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C’est pas nouveau, quoique !

Le vélo, 150 ans d’innovation

Le vélo, 150 ans d’innovation

Une histoire industrielle

© DR

Le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne ouvrira à la fin du mois une exposition sur l’histoire industrielle de la cité autour de ce moyen de locomotion, qui fut l’un de ses fleurons. L’occasion de revisiter l’histoire du vélo qui fut toujours à la pointe de la technologie.

Sans remonter à Léonard de Vinci dont l’un des élèves aurait esquissé dans le Codex Atlanticus en 1493, un engin ressemblant fortement au vélo actuel, ni oublier le célérifère du Comte Mede de Sivirac en 1790, la draisienne du Baron allemand Karl Drais von Sauerbronn en 1817, ou les vélocipèdes à pédales sur les roues avant vers 1860 et enfin les grands-bi en 1872, on peut dater l’invention du vélo de 1884.

C’est à cette date que John Starley de la Coventry Sewing Machine Company, ancêtre de Rover, invente la ‘‘bicyclette de sécurité’’. Celle-ci est dotée d’un cadre et de deux roues métalliques avec une chaîne transmettant avec multiplication le mouvement du pédalier à la roue arrière. Une invention dont les bandages pleins seront vite remplacés par les pneumatiques inventés en 1888 par John Boyd Dunlop et dotés de chambres à air inventées par les frères Michelin en 1891. Il faudra juste attendre 1900 pour voir apparaître les vélos à plusieurs vitesses et 1911 pour que le changement de vitesses se fasse à l’aide d’un dérailleur. La bicyclette moderne est née.

Une histoire industrielle

Mais ce qui a fait exploser son usage c’est la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle. Jusque-là les différents deux roues inventés étaient des produits artisanaux réservés à une élite en faisant un usage de loisir, où sport, élégance et innovations technologiques se côtoyaient. Mais vers 1880, plusieurs industriels sentant la possibilité d’en faire un produit ‘‘grand public’’ se sont lancés dans la production à grande échelle, faisant baisser drastiquement les prix. On retrouve parmi ces grands noms Peugeot, fabricant d’outils et de corsetterie, mais aussi Manufrance issu du monde de l’armement.

C’est ainsi que Saint-Etienne va devenir l’une des capitales du vélo en France grâce à la célèbre Hirondelle qui fut fabriquée de 1900 aux années 60 et qui équipa les agents de police parisiens jusqu’en 1984. Saint-Etienne verra aussi la naissance d’entreprises totalement dédiées au vélo tel Mercier créée en 1919 par Emile Mercier.

Un phénomène de société

Symbole de l’autonomie individuelle à ses débuts, la bicyclette est devenue dans les pays occidentaux synonyme de transport respectueux de la qualité environnementale et de la santé dans les zones urbaines denses et congestionnées par la circulation automobile. A tel point que les pouvoirs publics lui dédient des voies et des zones spécifiques dans les récents aménagements urbains. Des travaux coûteux qui pourraient remettre au goût du jour la taxe sur ‘‘la possession d’un vélocipède’’ qui exista d’avril 1893 à décembre 1958.

Avant d’en arriver là, la ville de Saint-Étienne a décidé de remettre en avant son riche passé industriel dans le domaine du cycle grâce à une exposition intitulée ‘‘Le cycle à Saint-Étienne, un siècle de savoir-faire’’, qui se tiendra du 28 juin 2014 au 5 janvier 2015 au musée d’Art et d’Industrie de la ville.

Saint-Etienne capitale du vélo

Une plongée dans l’histoire qui montrera comment dès la fin du XIXe siècle, Saint-Étienne devient le leader des constructeurs et des fabricants de pièces détachées pour cette nouvelle industrie du cycle. Les années 1920, considérées comme l’âge d’or du cycle à Saint-Étienne voient le développement des grandes marques devenues cultes : Ravat, Automoto, Hirondelle, Cyclo puis Mercier. Des firmes qui ont assis leur notoriété grâce à des innovations techniques ou par le biais d'une implication active dans les domaines phares de la pratique cycliste que sont la compétition sportive et le cyclotourisme.

Plus de 70 vélos, des affiches originales, des catalogues et autres publicités seront exposés et constitueront un ‘‘salon des fabricants’’, qui permettra de comprendre les stratégies mises en place par les entreprises locales. Et pour faire le lien avec le présent, Saint-Etienne sera ville étape du Tour de France le 17 juillet.

Enfin, pour montrer qu’il est encore possible de fabriquer un vélo 100 % français, le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne a commandé un ‘‘fixie’’ (vélo à pignon fixe) réalisé uniquement à partir de pièces détachées fabriquées et assemblées en France. Il sera dévoilé à l’occasion de l’exposition.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.mai.saint-etienne.fr

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