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LE SUPERYACHT UNE INDUSTRIE MADE IN ITALY

Marie Camière

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Depuis dix ans, l'Italie s'affirme comme le premier constructeur mondial de yachts de plus de 24 mètres, dits "superyachts".

Chacun sait que les Italiens excellent en mécanique et en design. Ils l'ont prouvé dans le secteur automobile, avec des marques comme Ferrari, Maserati ou Lamborghini. Ils ont également su mettre à profit et conjuguer ces compétences dans un autre secteur, moins connu du grand public, et pourtant en plein boom : celui du yacht de luxe. Car c'est désormais dans le bel paese que la majorité des riches armateurs européens, américains, russes ou saoudiens, font construire le bateau de leurs rêves. Qu'ils soient chef d'État, magnat des affaires ou star du showbiz, ils savent qu'ils pourront y trouver le meilleur du luxe et de la technologie pour satisfaire tous leurs caprices. En toute confidentialité. Et la crise financière ne semble pas menacer outre mesure un secteur qui s'adresse aux plus gros portefeuilles de la Planète : « On construira moins de yachts, mais ils seront plus grands", s'accordent à dire les constructeurs.

Une production à très forte valeur ajoutée

C'est en 2000 que l'Italie a ravi aux États-Unis la première place dans le classement des pays producteurs de superyachts (plus de 24 mètres). Avec aujourd'hui 51 % des commandes mondiales, elle jouit d'un leadership incontesté sur ce marché, laissant loin derrière elle les États-Unis (11 %), les Pays-Bas (7 %) et l'Allemagne (3,5 %). Le secteur, qui a profité de la constitution de nouvelles fortunes ces dernières années, en particulier dans les pays émergents, a connu entre-temps une croissance exponentielle. De 2000 à 2008, l'Order Book mondial est passé de 326 à 916 superyachts. De 2007 à 2008, les commandes de yachts de 60 à 75 mètres ont ainsi bondi de 68 %. À cela s'ajoute une croissance continue de la longueur moyenne des embarcations.

Toujours plus beau, plus grand, et plus cher : l'industrie nautique italienne s'est résolument spécialisée dans un segment à très forte valeur ajoutée. Avec des projets souvent sur mesure, accordant une place essentielle au design, au luxe, au confort ainsi qu'aux performances, cette filière présente un fort contenu de technologies et de service, brassant plusieurs millions d'euros par unité vendue. Ainsi, en produisant seulement 2,5 % du total des embarcations de plaisance dans le monde (contre 78 % pour les États-Unis et 5,7 % pour la France), l'industrie nautique transalpine affiche au final le plus gros chiffre d'affaires : 6,2 milliards d'euros en 2007. Spécialisée dans le segment du superyacht de taille "moyenne", la production italienne affiche une longueur moyenne de 35 mètres. D'autres pays se positionnent sur le segment encore plus restrictif des gigayachts, comme les célèbres chantiers hollandais, qui parviennent à une moyenne de 50 mètres, ou encore l'Allemagne, avec une moyenne de 88 mètres !

Dans la péninsule, derrière les deux leaders mondiaux Azimut-Benetti et Ferretti, on trouve quelques grands groupes comme Fipa, Sanlorenzo ou Perini Navi (mégayachts à voile). Et de nouveaux arrivants en pleine croissance comme Aicon Yachts. Mais on compte aussi en Italie plusieurs dizaines d'autres chantiers navals de superyachts, plus ou moins connus, construisant parfois au compte-gouttes. L'ensemble des chantiers s'appuie sur un réseau dense de fournisseurs spécialisés, qui apportent leur savoir-faire, que ce soit dans la fabrication de coques, dans le travail des métaux ou des composites, ou encore dans les secteurs du bois, du cuir, du tissu, de l'ameublement, des technologies de bord... « Ce sont toutes ces petites et moyennes entreprises qui font la force de l'industrie nautique italienne », souligne Luca Guidetti, le directeur général du groupe Fipa. Ce tissu de sous-traitants italiens, très qualifiés et souvent regroupés au sein de districts, est « unique au monde », selon lui.

