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Le téléphone mobile à l'heure des hauts débits

Ridha Loukil
- Barcelone, 13 - 16 février 2006. Tout est prêt pour mettre les réseaux de téléphonie 3G au niveau des réseaux IP comme Wi-Fi. À la clé, une multitude de nouvelles applications.

Le congrès mondial 3GSM est le plus grand événement sur la téléphonie mobile. Il s'est tenu à Barcelone, en Espagne, dans une grande euphorie. Cette édition dans la capitale catalane, a rassemblé plus de 960 exposants et attiré quelque 50 000 visiteurs, en augmentation de 40 % par rapport à la précédente édition qui s'était déroulée à Cannes, en 2005.

Champion de la démesure, Samsung s'est montré plus agressif que jamais avec, dès la sortie de l'aéroport de Barcelone, d'immenses panneaux publicitaires annonçant la première marche du téléphone mobile 3G vers le haut débit. Une des tendances fortes de la manifestation avec la convergence des téléphones fixes et mobiles, et le cap sur le multimédia.

1. Montée en débit de l'UMTS

Grande avancée par rapport au téléphone mobile GSM/GPRS, la technologie UMTS, à la base du téléphone mobile 3G actuellement en service, plafonne à 384 Kbit/s. La technologie HSDPA (High Speed Downlink Packet Access) a le potentiel de porter le débit en réception à 14,4 Mbit/s. Soit au niveau de l'accès filaire à Internet par câble/ADSL ou du sans-fil par Wi-Fi. En démonstration sur les stands de tous les équipementiers télécoms - y compris celui du chinois Huawei, grande curiosité du salon -, elle offre une progression par étapes : 1,8 ou 3,6 Mbit/s aujourd'hui, avant de monter plus tard à 7,2 Mbit/s puis à 14,4 Mbit/s.

Les premiers combinés HSDPA ont été exhibés par le japonais NEC, le taïwanais BenQ Mobile (qui a acheté en 2005 l'activité terminaux mobiles de Siemens), et les coréens LG et Samsung. Les prototypes de ces deux derniers embarquent le jeu de puces de Qualcomm à 3,6 Mbit/s.

Premier à avoir lancé un service de téléphone 3G en octobre 2001, l'opérateur japonais NTT DoCoMo devrait être aussi le premier à passer au HSDPA au printemps 2006. En France, SFR, qui a dépassé le million d'abonnés à son service 3G, commence un pilote commercial auprès de 200 entreprises à Saint-Étienne, Nantes et Dijon. Ce service, baptisé 3G+, sera testé dans des applications d'intranet mobile à l'aide de cartes PCMCIA pour PC portables. Son ouverture au grand public est attendue en 2007.

Les équipementiers préparent déjà l'étape suivante dénommée HSUPA (High Speed Uplink Packet Access), destiné à gonfler lui aussi le débit à l'émission. Une évolution intéressante dans les applications nécessitant un débit symétrique comme la visioconférence, l'échange de fichiers ou le travail collaboratif.

Nortel va plus loin encore avec HSOPA (High Speed OFDM Packet Access), une amélioration de HSDPA combinant la modulation multiporteuse OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) et la technique d'antennes multiples Mimo (Multiple Input - Multiple Output). Cette évolution a été adoptée en décembre 2005 par le 3GPP, l'organisme de définition des standards de téléphonie mobile. En laboratoire, l'équipementier canadien est parvenu à obtenir un débit crête de 37 Mbit/s dans la bande de fréquence de 5 MHz de l'UMTS actuel. Il prévoit de livrer cette année son premier prototype à 25 Mbit/s.

2. Convergence fixe-mobile

Les téléphones fixes et mobiles ne feront plus qu'un avec la technologie UMA (Unlicensed Mobile Access) de Kineto Wireless, une start-up californienne fondée en 2001. Les premiers terminaux compatibles sont dévoilés par Nokia, Motorola et LG. Ils combinent un téléphone mobile GSM/GPRS et un téléphone IP sur Wi-Fi. À l'extérieur de la maison ou du bureau, ils se connectent sur le réseau GSM/GPRS. À l'intérieur, ils basculent sur la ligne téléphonique fixe ADSL ou le réseau Ethernet de l'entreprise via une liaison sans fil Wi-Fi. La communication téléphonique transite alors en mode IP au même titre que les messages électroniques ou les pages Web. Le basculement reste transparent pour l'utilisateur grâce à l'intelligence dans le terminal et une passerelle UMA entre les deux réseaux. On peut ainsi démarrer une communication à proximité de la maison et la poursuivre à l'intérieur sans interruption. Orange devrait lancer ce service au printemps avec le portable 6136 de Nokia.

