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Les capteurs connectés d’Oceasoft dans les boîtes de médicaments

Sylvie Brouillet

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Les capteurs connectés d’Oceasoft dans les boîtes de médicaments

© Oceasoft

Le Montpelliérain Oceasoft fournira jusqu’à 500 000 de ses capteurs, baptisés Phoenix, par an à un « géant pharmaceutique américain ». Ce micro-capteur connecté de température et de pression, destiné notamment à alerter en cas de rupture de la chaîne du froid, allie miniaturisation, longue portée et durée de vie respectable de trois ans. Société cotée, Oceasoft emploie 80 salariés et réalise la moitié de son chiffre d’affaires à l’international.

Concepteur de capteurs intelligents et connectés pour l’industrie, la société montpelliéraine Oceasoft vient de signer « le plus important contrat depuis la création de l’entreprise en 1999 », assure Laurent Rousseau, son président-directeur général . Elle va fournir jusqu’à 500 000 capteurs de température à usage unique Phoenix par an à un « géant pharmaceutique américain spécialisé dans les molécules issues des biotechnologies ». Ce contrat de trois ans est renouvelable par tacite reconduction. « Un médicament sur deux vendu dans le monde en 2018 sera thermosensible, poursuit Laurent Rousseau. Pour cette industrie, le coût de rupture de la chaîne du froid représente un manque à gagner de 35 milliards de dollars chaque année », commente-t-il. Oceasoft souhaite d’ailleurs l’arrivée d’un standard dans le secteur. « Nous travaillons sur le sujet avec le Pharma Logistics Club. » La gamme de capteurs de température, humidité, taux de CO2 et pression différentielle d’Oceasoft s’insèrent aussi dans les secteurs alimentaire, des services, de la logistique ou de la distribution.  

Augmenter l’autonomie et la portée
Pas plus grand qu’une carte de crédit et épais de 4,5 mm, Phoenix est basé sur une technologie propriétaire du groupe. Ce capteur à usage unique est doté d'une capacité énergétique de 3 ans d'autonomie et transmet les informations de température par onde radiofréquence grâce à la technologie Bluetooth Smart embarquée. Il mesure à intervalle régulier les températures de son environnement et transmet celles-ci toutes les 1,2 secondes pendant 3 années. En complément de la technologie Bluetooth, Oceasoft a également équipé ce capteur de la technologie NFC, ainsi que d'algorithmes intelligents d'économie d'énergie, l'un des savoir-faire clefs de la société montpelliéraine. Il a nécessité deux ans de recherche et sa commercialisation vient tout juste d’être lancée. « C’est la conjugaison de la justesse du capteur, de sa longue portée de 50 mètres, de sa certification internationale, et de sa durée de vie de trois ans qui fait sa valeur, argumente Laurent Rousseau. On va continuer à travailler sur la longévité des piles. Nous avons bon espoir d’augmenter d’ici quelques mois la portée jusqu’à 200 mètres, pour donner plus de confort aux utilisateurs. Notre idée, c’est aussi de faire du prédictif... »

Assemblage en France
Le contrat pharmaceutique aura un impact sur le chiffre d’affaires d’Oceasoft à partir de son exercice 2017-2018 (clos fin juin). Coté sur Alternext Paris depuis janvier 2015, Oceasoft a réalisé 6,1 millions de chiffre d’affaires en 2015-2016 (+ 17,7%) dont près de la moitié à l’international, et gagne près de 23% sur le premier semestre 2016-2017. L’entreprise héraultaise a une filiale aux Etats-Unis depuis un an (où travaillent six personnes) et étudie l’intérêt d’un bureau en Asie-Pacifique, une zone en « bonne croissance ».

Côté production, Oceasoft a fait le choix du fabless : « Les sous-ensembles nécessaires à la fabrication des capteurs viennent de partout dans le monde et l’assemblage se fait en France, avec quelques partenaires », précise Laurent Rousseau. Oceasoft emploie aujourd’hui « 81 salariés, alors que nous n’étions que 46 lors de l’introduction en bourse. On a encore quelques postes à pourvoir, mais aujourd’hui, nous sommes armés pour avancer sur deux bonnes années. » 

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