Des districts industriels aux fortes synergies

Avec 2 900 entreprises et 15 000 emplois, la côte toscane, qui représente 50 % de la production italienne de superyachts, est le meilleur exemple de cette concentration géographique. Son épicentre se situe à Viareggio (Toscane), "capitale mondiale du superyacht », dont elle assure 20 % de la production mondiale. Ce temple de la construction compte 27 chantiers navals, dont Benetti, Azimut, Perini Navi, le groupe Fipa, Sanlorenzo et Overmarine qui construit la célèbre gamme Mangusta (pour le français Rodriguez Group). Dans cette petite ville encombrée de chantiers, dont la tradition de construction navale remonte au début du XIXe siècle, quelque 170 palaces flottants naissent chaque année - un record, si l'on considère que la construction d'un superyacht varie entre huit mois et deux ans, ou plus, mobilisant en moyenne 200 personnes.

Le fonctionnement des chantiers est assez atypique du fait de cette présence très concentrée d'artisans locaux spécialisés dans la construction de bateaux : ébénistes, plombiers, électriciens, etc. Les constructeurs, faisant appel à eux, assurent souvent un rôle de bureau d'études, de coordinateur des interventions et de superviseur de l'assemblage du bateau. « Le district, grâce à sa filière très articulée, a fait émerger un système d'excellence à Viareggio », estime Sergio Micheli, le président de Navigo, une société mixte privée publique, créée récemment au sein du district pour renforcer les synergies et soutenir l'innovation.

Les services de l'agence maritime De Felice

Ici, tout semble possible. Exemple, le chantier Rossi, sous-traitant depuis plus de trente ans, spécialisé dans la fabrication de métaux, puis dans la construction de coques en acier et aluminium. Par passion des grands bateaux, grâce au savoir-faire accumulé et à la présence, « dans un rayon de 30 kilomètres, de tous les artisans indispensables », il s'est lancé lui aussi dans l'aventure de la construction de mégayachts. Son premier-né, Rossinavi South 54 mètres, a été mis à flot en juin, et dans son hangar on peut déjà apercevoir la moitié d'une coque en acier de 70 mètres... Le "système Viareggio" s'appuie en outre sur des entreprises de services spécialisés comme l'historique agence maritime De Felice, qui propose aux armateurs des services complets d'assistances administrative, fiscale et douanière, de planification de croisières et de gestion des bateaux et des équipages.

Anton Francesco Albertoni, président de l'Ucina (Union de l'industrie nautique italienne), explique l'essor du superyacht italien par deux facteurs clés : « La capacité des chantiers italiens à adapter le produit aux demandes du client et le design made in Italy », au style minimaliste, qui plaît au monde entier.

Le succès du design italien ne fait aucun doute. Certains constructeurs étrangers n'hésitent d'ailleurs pas à faire appel à des designers transalpins pour se parer d'une petite "italian touch". Et ce succès profite aux constructeurs, grands ou petits. Dalla Pietà, un chantier vénitien qui réalise des embarcations haut de gamme de 15 à 24 mètres, joue ainsi à fond la carte du style italien, sobre, élégant et luxueux, avec des intérieurs tout bois et cuir, très lumineux. Depuis l'an 2000, il est passé de 4 à 25 embarcations par an, et a multiplié par 8 son chiffre d'affaires.

Success story encore plus flagrante pour le jeune chantier sicilien Aicon Yachts, créé en 1996. Il a littéralement explosé en quelques années, atteignant aujourd'hui un chiffre d'affaires de 127 millions d'euros, pour 500 salariés. Ce succès s'appuie sur un centre de style qui permet à la marque de rester à la pointe de l'innovation. Son centre de recherche technologique vise à améliorer les processus d'industrialisation du groupe, organisé selon un modèle d'intégration verticale, contrairement à la plupart des chantiers italiens.