Si Alcatel, Motorola ou Ericsson présentent UMA comme une première étape vers la convergence, Siemens préfère passer directement à IMS (IP Multimedia Subsystem). Une technologie qui offre l'avantage d'être normalisée par le 3GPP et qui accepte toutes les interfaces d'accès au réseau (Bluetooth, Wi-Fi, Wimax, UMTS...). Elle ouvre au téléphone des applications comme l'appel de groupe (push to talk), l'envoie de vidéo en temps réel ou le partage de tableau blanc pendant la conversation. Les déploiements devraient débuter en 2007.

3. Cap sur le multimédia

Le téléphone tend à devenir un terminal multimédia avec deux fonctions vedettes : la lecture de musique et, demain, la réception de télévision. À lui seul, Nokia prévoit de livrer cette année 80 millions de mobiles avec lecteur MP3 intégré. Mais dans ce domaine, c'est Sony Ericsson qui fait référence avec son célèbre téléphone Walkman, un immense succès sur le marché. Son dernier modèle, le W950i, dévoilé au salon, soutient la comparaison avec les meilleurs baladeurs autonomes du marché. Il offre une capacité de stockage de 4 Go en mémoire Flash, tout comme l'iPod Nano d'Apple.

Cependant, c'est la télévision mobile qui suscite le plus de convoitises. Siemens estime à 15 milliards d'euros les revenus que les opérateurs pourraient tirer de cette application dans les cinq ans à venir. La guerre des normes constitue cependant un obstacle. Alors que Nokia soutient la norme DVB-H (Digital Video Broadcasting for Handheld devices), une adaptation de la TNT aux mobiles, LG et Samsung poussent le DMB, une extension multimédia de la radiodiffusion numérique DAB. Avec l'opérateur coréen SK Telecom, qui a lancé en juin 2005 le premier service au monde, ils ont alléché les visiteurs avec leurs terminaux disponibles en Corée du Sud. Sur les quatre expérimentations en cours en Île-de-France, une s'appuie sur la norme DMB. Il faudra aussi compter avec le standard MBMS (Multimedia Brodcasting and Multicast Service) qui diffuse la télévision à travers le réseau de téléphonie 3G en mutualisant les ressources radio entre les utilisateurs d'une même station de base. Et comme si cela n'était pas suffisant, il est concurrencé par des versions propriétaires comme MediaFLO de l'américain Qualcomm ou EDtv du britannique IPWireless.

COUVERTURELE MOBILE 3G PÉNÈTRE DANS LES BÂTIMENTS

- Compte tenu de la fréquence élevée qu'il utilise (2 GHz), le téléphone mobile 3G n'est aujourd'hui disponible qu'en extérieur. Motorola et Siemens poussent pour l'extension de la couverture à l'intérieur du bâtiment avec des ministations de base compactes, économiques et design. Cette extension devrait bénéficier d'abord aux entreprises avant de toucher les immeubles résidentiels.

ENTENDU AU CONGRÈS

En 2008, le monde comptera 3 milliards d'abonnés au téléphone mobile, trois fois plus que pour le téléphone fixe. » Thomas Ganswindt PDG de Siemens Communications

ALLO, TU M'ENTENDS ?VERS UNE MEILLEURE QUALITÉ AUDIO

- Broadcom, fournisseur américain de puces de communication, s'attaque au problème de la détérioration de la qualité du son dans de mauvaises conditions de réception radio avec sa technologie MStream. Il s'agit d'un algorithme de traitement de signal qui améliorerait la qualité du son de 4 à 6 dB. Broadcom l'implémente dans ses nouveaux processeurs de bande de base pour téléphones GSM/GPRS et 3G.

TOUJOURS PLUSINTEL BRANCHE LES PC PORTABLES

- Principal artisan de la banalisation de Wi-Fi avec sa technologie Centrino, Intel met aussi tout son poids en faveur de l'intégration d'une carte SIM et d'un modem de téléphonie mobile dans les PC portables. En collaboration avec l'association GSM, il va définir les règles directrices permettant aux professionnels nomades une communication sans couture quand ils passent d'un réseau de téléphonie mobile à un réseau Wi-Fi et vice versa. La carte SIM gérera les connexions aussi bien en Wi-Fi qu'en GSM, GPRS, Edge, UMTS ou HSDPA. L'initiative a le soutien d'opérateurs comme Cingular Wireless, Vodafone ou T-Mobile.

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