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Le vaisseau marie tradition et technologie

Youssef Belgnaoui

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Le vaisseau marie tradition et technologie

© D.R.

Construit selon les méthodes du xviiie siècle, le Götheborg embarque toutefois les équipements de navigation et de maintenance les plus modernes.

Amarré dans le port de Nice fin avril, le Götheborg tranche avec les voiliers et les luxueux yachts qui mouillent aux abords de la vieille ville. Forcément, ce bâtiment n'est pas un simple bateau de plaisance. C'est un vaisseau conçu pour le commerce et, plus précisément, le transport de marchandises entre l'Asie et la Suède. C'est pour remplir cette mission que la Compagnie suédoise des Indes orientales l'a fait construire. En 1738. Sa mission a été de courte durée. Le temps de trois voyages en Chine. Le vaisseau a coulé en 1745 en heurtant un rocher submergé au large du port de Göteborg, en Suède. À l'époque, cette catastrophe, qui ne fit toutefois pas de victimes, fit scandale.

258 ans plus tard, la réputation du vaisseau est réhabilitée. Le Götheborg a été reconstruit à l'identique en utilisant des méthodes et des matériaux d'époque. Clous, poulies, voiles, filins, cordes... tout a été fabriqué à la main ! Il est inauguré en 2003. Et le 2 octobre 2005, ce bateau, portant 1 964 m2 de voilure pour 58,5 m de longueur, 11 m de largeur et 5,25 m de tirant d'eau, prend sa revanche sur le passé. Il entame un long périple qui doit le conduire vers la Chine. En route pour Shanghai, il fait étape au Brésil, en Afrique du Sud et en Australie. Objectif atteint le 18 juillet 2006, après 289 jours et nuits passés en mer. Sur le trajet du retour vers la Suède, le vaisseau emprunte le canal de Suez puis fait escale trois jours à Nice.

La figure de proue du dynamisme suédois

Pour cette aventure, il n'était pas question de commerce, mais de promotion de la culture et des entreprises suédoises telles que SKF et Volvo. Aucune marchandise ne viendra remplir ses cales. Du coup, bien que le vaisseau navigue toutes voiles dehors jusqu'à 8 noeuds maximum, pour plus de sécurité dans la navigation et le confort à bord une salle des machines moderne a été camouflée dans le pont inférieur. Elle abrite deux moteurs de 550 chevaux et des groupes électrogènes, quatre réservoirs de carburant, un château d'eau et une station d'épuration des eaux usées. Les constructeurs du Götheborg ont même embarqué à bord une cuisine moderne, une chambre froide et des machines à laver. Rien n'a été oublié pour le confort des 80 membres d'équipage. Mais l'espace de vie reste toutefois aussi exigu qu'au xviiie siècle !

Tous ces équipements modernes se font bien discrets. Et si ce n'est le radar que l'on distingue à l'arrière, en haut d'un mât, rien n'indique leur présence au visiteur. Le système de surveillance électronique qu'a installé SKF à bord est encore mieux caché. Il faut descendre par d'étroits escaliers dans la salle des machines et se pencher sur les moteurs pour en déceler la présence. SKF a en effet mis en place 250 roulements et a doté le Götheborg de son système de maintenance proactive Multilog. Quelque 28 capteurs (essentiellement pour la mesure de vibration) ont été répartis sur les moteurs, les arbres de transmission, les moteurs électriques, les systèmes hydrauliques et sur toutes les pièces sensibles de la machinerie et des équipements techniques. Aucune défaillance n'échappe à l'équipe technique qui exploite les informations fournies par les écrans placés auprès des machines.

Elle n'échappe pas non plus aux techniciens basés en Suède sur la terre ferme. Multilog transmet des signaux par satellite à un ordinateur central situé au siège social de SKF à Göteborg. Cet ordinateur est programmé avec un système d'aide à la décision. Il interprète les signaux, analyse les signatures vibratoires et transmet le résultat en langage clair, exploitable par l'ingénieur mécanicien en chef du bateau. Cette approche proactive repère les défaillances et anticipe d'éventuelles ruptures de pièces.

LES CAPTEURS SE CACHENT DANS LA CALE

Lors de son escale dans le port de Nice, le Götheborg n'est pas passé inaperçu. Ce jeune navire de 4 ans a l'élégance et toute l'apparence d'un vieux gréement de 270 ans ! Mais dans ses cales, se cachent des équipements modernes. SKF y a installé un système de maintenance proactive. Des capteurs (ci-dessus) surveillent moteurs et roulements et communiquent leurs informations par satellite vers la Suède.

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