L'équilibre entre standardisation et préservation de marges de "customisation" du produit est en fait une des grandes préoccupations des constructeurs de yachts, dont les clients sont soucieux de s'offrir un produit unique. Fipa Italiana Yachts, avec sa marque phare Maiora, a, par exemple, investi dans des moules lui permettant de produire elle-même ses coques en fibre de verre, si besoin au-delà de 30 mètres. La structure est donc produite en série. Mais tout l'intérieur reste entièrement personnalisable : agencement des pièces, design intérieur, ameublement, etc. Un colosse comme Azimut, qui produit 400 unités par an, travaille dans une logique d'assemblage plus industrielle. Pour répondre néanmoins au souci de customisation de ces clients, il propose désormais à l'armateur de construire lui-même son intérieur à l'aide d'un configurateur 3D offrant pour chaque partie du yacht une large palette de couleurs et de matières (tissus, boiseries, sols, cuirs, marbres, etc.).

Des niches exclusives : 100 % sur mesure

Il est des plaisanciers que le mot "série" suffit à faire frémir... Qu'ils se rassurent, des constructeurs de niche sont prêts à concevoir avec eux le bateau de leurs rêves, de A à Z. Sanlorenzo, qui se veut la "Rolls-Royce" du yachting, fait partie de ceux-là. Basé à Ameglia (Ligurie), il fabrique des embarcations de 19 à 50 mètres et plus, entièrement sur projet, se limitant à 30 unités par an pour se maintenir sur le segment du luxe "le plus exclusif". Classé sixième constructeur mondial de superyachts, il a réalisé en cinquante ans quelque 500 modèles, « tous différents les uns des autres ». Un de ses dernier-nés, le 40 Alloy, a marqué une nouvelle étape : il s'agit du premier yacht à coque métallique (40 mètres) construit par le chantier. Semi-planante, celle-ci est en aluminium, un choix destiné à alléger le yacht afin d'améliorer ses performances de vitesse. Équipé de 2 x 3 182 ch (moteurs MTU) pour un déplacement à mi-charge de 190 tonnes, il bénéficie d'une vitesse de croisière de 26 noeuds (48 km/h), rapide pour sa taille.

Autre incontournable du superyacht sur mesure, le chantier historique Benetti, fondé à Viareggio en 1873, et racheté par Azimut en 1985. Légende de luxe et d'élégance classique, le chantier construit aujourd'hui des yachts "semi-custom" en fibre de verre de 25 à 45 mètres, et au-delà, des mégayachts à coque métallique (acier ou aluminium) entièrement "custom". Entre 15 à 18 embarcations de prestige sortent annuellement de ses chantiers, chacune représentant entre quinze mois et trois ans de travail. Conçues pour la croisière, elles privilégient avant tout le confort, le luxe jusque dans les moindres détails. Et un style italien "inconfondibile", comprenez unique.

La mer, un constant défi technologique

Le secteur est constamment à la recherche de nouvelles technologies permettant d'améliorer encore la stabilité du bateau, la sécurité, ou la qualité de vie et des loisirs à bord. Benetti s'est ainsi dotée d'un nouveau système de gestion intégrée de tous les services électroniques de bord, Benetti exclusive sea technology (Best), qui offre une interface unique créée sur mesure pour sa flotte. Le développement des technologies et des loisirs de bord est une aubaine pour les PME innovantes. Yachtica, une jeune entreprise née en 2001 à Viareggio a, par exemple, transposé le concept et les technologies de la domotique à l'environnement du yacht. Elle vend aujourd'hui ses modules à 90 % des chantiers italiens, et dans le monde entier.

Premier constructeur mondial de superyachts, dont la valeur de la production atteint 950 millions d'euros, le groupe Azimut-Benetti investit massivement dans la R & D, et dispose même d'un superyacht laboratoire, Model K, pour expérimenter des solutions innovantes.

Le nouvel Azimut 70 a ainsi fait le plein de nouvelles technologies de bord : Automatic trim control, qui améliore la stabilité et le confort de navigation ; technologie Easy cruising, interface facilitant le contrôle de tous les systèmes de bord ; ou encore Easy docking, un joystick pour manoeuvrer en toute facilité dans le port grâce à une compensation automatique des effets du vent et des courants.

