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La semaine de Jean-François Prevéraud

Lectra met le PLM à la mode

Jean-François Preveraud
Lectra met le PLM à la mode

Associer tous les acteurs d'un projet en temps réel via Internet.

© DR

Petite visite dans le monde de la mode cette semaine avec la rencontre de Philippe Ribera, directeur marketing des activités logicielles de Lectra, à l’occasion de la sortie de Lectra Fashion PLM V2R1.

Lectra Fashion PLM V2R1 est une offre modulaire qui intègre des outils couvrant toutes les étapes et processus nécessaires à la réalisation d’une collection dans le domaine de la mode.

On y retrouve des modules de gestion de collection (line planning), de gestion de calendrier, de chiffrage, de sourcing et de contrôle des performances, destinés aux managers, ainsi que des applications métiers pour le design, les spécifications techniques, le patronage, le prototypage 3D et le développement de prototypes physiques.

Comme dans toutes les approches PLM, la V2R1 fédère l’ensemble des contributeurs autour de la dernière version à jour du produit en cours d’élaboration et les utilisateurs accèdent de façon sécurisée à un référentiel de données centralisé. Les palettes de saison, les données de patronage et les tableaux de mesure sont ainsi mutualisés, ce qui facilite la communication, réduit considérablement le risque d’erreur et contribue à maintenir la qualité. 

                                                       

« Nous nous sommes lancés dans l’approche PLM voici maintenant trois ans avec la version 1 de notre suite. Celle-ci avait été élaborée en étroite collaboration avec certains de nos clients et répondait en grande partie à leurs attentes du moment. Mais il a fallu la ‘‘roder’’ sur plusieurs saisons de collection. Malgré notre position de leader dans le domaine de la CFAO-Textile, nous avons encore beaucoup appris au cours de ces trois dernières années sur les savoir-faire métiers et les meilleures pratiques du monde de la mode. Autant la version 1 de notre suite était une boîte à outils permettant de développer, en collaboration avec le client, une approche PLM dans son entreprise, autant cette version 2 est une application sur étagère, qui s’adapte aux besoins du client par de simples paramétrages », constate Philippe Ribera, directeur marketing des activités logicielles de Lectra.

Lectra pense que les clients ont besoin d’outils leur permettant de travailler non plus à l’affaire, mais sur les grands process de l’entreprise (design, conception, industrialisation, fabrication…) en y intégrant tous les points de vue et paramètres. « Dans notre première version, la mise au point d’une collection était déjà intégrée avec les outils de conception, puis basculée vers les acteurs qui s’occupaient du sourcing. Maintenant il faut aller plus loin, avec la mise en place d’un véritable processus collaboratif permettant de mixer en temps réel les points de l’ensemble des intervenants dans un projet, tout en gardant à l’esprit les objectifs initiaux que l’on s’était fixés, par exemple en terme de marge sur un produit. Je pense qu’avec une cinquantaine de modèles paramétrables de ‘‘business process’’ on pourra répondre aux attentes de l’ensemble de nos clients et prospects », estime Philippe Ribera.


Faciliter l’implémentation

Il faut arriver à implémenter le projet PLM dans le cycle des collections saisonnières des clients. C’est pourquoi, au-delà des performances des logiciels, Lectra a mis une emphase particulière sur les méthodologies d’implémentation et d’accompagnement des utilisateurs dans le changement. De plus, il laisse une totale liberté à l’utilisateur pour paramétrer son écran de travail comme il l’entend afin qu’il ‘‘colle à ses habitudes’’ de travail antérieures s’il le souhaite. « Et cela n’est pas trivial, car nous avons été obligés de faire un très gros travail au niveau de la documentation du logiciel, afin qu’elle s’adapte automatiquement à la configuration choisie par l’utilisateur de chaque poste de travail ».


De l’idée à la production

De même, les outils doivent être très réactifs. Il n’est pas rare qu’un designer change dix fois d’avis dans la même journée sur un projet. Il faut donc que le système s’adapte et soit capable de répercuter l’information très vite à tous les acteurs concernés par la modification et que ceux-ci puissent faire part en temps réel de leurs arguments. L’unité de mesure ici n’est pas la semaine, mais l’heure.

« Nous sommes entrain de passer d’une approche ‘‘what if’’, très séquentielle, à une approche parallèle et interactive. De plus, cela doit être réalisable non pas sur un projet produit unique, mais sur l’ensemble d’une collection, ce qui peut représenter plus de 200 produits. Et cela doit pouvoir se faire de manière aussi naturelle et souple qu’avec les fax et les mails que nos clients utilisent actuellement ».

