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Les biotechnologies c’est bon pour la santé…

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San Francisco, 6 - 9 juin. La onzième édition du salon Bio, organisée cette année à San Francisco, a présenté les meilleurs travaux visant le diagnostic et le traitement des maladies.

La onzième édition du salon annuel Bio, organisé par Biotechnology Industry Organization, vient d’accueillir environ 12 000 exposants d’une cinquantaine de pays. Plus que jamais cette année, le point a été fait lors du salon -mais aussi des conférences - sur l’apport des biotechnologies dans le domaine de la santé.

1. ARN interférence

L’ARN interférence était cette année l’un des thèmes dont il a été le plus question. En résumé, il s’agit de rendre silencieux un gène en interférant avec son ARN messager. Introduit dans la cellule, l’ARN interférent (un petit ARN double brin) va reconnaître spécifiquement la séquence d’un ARN messager et le détruire, l’empêchant ainsi de se traduire en protéine. Une approche inédite pour l’étude des fonctions des gènes ou l’identification de cibles de maladies, mais aussi en tant que thérapie.

Le premier à défricher cette voie, l’Australien Benitec présentait ses travaux sur des ARNi thérapeutiques contre le cancer. Son principal axe de R&D concerne le gène suppresseur de tumeur p53, un gène qui commande le 'suicide' (l’apoptose) des cellules cancéreuses. Il s’agit de réprimer une protéine (YB1), connue pour empêcher le gène suppresseur de tumeur de jouer correctement son rôle.

Depuis, d’autres sociétés ont emboîté le pas, notamment aux Etats-Unis : Nucleonics développe des ARNi contre l’hépatite B; Intradigm se focalise sur le gène du VEGF, facteur de croissance de vaisseaux sanguins, indispensable au développement d'une tumeur; l’Hôpital City of Hope (Los Angeles) étudie cette voie pour cibler les traitements du VIH. En Europe, l’Allemand Ribopharma étudie des thérapies à base d’ARNi contre le mélanome, la leucémie et les maladies auto-immunes.

2. Biopuces

Dans le domaine de l’analyse, les biopuces étaient bien sûr à l’honneur à Bio’2004, qu’il s’agisse de puces à ADN ou à protéines, de labos sur puces, ou de puces à cellules.

Par exemple, le kit Agilent Human 1B Oligo Microarray, destiné à l’analyse de l’expression de gènes pour la recherche sur les maladies et la découverte de médicament, est-il doté de plus de 19 000 sondes. Certaines d’entre elles sont spécifiques de gènes rares issus de la banque de données de séquences d’Incyte.

La société japonaise Tum Gene présentait sa gamme de puces à ADN pour diagnostic clinique: pour la leucémie, le cancer du pancréas et la maladie de Parkinson.

En Allemagne, Lynkeus Biotech développe l'OphtaChip, un projet d'outil diagnostic de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). Cette puce permettra de déceler la prédisposition des personnes à cette maladie.

Outre-Rhin toujours, un consortium d'industriels (Bionas, Micronas…) développe avec l'Université de Rostock une puce à cellule neuronales destinée à étudier l'effet des médicaments sur ces cellules. Cette puce permettra de tester des médicaments en phase de développement mais pourrait aussi être appliquée au diagnostic de maladies (encéphalopathies…).

3. Traitements du cancer

Après les thérapies géniques contre les cancers, voici les thérapies virales étaient aussi abordées à Bio’2004. Les virus sont en effet des armes potentielles contre le cancer en raison de leur capacité à infecter et détruire sélectivement les cellules tumorales, sans toucher les cellules saines.

Un tel traitement serait une solution dans le cas de tumeurs inopérables ou résistantes à une chimio- ou une radiothérapie.

L’une des sociétés les plus impliquées dans cette voie est l’Allemand MediGene qui exploite un virus herpès simplex modifié génétiquement. Ses travaux les plus aboutis concernent le virus G207 conçu pour détruire sélectivement des cellules de glioblastome malin, un cancer du cerveau. Des essais cliniques en phase I/II sont en cours. MediGene met en place une approche similaire pour le traitement de métastases du foie.

La société canadienne Oncolytics Biotech développe quant à elle le virus Reolysin dont les essais cliniques concernant le glioblastome sont également en phase I/II. Un tel traitement est aussi envisagé contre le cancer du sein et du pancréas.

Aux Etats-Unis, Onyx Pharmaceuticals a conçu des virus oncolytiques administrables par voie intraveineuse : Onyx 015 contre le cancer du pancréas et des poumons et Onyx 411 contre le cancer de la prostate.

Michel Le Toullec
(envoyé spécial à San Francisco)

Sites web des entreprises ou organismes cités
- Biotechnology Industry Organization: www.bio.org
- Benitec: www.benitec.com.au
- Nucleonics: www.nucleonicsinc.com
- Ribopharma: www.ribopharma.de
- Medigene: www.medigene.com
- Agilent : www.agilent.com
- Tum Gene: www.tum-gene.com
- Lynkeus Biotech: www.lynkeus-biotech.de
- Université de Rostock: www.biosystems.uni-rostock.de

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