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C’est pas nouveau, quoique !

Les chiffonniers des temps modernes

Jean-François Preveraud
Les chiffonniers des temps modernes

L'innovation en conception supprime le treillis métallique

© DR

Une véritable industrie du retraitement s’est mise en place pour valoriser les ‘‘gisements’’ de matières premières contenus dans les déchets. Bouteilles en plastique, cartons d’emballage, récipients en verre, appareils électroménagers, voitures, avions, bateaux … pratiquement tout peut se recycler. Une démarche entreprise sous pression d’une véritable économie de guerre liée au développement durable, car nous prenons enfin conscience que les matières premières ne sont pas inépuisables. L’évolution haussière de leurs cours nous le rappelle tous les jours. De plus, la masse des objets mis au rebut pose un vrai problème, car on ne peut plus tout enfouir dans le sol des décharges.

Mais cette démarche n’est pas si nouvelle que cela ! J’ai le souvenir que dans mon enfance des chiffonniers, qui passaient dans les rues de nos villes et villages pour récupérer les objets cassés ou mis au rebut, afin de les désosser pour en récupérer les matériaux, voire de les réparer ou de les réutiliser à d’autres fins.

Un état d’esprit qui était largement répandu. Je me souviens de mon grand-père, qui transformait des bidons en fer blanc d’huile ou d’essence en tiroirs pour ranger ses vis et ses clous, ou bien encore des pneus usagés en semelles pour ses sabots de jardinier. A l’époque on jetait peu, on réutilisait. La société de consommation n’était pas encore passée par là et les gens avaient peu de moyens pour acheter des produits neufs, alors on faisait durer, on réparait, on transformait. Un phénomène amplifié par l’économie de guerre qui, dans les deux camps, a mis l’accent sur la récupération des métaux essentiels à la production d’armement.

Recycler, oui. Encore faut-il que le jeu en vaille la chandelle ! Alors que la tendance était jusque là de tout passer au broyeur puis, grâce à des processus complexes, de séparer les différents matériaux, on parle aujourd’hui beaucoup plus de collecte sélective et de déconstruction des produits, afin de séparer par démontage les grandes familles de matériaux ou de composants: l’électronique d’un côté, les plastiques de l’autre, les différents métaux dans plusieurs bacs, etc. Mais tout cela à un coût, celui de la main d’œuvre nécessaire à cette déconstruction, nos chiffonniers des temps modernes.

Pour leur faciliter la tâche, les industriels intègrent désormais cette notion de déconstruction dans le développement de leurs produits : une vis remplace un collage ou un clipssage de pièces en plastique ; un fin ruban adhésif maintient et protége les plis d’un filtre à air, supprimant ainsi le traditionnel treillis métallique, etc. Les produits deviennent ainsi plus faciles à démonter et les matériaux à séparer.

Mais qui dit démontage, dit aussi possibilité de réparation pour faire durer un produit, ce qui répond de plus en plus aux attentes des consommateurs. Un nouvel état d’esprit pour les bureaux d’études. Concevoir durable !

Et ca, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud


 

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