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Les choucroutiers mutualisent la méthanisation de leurs effluents

Hugo Leroux
Les choucroutiers mutualisent la méthanisation de leurs effluents

Les jus de choucroute sont prétraités dans une colonne de méthanisation

© Degrémont

Les neufs choucroutiers de Meistratzheim (Bas-Rhin), qui produisent 70 % de la choucroute française, méthanisent leurs effluents dans une filière dédiée. Cette filière constitue la spécificité de la nouvelle station d’épuration intercommunale. Inaugurée le 9 novembre, la station est gérée par la Lyonnaise des Eaux et conçue par Degrémont, deux filiales de Suez Environnement.

Une station de méthanisation reposant sur une filière dédiée, adossée aux neuf choucroutiers responsables de 70 % de la production française, a été inaugurée le 9 novembre à Meistratzheim (Bas-Rhin).

Au total, la station traitera 30 000 m3 de jus issus de la fermentation des choux par an. Leur forte charge organique - 40g de DCO par litre - est abattue dans un méthaniseur.  En sortie, les eaux clarifiées rejoignent  la filière classique de traitement des eaux usées municipales, dont les boues sont à nouveaux méthanisées dans un digesteur. Le biogaz ainsi produit fait tourner deux moteurs à cogénération de 190 kW de puissance. L’électricité est revendue sur le réseau électrique. La chaleur résiduelle alimente les chaudières et le séchage des boues de la station. « En comptant l’électricité revendue, la station atteint presque l’autonomie énergétique dans les périodes de forte charge, de août à décembre », explique le concepteur de la station, Damien Kuntz, de Degrémont.

Jusqu’à présent, les choucroutiers traitaient leurs jus dans la station de la communauté de Strasbourg, à 30 km de Meistratzheim. « Le coût du traitement est légèrement supérieur, mais celui du transport moindre. Pour un coût égal, nous bénéficions d'une solution locale et durable pour nos effluents», explique Jack Baur, dont la PME produit 2 000 tonnes de choucroute par an. Pour les producteurs, il s’agit aussi d’une stratégie pérenne . « A Strasbourg, nos rejets étaient tolérés mais pas contractualisés. En cas de surcharge, la station aurait pu nous supprimer l’accès du jour au lendemain ».

A Meistratzheim, la gestion des jus de choucroute a été contractualisée sur 20 ans. Cette filière mutualisée a pu voir le jour grâce une concertation étroite avec les élus locaux. Le syndicat intercommunal a impliqué dès 2002 les industriels dans le projet d’une nouvelle station d’épuration.

Hugo Leroux

 

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