Ferretti, deuxième leader mondial du secteur, n'est pas en reste. Son centre de recherche, l'AYT (Advanced yacht technology), emploie 90 personnes, et le patron du groupe, Norberto Ferretti, lui a donné une importance stratégique. Sa dernière grande innovation, le système de propulsion hybride Zero emission mode (ZEM), a été installée sur le Long Range 23 de Ferretti Mochi Craft, ce qui en fait le premier bateau de plus de 20 mètres capable de naviguer en mode totalement propre grâce à deux moteurs électriques de 70 kW (qui se rechargent soit à travers les moteurs diesel s'ils fonctionnent, soit au port via un branchement électrique). L'AYT développe pour les neuf marques du groupe Ferretti d'autres technologies exclusives, comme le stabilisateur gyroscopique Antirolling gyro, fruit d'un partenariat avec Mitsubishi, qui atténue le roulis de plus de 50 %, améliorant sensiblement le confort de bord.

Le créneau sportif pour les fous de vitesse

Pour ceux qui préfèrent la grande vitesse aux longues croisières, le marché italien ne manque pas non plus de réponses performantes. AB Yachts, la marque la plus sportive du groupe Fipa Italiana Yachts, s'est ainsi spécialisée dans les coques en matériaux composites légers, dérivés directement du secteur aéronautique. Ces sandwichs de résines renforcées très sophistiquées ont le bon goût, en particulier, d'éliminer les vibrations. AB Yachts est aussi leader de la propulsion hydrojet pour la grande plaisance. Ce système très performant de propulsion maritime, où l'eau est pompée sous le bateau puis expulsée à grande vitesse derrière celui-ci grâce à une puissante turbine, (système utilisé notamment sur les scooters de mer), remplace la propulsion classique arbre-hélice-gouvernail. Lancé l'an dernier, l'AB 140, bateau amiral du chantier, mesure 42 mètres pour un poids à sec de 121 tonnes. Avec 3 x 2 400 ch (MTU), et un système de propulsion hydrojet MJP, cet énorme bolide des mers a une vitesse de croisière de 43 noeuds, et 46 noeuds (85 km/h) en pointe. Il est deux à trois fois plus rapide que la moyenne des yachts de sa catégorie. Il allie l'esprit sportif à un luxe et un confort sans faille.

En matière de sport, Pershing (groupe Ferretti) bat lui aussi des records, comme avec son Pershing 80 (24 mètres), aux lignes fluides et agressives. Équipé, au choix, de 2 x 2030 ou 2 x 2435 ch (MTU), il atteint respectivement des vitesses de pointe de 43 ou 50 noeuds (avec le réservoir rempli au tiers), soit 80 ou 92 km/h. La coque en composite verre-résine est moulée sous vide selon le procédé Scrimp System. Quant au Pershing 115, il peut être équipé en option d'une motorisation combinant deux moteurs MTU de 3 700 ch chacun et une turbine à gaz équipée d'un système de propulsion hydrojet Kamewa qui, si elle est activée, propulse ce superyacht de 35 mètres à 52 noeuds (96 km/h).

Un invité surprise s'est par ailleurs manifesté cette année sur le marché des superyachts à grande vitesse : Heaven, constructeur italien d'embarcations semi-rigides, a présenté en octobre à Gênes le Heaven 80, un semi-rigide de 24 mètres, le plus long jamais construit ! Pour les amateurs de vitesse, la perspective de se déplacer en superyacht à plus de 100 km/h est décoiffante... Le Heaven 80, avec un déplacement en pleine charge de 37 t, a deux options de motorisation. Avec 4 x 720 ch (Yanmar), il atteint 46 noeuds (85 km/h). Avec 2 x 1800 ch, il peut monter jusqu'à 58 noeuds (107,5 km/h). Le look "bouée" est certes différent d'un yacht traditionnel, mais en termes de finitions, le Heaven 80, n'a rien à envier à ce dernier. Accueillant jusqu'à 20 personnes à son bord, il est équipé luxueusement, disposant de deux chambres spacieuses avec salles de bains, plus une pour l'équipage.

