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Les détecteurs d'incendie conjuguent leurs avantages et leurs talents

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- L'ingénieriste du feu dispose d'une large palette de capteurs, dont il panache les seuils de sensibilité et les modes de détection, en fonction du type d'application.

La fonction détection est assurée par des dispositifs automatiques ainsi que par des déclencheurs manuels, les célèbres petits boîtiers rouges que l'on trouve disposés près des escaliers ; l'alerte étant donnée par des diffuseurs sonores, électriquement autonomes et audibles en tout point de l'établissement.

Le périmètre des solutions est vaste. Depuis le petit commerce équipé d'un seul boîtier autonome qui combine détecteur et déclencheur, jusqu'aux locaux de Cegelec disposant de pas moins de 800 détecteurs... Bref, s'il est un domaine du "sur-mesure", c'est bien celui de la protection incendie.

À noter que ces solutions tendent à s'intégrer dans une architecture globale du bâtiment où la lutte contre le feu est l'une des composantes de la sécurité des biens et des personnes. Ainsi, incendie, intrusion, vidéosurveillance, éclairage de sécurité, appels d'urgence, mais aussi gestion de l'énergie et de la climatisation, relèvent pareillement de la gestion technique du bâtiment (GTB) et peuvent voisiner sur une même architecture réseau.

De la vidéosurveillance à la détection automatique

Beaucoup de dispositifs (de la vidéosurveillance aux fermetures commandées), ainsi mutualisés, concourent à la sécurité. De la même façon qu'une sonorisation de sécurité (alarme sonore) peut fort bien être mise à profit pour la diffusion de message et la recherche de personnes. De fait, des entreprises, comme Novar, Tyco, etc., acteurs de la gestion technique de bâtiment, sont aussi des spécialistes de l'incendie.

Large est la palette de technologies de détecteurs automatiques d'incendie : méthodes de mesure optique, ionique, thermostatique thermovélocimétrique... Tous ces procédés ont des modes et des timings différents de déclenchement. C'est pourquoi l'on conjugue souvent leurs avantages, ne serait-ce que par recherche de redondance. Ainsi, la technique ionique se situe en amont de la détection, idéale pour les départs de feu. La détection optique confirme cette "intuition" par la détection de particules de combustion visibles. De même que la détection thermostatique, qui génère un changement d'état au-delà d'un seuil réglable de température - autour de 60 °C. La thermovélocimétrie, quant à elle, s'attache au gradient, c'est-à-dire à la vitesse à laquelle s'élève la température. Une élévation de 8 °C par minute, dans le cas de capteurs de Nugelec. D'autres détecteurs, enfin, s'intéressent aux flammes, sur une partie du spectre. On ne parle ici que de détecteurs conventionnels.

Entre finesse et pertinence

Dans des industries à risque ciblé, on trouvera bien sûr des capteurs plus spécifiques, réagissant sélectivement à certains composés chimiques. Il faut également citer les détecteurs à base de caméras infrarouges qui "scrutent" la température d'une zone critique, puisque la thermographie est directive. Ainsi, Flir Systems, spécialiste du procédé, équipe des fosses à déchets où les processus de fermentation occasionnent des incendies spontanés. Ou encore des procédés chimiques. Dans ce type d'application, la détection est préventive puisqu'elle identifie l'imminence d'un départ de feu, lorsqu'il est encore possible de l'enrayer. La thermographie est d'ailleurs une technologie en vogue dans le bâtiment. Chauvin-Arnoux la promeut sur ses appareils de poche, ce qui permet de détecter d'éventuels échauffements... mais permet aussi de visualiser des pertes de chaleur par défaut d'isolement. Les déclencheurs manuels, quant à eux, sont des appareils à membrane déformable ou à vitre pré-cassée. Ils doivent être réarmés avec une clé spéciale après intervention, à l'instar des poignées d'alarmes du transport ferroviaire.

La sécurité incendie se trouve confrontée à la dialectique bien connue des gens de la mesure, entre finesse et pertinence de la détection. Car plus un système est sensible et plus il prévient tôt, et plus il est sujet à des alarmes intempestives et injustifiées. A contrario, un dispositif plus "robuste" se déclenchera peut-être trop tard. À ce problème, la solution s'appuie évidemment sur la redondance des détecteurs, de préférence doublée d'un panachage des technologies. Avec le surcoût que l'on imagine.

L'élément discriminant - après la sécurité des personnes, qui est l'impératif premier - est la nature du procédé mis en oeuvre. Dans certains cas, couper les machines et évacuer les locaux procure à tous l'occasion d'une pause café... Alors que, dans certains process, un arrêt intempestif va s'apparenter à une catastrophe industrielle.

La lutte commence sous le crayon de l'architecte

L'évolution des périphériques de détection élargit le choix des concepteurs. Ainsi, un système comme le Mistral de Finsecur prélève en permanence l'air ambiant par un système de tubes percés vers le détecteur proprement dit, qui comptabilise les particules par laser. Un système sophistiqué hypersensible, adapté par exemple aux salles blanches, ou encore à des locaux de très vaste volume.

Tous ces détecteurs opèrent sur un volume assez réduit. Ainsi, très couramment, les détecteurs

ioniques, optiques ou vélocimétriques remplissent leur fonction sur une surface qui n'excède pas 30 voire 50 m2. Dans le cas de grands volumes ou de grandes hauteurs (dont l'entrepôt est un cas type), on peut avoir recours aux détecteurs optiques linéaires, capables de déceler la présence de fumées noires ou blanches, comme c'est le cas de ceux fournis pas la société Ura. Ces derniers ont une portée de 30 à 10 mètres. Ils sont composés d'un organe de détection proprement dit et d'un réflecteur catadioptrique.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que de moyens curatifs. Mais la lutte contre le feu commence sous le crayon de l'architecte. Ou dans les scénarios que projette un responsable de la sécurité. Au-delà de simples règles de bon sens, en effet, l'architecture des équipements de prévention obéit de plus en plus à une logique déterministe, elle-même étayée par des modèles mathématiques.

Les sites à haut risque (comme les centrales à sodium liquide du CEA) ont justifié parmi les premiers une mathématique de la propagation des flammes et des flux thermiques. Ces outils logiciels, ou leur version allégée, travaillent en trois dimensions. Ils tendent à se banaliser dans la grande industrie, comme la grande distribution.

L'ESSENTIEL

- La détection est une fonction répartie, multitechnologie. - Capteurs et actionneurs, mutualisés, peuvent servir une stratégie globale de la sécurité. - Des systèmes autonomes cohabitent volontiers avec la gestion centralisée. - La mise en sécurité tend à devenir une science exacte. ADRESSES UTILES - CNPP (Centre national de prévention et de protection) http://www.cnpp.com - CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) http://www.cstb.fr - FFMI (Fédération française du matériel d'incendie) http://www.portailsecurite.com/securite_syndicats_ffmi.htm

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