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Les académies des sciences et des technologies françaises et allemandes collaborent pour la transition énergétique

Les académies des sciences et des technologies françaises et allemandes collaborent pour la transition énergétique

Académie des sciences

En vue de la tenue prochaine de la 21e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 21), les quatre académies nationales françaises et allemandes des sciences et des technologies ont rendu publique vendredi 10 juillet à Paris une Déclaration conjointe, appelant les deux pays à renforcer leur coopération mutuelle.

 

Les Académies des sciences et les Académies des technologies françaises et allemandes ont élaboré une déclaration commune en vue de la COP 21, pour définir les axes prioritaires qui permettront de satisfaire la demande mondiale d’énergie, restreindre la consommation d’énergie dans les pays développés et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Deux rencontres sur la transition énergétique suivront. Les académiciens appellent à dépasser les différences  qui existent entre les deux pays. « Nous les Français et Allemands avons trop l’habitude de regarder nos différences, avant nos points communs. Au-delà des divergences de nos politiques énergétiques, nous avons cherché à travailler et avancer ensemble, » a souligné lors d'une conférence de presse Catherine Bréchignac, ambassadeur pour la science et la technologie, et Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.

La différence majeure entre les deux pays résulte du choix qu’a fait l’Allemagne de sortir du nucléaire en 2002, et dans le cadre duquel la dernière centrale nucléaire allemande devrait cesser ses activités en 2022. Le pays s’est fixé comme objectif de produire 80 à 100% de sa consommation finale d’électricité à partir des énergies renouvelables. Pour pallier le déficit de production des centrales nucléaires fermées, l’Allemagne a notamment dû rouvrir des centrales à charbon, mais a aussi fortement développé les énergies renouvelables, dont la puissance installée est aujourd’hui supérieure à la puissance installée nucléaire en France (la puissance électrique installée étant à différencier de l’électricité effectivement produite). Sa part dans la production d’énergie finale atteint 25% en 2014. La production énergétique de la France repose encore quant à elle pour une majeure partie sur le nucléaire (75%) mais a connu un développement très faible des énergies renouvelables. Malgré ces différences, et même grâce à elles, académiciens Allemands et Français font le pari qu’ils peuvent apprendre l’un de l’autre.

« Le développement des énergies renouvelables doit se faire avec nos voisins »

« Le développement des énergies renouvelables doit se faire avec nos deux plus grands voisins. La collaboration franco-allemande doit permettre de tirer des enseignements de ces dix dernières années. La politique énergétique a un seul but : diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Une telle politique a besoin que soient combinées différentes approches, un processus qui sera facilité par le rapprochement des deux pays», a estimé Sébastien Candel, vice-président de l'Académie des sciences.

Les groupes de travail des académies ont identifié des points majeurs de la transition énergétique dans lesquels la France et l'Allemagne doivent travailler ensemble : l’efficacité énergétique ; l’infrastructure de réseau et les réseaux intelligents ; la mobilité ; l’énergie nucléaire ; la fusion nucléaire ; les énergies renouvelables ; et les aspects sociaux et économiques de la transition énergétique. Outre le secteur de l’électricité, les académiciens soulignent que des solutions innovantes pour le chauffage et la mobilité doivent être trouvées, sachant que presque un tiers de l’énergie est consommée pour la mobilité, et 45 à 50 % pour le chauffage et le refroidissement.

Affecter des crédits en R&D

Les académiciens ont également rappelé l’importance de la recherche scientifique et technique. « La transistion énergétique efficace nécessite d’affecter des crédits supplémentaires à la R &D. Nous n’avons en effet pas pour l’instant de solutions clés. L’exemple du Solar Impulse montre les très grandes difficultés à surmonter le fossé entre ce que nous savons faire avec les énergies fossiles et ce que nous savons faire avec les énergies renouvelables, » a commenté Sébastien Candel.

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