Le tour du monde à la voile, un rêve high tech

Le superyacht dispose, enfin, d'une autre niche : les (très) grands voiliers. Là encore, l'Italie domine grâce au chantier Perini Navi. Son fondateur, Fabio Perini, un passionné de la mer, a eu l'idée de concevoir un mégayacht à voile manoeuvrable par une seule personne grâce à un système révolutionnaire d'automatisation de la voilure. Avec une nouvelle génération de treuils gérés par des moteurs électriques à contrôle électronique, Perini Navi a créé un nouveau marché pour le mégayacht à voile, placé sous le signe de la technologie et du design. Ce segment représente aujourd'hui 8 % du marché du superyacht, et le chantier de Viareggio en est le leader, avec plus de 45 unités réalisées en vingt-cinq ans. Il réalise 60 % des voiliers de plus de 45 mètres, à raison de quatre au maximum par an. Avec toujours un gros effort de recherche et d'innovation. Son Maltese Falcon, un 88 mètres inauguré en 2006, représente un nouveau saut technologique. Ses trois mâts autoportants en fibre de carbone sont rotatifs et dotés chacun de cinq panneaux de voiles indépendants, d'une superficie totale de 2 400 m2. Le tout, entièrement automatisé, autorise une navigation par tous les temps, dans un environnement intérieur d'un luxe incomparable. La vitesse de pointe enregistrée jusqu'à présent à la voile par le Maltese Falcon est de 24,8 noeuds (46 km/h), atteints dans le golfe du Lion avec des rafales de vent de plus de 110 km/h ! Autre exemple des technologies de pointe développées par Perini Navi, le dernier-né de sa gamme de 56 mètres, Salute, est doté d'un mât de 75 mètres, le plus haut jamais construit. Fabriqué en aluminium, celui-ci a été soumis à des études très pointues de la répartition des poids, qui ont permis de l'alléger de pas moins de 2 tonnes. Le chantier vient de lancer également une ligne de taille plus réduite, 38 mètres, orientée vers la performance.

Faire le tour du monde sur un de ces voiliers d'exception est un rêve qui a un prix : Perini Navi, qui a treize navires actuellement en construction, affiche un portefeuille de commandes d'ici à 2010 d'une valeur totale de plus de 200 millions d'euros.

LE "REFIT" ET LE "CHARTER" DE SUPERYACHTS, DEUX SECTEURS EN PLEIN BOOM

Acheter un superyacht coûte très cher, puisque cela débute à quelques millions d'euros, et n'a pas de limites. Mais les frais ne s'arrêtent pas là : son entretien, au sens large, représente annuellement 8 à 10 % de sa valeur, dont 3 à 4 % pour le "refit", c'est-à-dire les travaux d'entretien et de rénovation. Un secteur lucratif donc, qui représente en Italie un chiffre d'affaires global de 400 millions d'euros en 2007.

Des équipements très performants Les constructeurs de superyachts se sont engouffrés dans ce secteur en pleine croissance, complétant ainsi leur offre de services après-vente. Tous les grands chantiers développent aujourd'hui des sections de "refit", ainsi que des marinas pour accueillir les yachts de luxe. À Viareggio, Azimut-Benetti a ainsi racheté en l'an 2000 un opérateur historique du secteur, Lusben. Le groupe dispose désormais sur ce site d'une marina de 40 places pour des superyachts de 25 à 60 mètres, ainsi que d'un service complet de refit et réparation. Elle a investi pour cela dans des équipements très performants, comme un "travel lift" de plus de 2 millions d'euros, permettant de tirer hors de l'eau et de mettre à flot des embarcations jusqu'à 600 tonnes, ou encore une cabine de vernissage pressurisée avec contrôle de la température, pouvant accueillir des mégayachts de 60 mètres. Par ailleurs, pour amortir le coût de l'entretien des yachts toujours plus grands, un nombre croissant d'armateurs se tourne vers le marché du "charter", location de yachts de luxe pour des croisières privées. Le coût à la semaine varie entre 40 000 euros pour des yachts de 24 à 30 mètres, et 240 000 euros au-delà de 50 mètres. Avec un chiffre d'affaires annuel dépassant déjà les 260 millions d'euros, c'est donc un autre secteur attractif pour l'industrie nautique.

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