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Le très attendu plan quantique français devrait être annoncé demain 4 novembre lors du Quantum Computing Business de Bpifrance

Kevin Poireault

Mis à jour le 04/11/2020 à 10h19

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Le très attendu plan quantique français devrait être annoncé demain 4 novembre lors du Quantum Computing Business de Bpifrance

© Bpifrance

Dix mois après la remise au gouvernement du rapport sur les technologies quantiques par la députée Paula Forteza, le plan quantique français est enfin prêt. Sauf imprévu, il devrait être dévoilé demain, le 4 novembre, lors de l'événement Quantum Computing Business de Bpifrance. L’occasion pour la France de, peut-être, revenir dans la course en matière d'investissement dans le domaine.

[EDIT] Imprévu il y a eu : le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O a limité sa participation à une vidéo pré-enregistrée et n'a pas détaillé le plan.

Tout s’accélère dans l’écosystème français des technologies quantique. Attendu avec impatience par toute la communauté de chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs, le plan quantique français devrait être annoncé ce mercredi 4 novembre, lors de la deuxième édition – entièrement en ligne –de Quantum Computing Business, le rendez-vous déjà incontournable de Bpifrance, réunissant pléthore d’acteurs du quantique français et internationaux.

Ce plan est la suite logique du rapport commandé fin mars 2019 par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe à la députée Paula Forteza, présenté le 9 janvier 2020 avec le titre audacieux : « Quantique, le virage technologique que la France ne ratera pas ». « Il se concentrera sur trois axes : le calcul et la simulation quantiques, les télécommunications quantiques et les capteurs quantiques », précisait, lors du Forum Teratec mi-octobre, Iordanis Kerenidis, directeur de recherche au CNRS, qui était dans le trio de tête de la mission Forteza, avec la députée et l’ex-PDG de Safran, Jean-Paul Herteman. Initialement prévue pour septembre, l’annonce du plan avait été reportée sine die.

Devenir leader européen des ordinateurs NISQ

Côté calcul, la France veut devenir « le leader européen des ordinateurs quantiques bruités » (NISQ) et « l’un des leaders mondiaux des ordinateurs quantiques tolérants aux défauts » (LSQ), si l’on en croit le rapport Forteza.

Pour y parvenir, la communauté du quantique espère bien sûr des financements conséquents, qui puissent rivaliser avec le milliard d’euros mis sur la table par le public et le privé britanniques entre 2014 et 2024 et les 650 millions d’euros annoncés par le gouvernement allemand en 2018. « Il faut aussi que l’enveloppe qui soit consacrée aux initiatives quantiques françaises ne soit pas juste une réallocation d’enveloppes déjà lancées », insiste Théau Péronnin, PDG d’Alice&Bob, jeune pousse tricolore créée en 2019 pour concurrencer, à moyen terme, les calculateurs quantiques à base de qubits supraconducteurs de Google et IBM.

Consolider les 3 hubs quantiques à Grenoble, Paris intramuros et Paris-Saclay

Autre enjeu majeur : consolider les trois hubs quantiques de Grenoble, Paris et du plateau de Saclay. Enfin, l’objectif affiché de la France est de compter une cinquantaine de start-up dans le domaine d’ici à 2024, contre une quinzaine aujourd’hui.

Christophe Jurczak, cofondateur du fonds d’investissement deep tech Quantonation, plaide pour que l’Etat lui-même donne l’exemple : « La commande publique est très importante, juge-t-il. Si la France commande une ou plusieurs machines à Pasqal [start-up française, en partie financée par Quantonation, qui développe un calculateur quantique à base d’atomes froids, ndlr], cela pourra déclencher un intérêt chez les industriels. » Celui qui vient de lancer Le Lab quantique, une association qui ambitionne de rassembler tous les acteurs du quantique, publics et privés, veut aussi des « actions concrètes et des événements autour des technologies quantiques » qui parlent aussi au grand public.

C’est d’ailleurs l’objectif de Quantum Computing Business. Dans cette conférence particulièrement orientée vers les opportunités d’affaires du secteur, on retrouvera plus d’une quinzaine de Français, chercheurs, entrepreneurs et clients finaux du calcul quantique, aux côtés de figures comme John Martinis, ex-monsieur quantique chez Google récemment passé chez l’australienne Silicon Quantum Computing (SQC) et Jeremy O’Brien, PDG de la start-up américaine très bien financée PsiQuantum.

La France « à la traîne » mais « il n’est pas trop tard » pour rattraper ses compétiteurs

« En France comme en Europe, on est significativement à la traîne, admet Théau Péronnin. Le budget annuel des initiatives américaines dépasse très largement le plan quantique européen, le Quantum Flagship. » Pour autant, ce dernier reste confiant sur notre capacité à rattraper ce retard d'investissement : « Il n’est pas trop tard, ajoute-t-il rapidement. L’excellence française dans les technologies quantiques, elle, n’a rien à envier aux autres pays, et la partie est loin d’être finie. La prochaine Quantum Valley se dessinera dans les cinq prochaines années autour des leaders du domaine. Si elle s’installe en France, les acteurs industriels dans les secteurs pharmaceutiques, manufacturiers, ou les spécialistes d’intelligence artificielle à proximité auront un avantage certain. » Le gouvernement français est prévenu.

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