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Le télephone mobile aide au diagnostic

Martine Lochouarn

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Le télephone mobile aide au diagnostic

© D.R.

- Glissé dans la trousse du médecin, le téléphone devient un outil précieux pour les urgentistes notamment en cardiologie, ou dans les pays en développement.

Jusqu'ici limité à des applications directes en médecine, le téléphone mobile est en passe de devenir une boîte à outils universelle sur laquelle viennent se greffer diverses technologies médicales, grâce à l'interconnectivité. Résultat : des solutions souvent adaptées aux situations d'urgence ou aux pays en développement.

En zone urbaine, le mobile pourrait être utile en cardiologie où tout délai accroît le risque vital. Des équipements d'enregistrement cardiaque mobiles, allant du biosenseur à électrode unique à l'enregistreur multiélectrode de type Holter peuvent, couplés au téléphone cellulaire, être une aide utile à la décision médicale. Des médecins danois ont montré que, grâce à l'interconnectivité Bluetooth, l'envoi depuis l'ambulance d'un électrocardiogramme vers le téléphone mobile du cardiologue à l'hôpital réduisait de moitié le délai de prise en charge des infarctus.

Une technique comparable a été utilisée en Allemagne pour surveiller en continu à domicile des patients cardiaques à risque d'arythmie. Reste à améliorer les modalités d'enregistrement et la fiabilité du réseau avant une utilisation médicale plus large.

L'imagerie médicale est un autre exemple de ce potentiel : 75 % de la population mondiale n'y a pas accès et, dans les pays en développement, 50 % des équipements existants restent inutilisés faute de personnels qualifiés. C'est donc un contre-pied technologique que propose Boris Rubinsky, spécialiste en bio-ingénierie à l'université de Berkeley (États-Unis).

Un prototype testé pour le cancer du sein

L'imagerie traditionnelle intègre dans une même unité, forcément complexe et fragile, l'acquisition des données, leur traitement et le moniteur affichant l'image. Dans son prototype, testé pour le cancer du sein, ces fonctions sont physiquement séparées et c'est le téléphone mobile qui assure les interconnexions. Côté patient, un tomographe par impédance électrique pour l'acquisition des données - simplifiée puisque seules des données brutes sont enregistrées. Chargées par câble USB ou Bluetooth sur le téléphone mobile du médecin elles sont envoyées via le réseau au site expert. C'est là que s'effectuent leur contrôle, leur traitement et la construction des images. Ces dernières sont alors interprétées à distance par le spécialiste puis renvoyées sur l'écran du portable du médecin de terrain. Un centre expert unique doté des moyens techniques adéquats peut ainsi desservir une large région quand la couverture du réseau est bonne, comme souvent dans les pays en développement. Le volume de données transmises et la qualité nécessaire des images sont compatibles avec les performances de la téléphonie mobile.

Dans une démarche comparable, Dan Fletcher, lui aussi de Berkeley, a mis au point un équipement transformant l'appareil photo numérique qui équipe la plupart des téléphones portables en microscope de terrain. Adapté au diagnostic sur frottis sanguin, utilisable par un auxiliaire formé, le CellScope comprend un tube porte-lentilles qui se fixe sur l'objectif et un statif qui maintient la lame étudiée. La magnitude obtenue est suffisante pour distinguer les cellules sanguines et, après coloration, identifier le parasite de la malaria. L'image peut être enregistrée et transmise via le réseau au médecin référent pour confirmation du diagnostic.

Ce dispositif devrait être testé prochainement dans des zones de paludisme endémique .

UN MICROLABO SUR MOBILE ?

- Le Pr Kazuo Sutoh, de Tokyo (Japon), est un pionnier des communications moléculaires. Associé à NTT DoCoMo Int, il envisage de copier les infimes moteurs biologiques qu'on trouve au coeur des cellules pour les utiliser comme transporteurs au sein d'une biopuce. Celle-ci serait ainsi capable, sans autre source d'énergie, d'analyser une goutte de sueur ou de sang pour y doser telle ou telle biomolécule signant une maladie ou un état anormal. Le tri, le chargement et le déchargement des molécules au sein de la biopuce vers le microanalyseur se feraient à l'aide d'amorces d'ADN spécifiques. La biopuce serait incorporée dans le téléphone mobile, ainsi transformé en microlaboratoire capable de transmettre ses résultats depuis les lieux les plus reculés. La mise au point de ce concept devrait demander plusieurs années.

EN BREF

- Il raccourcit utilement les délais en cardiologie. - Il sert à l'imagerie médicale dans les pays en voie de développement. - Il devient même un microscope de terrain.

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