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Les dessous de la R&D chez L’Oréal : Voyage au centre du cheveu

Jean-François Preveraud
Les dessous de la R&D chez L’Oréal : Voyage au centre du cheveu

Valérie Jeanne-Rose nous explique l'intérêt des silanes pour durcir les cheveux fins.

© DR

L’Oréal nous entrouvre la porte de ses laboratoires de recherche. Valérie Jeanne-Rose, ingénieur chimiste, nous explique les travaux qu’elle a menés pendant 15 ans sur les sol-gels pour aboutir à la découverte des silanes. Des molécules qui aident au renforcement des cheveux fins.

Depuis 1997, Valérie Jeanne-Rose, ingénieur chimiste au laboratoire de recherche avancée de L’Oréal à Paris, travaille sur les procédés sol-gels (solution-gélification). « A l’époque, le groupe cherchait une solution novatrice de rupture pour traiter les cheveux fins, plus durable que les gels ou les laques, et avec un rendu plus naturel », explique-t-elle.

Ces procédés, qui existent dans la nature, permettent de passer de petites molécules élémentaires en solution à un gel solide vitreux. « La spécificité de ce type de procédés est qu’il s’agit de chimie douce, c’est-à-dire qu’il opère à température ambiante et son réactif essentiel est l’eau ». Plusieurs années de recherche lui ont permis d’identifier une famille particulière de molécules : les silanes. Celles-ci durcissent immédiatement grâce à l’eau. Une fois incorporées dans le cheveu, elles continuent à durcir.

« Restait à trouver comment faire pour que ces molécules se fixent dans le cheveu ». Après des centaines de tests sur cheveux et beaucoup plus d’heures passées en laboratoire, la solution a été trouvée dans une famille de silanes, l’aminopropyltriethoxysilane, dont est issu l’aminosilane.

Après avoir introduit l’aminosilane à l’intérieur du cheveu, il fallait ensuite ancrer à sa surface un polymère : le polyquaternium. Celui-ci se dépose sur le cheveu et l’aminosilane le retient de l’intérieur. « L’aminosilane agit un peu comme un squelette et un aimant. En présence d’eau, il se polymérise et fabrique un matériau qui se greffe dans le cheveu, retenant le polyquaternium en surface ». Une combinaison idéale qui apporte désormais une solution viable pour traiter les cheveux secs. « A juste dose, le couple aminosilane /polyquaternium permet un maintien de la chevelure de l’intérieur en restaurant un aspect naturel ou sain », conclu la chercheuse.

Après 15 années de recherches et 15 brevets déposés, cette innovation est commercialisée depuis peu via la gamme Pro Fiber dans les salons de coiffure.

Jean-François Prevéraud

Retrouvez Valérie Jeanne-Rose qui nous explique ses travaux

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