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Le spatial acteur clé de l’observation du climat

Le spatial acteur clé de l’observation du climat

Illustration du satellite d'océanographie Jason 3. Sa mission a pour objectif d'assurer la continuité opérationnelle de la collecte et de la distribution de données de haute précision sur l’étude des courants océaniques et la mesure des niveaux marins, afin d’améliorer la compréhension de ces phénomènes et leur impact sur le climat.

Plus que jamais, les satellites d’observation de la Terre ou météorologiques jouent un rôle central dans la compréhension des changements climatiques. C’est ce qu’a tenu à rappeler Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d’études spatiales (Cnes), à quelques jours de l'ouverture de la COP 21.

Invité par l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE), le président du Centre national d’études spatiales (Cnes) a remis en perspective les enjeux pour l’industrie spatiale de la conférence des Nations Unies sur le climat (COP 21) qui doit se tenir au Bourget du 30 novembre au 11 décembre prochains. « 26 des 50 principaux critères pour mesurer les évolutions climatiques ne sont observables que par satellites. Ce secteur a donc un rôle clé à jouer », résume Jean-Yves Le Gall. Le Cnes consacre d'ailleurs entre 200 et 300 millions d’euros chaque année aux problématiques du climat, soit 10 à 15 % de son budget total.

Les exemples de capteurs spatiaux ne manquent pas : par exemple, les satellites franco-américains Jason-1 et -2, et bientôt Jason-3, avec leurs altimètres Poseidon, ont permis de mettre en évidence une élévation globale de 3,2 millimètres par an du niveau de la mer sur une période suffisamment longue pour que les données soient acceptées par tous. Le lancement de Jason-3, avec un nouvel altimètre Poseidon-3B et un radiomètre, doit être lancé au tout début de janvier 2016 pour assurer la continuité des mesures. Ils seront rejoints entre 2020 et 2026 par les satellites Sentinel-6A et -6B. Dans le domaine de la météo, il y a les instruments IASI (Interféromètre Atmosphérique de Sondage Infrarouge) qui équipent les satellites européens Metop pour mesurer plus de 25 composants de l’atmosphère, dont la température et l’humidité.

Autre exemple, des satellites permettent de mesurer avec une précision croissante l’augmentation des concentrations des gaz à effet de serre, méthane et CO2. Les nouvelles générations sont d’ailleurs en préparation avec le programme franco-allemand Merlin (Methane Remote Sensing Lidar Mission). Ce satellite, dont le lancement est prévu vers 2020, sera essentiellement équipé d’un instrument de télédétection par laser (Lidar) pour mesurer les concentrations de méthane atmosphérique. L’instrument va effectuer des tirs laser en direction de la surface de la Terre et en déduira la quantité de méthane présente dans la colonne d’atmosphère sondée par le laser. Dans le domaine du CO2, le Cnes travaille sur le projet MicroCarb, un micro satellite équipé d’un spectromètre à haute performance spectrale et radiométrique dans le proche infrarouge, pour cartographier les sources et puits de CO2 de la planète. Il pourrait être lancé en 2020.

Au-delà, certains satellites servent à étudier les phénomènes météorologiques violents. Ainsi, le programme franco-indien Megha-Tropiques, dont le satellite a été lancé en 2011, est dédié à l’étude des cycles de l’eau et des échanges d’énergie dans l’atmosphère tropicale. « Dans le domaine de l’observation de la Terre, entre six et huit satellites sur dix sont dédiés au climat si l’on inclut les satellites météo », rappelle le président du Cnes. Par ailleurs, il y a désormais une petite quarantaine de satellites en orbite (pour la plupart en orbite polaire) -tous pays confondus- consacrés à l’étude du climat. D’où l’appel de Jean-Yves Le Gall à une meilleure coordination de tous ces capteurs : « C’est indispensable ; il faudrait une entité ad hoc, indépendante et internationale, légère, qui ne rajoute pas une couche aux structures actuelles, afin d’éviter que les données collectées ne soient contestées ».

Guillaume Lecompte-Boinet

Pour en savoir plus : https://www.cnes.fr/

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