Côté fabrication, les outils de PLM pour la mode ne vont pas se substituer aux outils d’ERP et de GPAO en place qui vont dans un niveau de détail très fin. « Ceux-ci savent très bien prendre en compte des problématiques telles que les frais d’approche (transports, douane…) ou les spécificités de lignes de coupe. Il faut faire en sorte que les outils de PLM puissent juste accéder aux informations dont ils ont besoin pour répondre aux attentes en terme de planification de collection et de satisfaction d’objectifs d’entreprise ». 

                                                      

Les outils de PLM pour la mode vont aussi devoir s’ouvrir à d’autres technologies que les traditionnels textiles. On parle de plus en plus d’intégrer dans les vêtements des nanotechnologies et de l’électronique pour soigner, pour surveiller en temps réel, etc. Il faudra donc que les approches PLM mises en place tiennent compte de cette intelligence embarquée. « Mais tout comme pour la production, avec les outils d’ERP ou de GPAO, il ne s’agira pas d’aller au cœur de ces technologies, mais d’assurer la remontée d’informations vers les outils d’aide à la décision. Ce sera à peine plus compliquer à gérer que le bouton pression venant d’un sous-traitant », plaisante Philippe Ribera.


Intégrer le client dans la boucle

Mais l’approche PLM de Lectra va aussi aller jusqu’au client final en se liant aux outils d’analyse des points de vente. Ceux-ci vont permettre de faire remonter très vite vers les créateurs des informations sur les produits ‘‘qui cartonnent’’ en terme de vente. L’exploitation de ces informations permettra de connaître très rapidement les tendances d’achat du moment et, éventuellement, de réagir très vite sur la conception même des produits suivants, qui peuvent être déjà en cours de production. Il s’agit aussi de capitaliser ces informations sur plusieurs saisons pour dégager des lignes directrices en créant des ‘‘bases de savoir’’ propres à chaque entreprise. Des analyses qui pour le moment sont encore très ‘‘humaines’’. Il faut donc mettre en place de véritables outils de gestion de ce patrimoine industriel car la mode et un monde où les gens bougent beaucoup. « La preuve de l’utilité du PLM ne vient que quand on a engrangé suffisamment de données pour bien décider. Dans nos métiers de la mode, il faut au moins quatre saisons, soit deux ans », remarque Philippe Ribera.


Un marché qui sa exploser

Pour le moment ont peut estimer que seulement une centaine de sociétés travaillant dans le domaine de la mode ont mis en place une approche PLM, mais beaucoup d’autres sont sur cette voie en utilisant déjà une chaîne numérique autour de la CAO, des outils de GDT et de traçabilité. La montée en puissance de la ‘‘conscience écologique’’ des entreprises, il est vrai aiguillonnée par des normes toujours plus contraignantes, va aider à la mise en place de cette approche PLM. Il est effectivement raisonnable de penser qu’à relativement court terme la notion d’empreinte carbone d’un vêtement deviendra un objectif d’entreprise qui devra être pris en compte dès les phases amont de sa conception. « Je pense raisonnablement que sur nos 20 000 clients, 10 à 15 % devraient mettre en place une véritable approche PLM dans les 3 à 5 ans à venir. Notre objectif, être le leader mondial du PLM pour les industries de la mode ».

Les autres domaines auxquels s’adresse Lectra, ameublement, textiles techniques pour l’industrie ou les sports et loisirs, ont des cycles de développement de produits plus long que ceux de la mode. Lectra estime donc n’avoir aucun soucis pour adapter ses outils d’autant qu’il a déjà intégré leurs préoccupations dans les capacités de paramétrage de ses logiciels.

Cette nouvelle offre Fashion PLM V2R1 apporte beaucoup d’intelligence métier dans la création et l’utilisation des business process propres à chaque entreprise. L’étape suivante prévue pour début 2011, assurera une intégration encore plus forte de tous les outils de CAO de Lectra qui devraient alors partager le même plate-forme technologique. Une intégration qui s’étendra dans la version suivante, prévue pour début 2012, à tous les outils de production. « L’objectif à terme étant de garantir aux décideurs, dès les phases amont de la définition d’une collection, que l’on sera capables de livrer 100 % de la proposition ».

Bien évidemment, cela devra se faire en ayant à l’esprit la protection de la propriété intellectuelle des industriels, vitale dans le domaine de la mode. « Mais c’est déjà le cas dès que l’on informatise un processus de transfert d’information. On peut savoir qui a fait quoi de l’information, ce qui est loin d’être le cas lorsque l’on travaille, comme aujourd’hui, via le téléphone et le fax avec des partenaires situés à l’autre bout de la planète », conclut Philippe Ribera.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.lectra.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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