de crises hydro-météorologiques majeures. Aujourd’hui, la surveillance des digues s’effectue via des inspections piétonnes. Si l’opérateur relève des défauts sur son rapport, une seconde visite technique plus approfondie est déclenchée. « Un drone, lui, est capable d’inspecter plusieurs dizaines de kilomètres de digues en une journée », note Thibaut Miquel.

Le projet Didro ne consiste pas à construire un nouveau drone, (les engins seront fournis par Survey Copter, une filiale d’Airbus), mais à valoriser cette technologie pour les besoins de la société. « On cherche à s’appuyer sur des capteurs performants et à traiter l’information de manière spécifique pour produire de la Smart Data », explique l’ingénieur.

Un Lidar aéroporté le plus léger au monde

Dans cette optique, la start-up DICT est chargée d’assembler une nacelle qui embarquera une caméra photogrammétrique, mise au point par l’IGN, des caméras infrarouge et proche infrarouge, ainsi qu’un Lidar, qui consiste à utiliser les réflexions d’un laser pour mesurer les distances. Développé par la start-up montpelliéraine L’Avion Jaune, ce dernier outil est présenté comme le Lidar aéroporté  le plus léger au monde. Il ne pèse que 2 kg, contre plusieurs dizaines de kilos pour les Lidar standard. Grâce à l'ensemble de ces instruments, il sera possible de détecter, par exemple, une infiltration d’eau dans une digue. Spécialiste du traitement des données, l’entreprise Redbird se chargera de fusionner l’ensemble des données pour la reconstitution d’un modèle 3D.

Pour les interventions en "périodes de crise", le projet consiste à soulager les hélicoptères de la Sécurité Civile pour qu’ils puissent, en autres, se concentrer sur le secours aux populations. Le drone devra ainsi être capable de déposer sur les zones inondées un Géocube, développé par l’IGN, pour réaliser différentes mesures. « Lorsqu’une digue est en surcharge, il y a des vibrations. Leur mesure permet de prévenir une rupture potentielle », explique Thibaut Miquel.

Vendre un service, plus qu’une simple technologie

Le consortium entend mener une première série d’expérimentations début 2016. La zone de tests n’a pas encore été fixée, mais se situera très certainement en région PACA, où la thématique de la gestion des digues est importante. Côté Business Model, le consortium table sur de la prestation de services pour les inspections routinières et la vente d’un produit accompagné d’un soutien logistique pour les interventions en période de crise.

Cette stratégie semble donc parfaitement coller aux dernières recommandations publiées par Xerfi. Dans une étude publié en septembre 2015, les experts de Xerfi tablent sur une croissance modérée du marché des drones professionnels ces prochaines années. L’enquête estime que les opérateurs doivent, pour tirer leur épingle du jeu, se positionner sur l’aval de la filière, dans le traitement et l’analyse des données issues des drones. « Ensuite, ils doivent investir pour développer des logiciels et embaucher des ingénieurs pour vendre un service et non plus une simple technologie », indique le document. Dernière recommandation : viser l’international, et plus particulièrement l’Afrique et l’Amérique du Sud. 

* Le projet Didro est mené par un consortium regroupant l’opérateur de drones civils Redbird (porteur du projet), Survey Copter (Airbus DS), l’Entente CEREN, l’IFSTTAR, l’Irstea, l’IGN, la DREAL Centre, le Cerema, DICT et Geomatys.

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