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Les chariots de Hill-Rom se passent de batterie

RIDHA LOUKIL rloukil@industrie-technologies.com

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Dans le cadre de la réorganisation de son outil de production, le fabricant de mobilier spécialisé Hill-Rom a opté pour un convoyage par chariots mobiles. La nouveauté ? Sans batterie ni fil, ils sont alimentés par induction. À la clé, des économies de maintenance importantes.

LE PROBLÈME BESOIN D'UN CONVOYAGE FLUIDE AU SOL

Fabriquer n'importe quel produit à n'importe moment : tel est le but de Grégory Dieu, le responsable industriel de Hill-Rom, pour la nouvelle ligne de fabrication de lits médicalisés sur le site de Pluvigner (Morbihan). Cette flexibilité impose le recours à un convoyage performant et fluide. Hill-Rom opte pour un système automatique au sol à l'aide de 20 chariots filoguidés autonomes, une solution considérée comme la seule capable de s'adapter aux variations du volume de production. Reste une question : comment fournir l'énergie aux chariots ?

LA SOLUTION DES CHARIOTS MOBILES SANS BATTERIE

La solution, qui consiste à embarquer une batterie, est écartée d'emblée. « L'autonomie suffit à peine pour un travail en deux huit. Pour la fabrication en trois huit, il faudrait disposer d'un parc de batteries de rechange et d'une organisation de maintenance musclée, ce qui coûterait la bagatelle de 75 000 euros sur trois ans », estime Grégory Dieu. Le "biberonnage" des batteries, un procédé qui consiste à profiter des petits arrêts des chariots pour les recharger en courant, est également exclu. Il présente l'inconvénient d'user trop vite les batteries. Finalement, le choix se porte sur une solution inédite en France : l'alimentation sans fil par induction. Bien qu'elle coûte 40 % plus cher à mettre en place, elle offre le gros avantage d'éviter les batteries. Seule limite : il est difficile de modifier le tracé du parcours des chariots pour l'adapter aux changements de la ligne de production. Ce qui n'a pas empêché Hill-Rom de procéder à des modifications lors de la mise en place du système.

L'intégration a été confiée à Actinium, une société du groupe Vinci Énergie. Les chariots sont fournis par Flexitrack. Ils ont été configurés pour recevoir leur énergie sans fil par la boucle inductive IPT de Conductix-Wampfler. Des tests ont été menés sur le site de Conductix-Wampler à Honfleur (Calvados) pour optimiser les rayons de courbure des tracés. Le câble, qui transmet à la fois l'énergie et les informations de guidage, est enterré à 20 mm du sol dans une gorge de 20 x 20 mm. Deux armoires de 30 kW chacune fournissent l'énergie électrique nécessaire aux 20 chariots. Lancé en décembre 2007 - après avoir rassuré le personnel, inquiet des éventuels risques de l'induction sur la santé -, le projet représente un investissement de 2 millions d'euros, dont 650 000 pour l'installation des chariots. Le premier chariot est mis en service en juin 2008, le dernier en septembre de la même année.

LE RÉSULTAT PAS DE FRAIS DE MAINTENANCE

Le surcoût de 150 000 euros lié à l'alimentation sans fil par induction devrait être amorti par les économies de maintenance en deux ans d'exploitation. Ce choix s'inscrit dans un projet de réorganisation industrielle qui se traduit globalement par un gain de productivité de 30 %. Là où il fallait dix minutes pour sortir un lit, il n'en faut plus que trois et demie aujourd'hui. Grégory Dieu, qui s'enorgueillit d'être le seul en France à utiliser cette technologie et le premier au monde à la déployer sur autant de chariots, va maintenant se pencher sur la fabrication des meubles. Pour optimiser là aussi la production, il compte s'inspirer d'une usine qu'il vient de visiter : celle de Salm, le fabricant alsacien de cuisines (marque Schmidt).

L'ENTREPRISE EN BREF

Fabricant de lits médicalisés, matelas, meubles pour hôpitaux et maisons de retraite Siège social Batesville (Indiana), États-Unis Effectif 6 500 personnes dans le monde Chiffre d'affaires 1,5 milliard de dollars au dernier exercice, clos le 30 septembre 2008 Hill-Rom est présent en France à travers l'ex-Le Coviour, société familiale rachetée en 1992 Sept usines dans le monde, dont deux en France : Pluvigner (450 personnes) et Montpellier (50 personnes) Le site de Pluvigner fabrique chaque année 45 000 lits médicalisés et 80 000 meubles

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