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Le tout premier robot bipède français

Thierry Mahé
La start-up Aldebaran Robotics, aidée de l'Ensta de Paris, conçoit pour 2007 un robot humanoïde mobile.

«J'ai ce projet dans un coin de ma tête depuis 25 ans. Si je me lance aujourd'hui, c'est qu'enfin toutes les conditions sont réunies », se réjouit Bruno Maisonnier. Cet X-Télécoms, aujourd'hui rompu à la finance, va réaliser son rêve d'étudiant : créer de toutes pièces un robot bipède, à caractère ludique, facilement programmable « par de jeunes adultes piqués de technologie... et un peu fortunés ». Il en coûtera en effet entre 1 500 et 2 500 euros. Une grande première en France.

Une convention d'incubation instituée

La société Aldebaran Robotics, qu'il vient de créer en juillet avec une poignée d'ingénieurs, va, il l'espère, initier le phénomène de la robotique domestique. Phénomène que l'entrepreneur prévoit comparable à l'émergence de la micro-informatique dans les années 1980. Le marché est là, du moins on le suppose, la technologie a atteint un prix "raisonnable" et, surtout, Bruno Maisonnier s'est trouvé un partenaire rêvé en la personne de Jean-Christophe Baillie, chercheur en robotique et enseignant à l'Ensta (Paris). Cet universitaire est, en effet, le père d'un langage de programmation robotique de haut niveau qui fait autorité. Ce langage, Urbi (pour Universal Robotic Body Interface), est un environnement de scripts puissant qui s'adresse aussi bien au chercheur qui désire prototyper rapidement une application qu'au teenager qui veut enseigner quelques postures d'arts martiaux à son humanoïde.

Outre son ouverture - il s'interface avec C++, Java, Matlab, etc. - l'intérêt de ce langage est qu'il se plie quasiment à tout ce que le monde du "jouet" compte de robots anthropomorphes ou "animaux". En particulier, il gère la locomotion sur deux ou quatre pattes. Sony donnant libre accès au code source de son robot-chien Aibo, Jean-Christophe Baillie y a ainsi greffé son langage Urbi. Le chercheur commente : « Aibo est un robot puissant, mais son logiciel temps réel est si complexe que mes étudiants passaient un temps considérable à en comprendre les méandres avant de lui faire simplement bouger la tête ! J'ai d'abord développé Urbi à des fins pédagogiques. » Ainsi, le bipède d'Aldebaran sera- t-il Urbi "natif".

La coopération entre la start-up et l'école d'ingénieurs ne s'arrête pas à cet aspect logiciel. Elle revêt, en effet, la forme juridique d'une convention d'incubation, un contexte très souple qui met à disposition de la PME aussi bien les ressources du laboratoire d'électronique, pour la réalisation de composants dédiés, que la participation ponctuelle de chercheurs, de thésards ou simplement d'étudiants. Aldebaran a signé de même un accord avec l'école de création et de design Créapole.

Si le nom du gentil bipède à servomoteurs est encore tenu secret, sa date de baptême, elle, est déjà publiée : février 2007, à l'occasion du salon du jouet de Nuremberg (Allemagne). D'ici là, un premier prototype sera prêt en fin d'année, et Bruno Maisonnier aura fort à faire à lever des fonds dès 2006.

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