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Le rêve américain

CHARLES FOUCAULT cfoucault@industrie-technologies.com

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Anglophones et innovants, les États-Unis constituent une destination de choix pour les étudiants français. Les écoles d'ingénieurs se mobilisent pour améliorer leur visibilité outre-Atlantique et multiplier le nombre d'échanges, jugé aujourd'hui trop faible.

D'après les chiffres de l'ambassade de France à Washington, 7 421 étudiants français ont passé l'année scolaire 2009-2010 sur le sol américain. Si la France suit les statistiques mondiales, 18 % d'entre eux suivaient un cursus en ingénierie (le chiffre exact n'étant pas connu). C'est trop peu pour la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (Cdefi).

L'internationalisation du métier d'ingénieur est indéniable. Dans ce cadre, les écoles s'attellent à ce que chaque diplômé ait effectué une période significative à l'étranger durant son cursus, que ce soit en semestre d'études ou en stage. Elles y sont poussées par la Commission des titres d'ingénieur qui, en 2009, a défini comme l'une de ses quatre orientations stratégiques de « veiller à l'ouverture des formations à l'innovation et à la recherche, à leur ouverture aux entreprises et à l'international ». Pour que ces périodes en dehors de nos frontières soient bénéfiques, les deux critères les plus importants dans le choix des destinations sont le niveau des dispositifs universitaires et industriels locaux et l'anglophonie. Les États-Unis apparaissent alors comme une destination de choix.

7 000 publications cosignées chaque année

Mais envoyer des étudiants au pays de l'Oncle Sam n'est pas chose aisée. La Cdefi et l'ambassade de France aux États-Unis travaillent main dans la main pour que les places se multiplient. Créé en mai 2007 sur des fonds de donateurs privés américains et du gouvernement français, le PUF (Partner University Fund) a pour objectif de soutenir des partenariats bilatéraux entre des institutions d'enseignement supérieur dans les domaines de la recherche et de la formation aux niveaux mastère, doctorat et post-doctorat. « Souvent, la collaboration se fait d'abord sur des projets de recherche par un échange de thésards (PhD), constate Isabelle Schöninger en charge de ce fonds auprès de l'ambassade. La création d'un double diplôme vient dans un deuxième temps. »

Il s'agit de donner une visibilité aux étudiants français en donnant les moyens aux professeurs de les impliquer. Le potentiel est important : 7 000 publications sont cosignées chaque année par des chercheurs français et américains.

Les grandes écoles veulent tirer leur épingle du jeu dans ce programme. « Nous devons faire comprendre aux Américains que s'ils veulent des bons PhD, il vaut mieux prendre des étudiants ingénieurs en France, ce sont les meilleurs élèves », explique Michel Mudry, délégué général de la Cdefi. C'est pour cela qu'en marge du séminaire organisé par Campus France à New York du 6 au 9 octobre 2010, il a fait du lobbying auprès de l'American Society for Engineering Education. C'est aussi la raison d'exister du Master Duby qui se met doucement en place. Il permet aux étudiants étrangers de venir en France pendant un an, suivre des cours en anglais accompagnés d'un enseignement intensif de français. C'est du donnant, donnant : pour pouvoir envoyer des étudiants outre-Atlantique, il faut être capable d'en recevoir. Et la barrière de la langue est un sérieux frein.

Autre vecteur du développement des échanges transatlantiques : les stages. L'International Association for the Exchange of Students for Technical Experience française (IAESTE-France) a rencontré en novembre l'IAESTE-USA pour travailler à l'augmentation des capacités d'accueil de stagiaires dans les deux pays. Le message aux étudiants américains est clair : we want you ! pour que vous vouliez de nous.

Caltech-X, alliance de l'excellence

Depuis septembre 2008, le California Institute of Technology (Caltech) et l'École polytechnique échangent des étudiants pour un an. Les deux établissements, parmi les plus prestigieux du monde, ont ainsi voulu faire profiter àleurs élèves ingénieurs de la complémentarité de leurs formations : tandis qu'en Californie l'accent est mis sur la pratique et la mise en application des concepts, « les étudiants français qui viennent pourraient enseigner dans les classes de mathématiques », assure le professeur Ravichandran, directeur du Galcit (Graduate Aerospace Laboratories), en charge d'accueillir les étudiants en provenance de l'X. Cet échange est le seul qu'a accepté le Caltech malgré les propositions incessantes.

« Mon expérience au Caltech m'a rendu à l'aise à l'oral »

AMANDINE HAMEL PREMIÈRE POLYTECHNICIENNE PARTIE UN AN AU CALTECH (2008-2009)

« Intégrer le mode de fonctionnement nord-américain m'a apporté énormément. Le Caltech privilégie davantage le travail en équipe et les présentations à l'oral. Aujourd'hui, j'en fais beaucoup dans le milieu professionnel, en anglais. Grâce à l'expérience Caltech, je suis plus à l'aise. Je les fais « à l'américaine », de manière plus détendue. Le fond reste sérieux mais la forme est plus accessible. D'autre part, l'aspect plus pratique des enseignements par rapport à ceux de l'X familiarise avec les ordres de grandeur et des situations que l'on peut rencontrer dans la vie professionnelle. Les deux formations se complètent très bien puisque les cours très théoriques de l'X nous rendent, eux, plus aptes à passer dans l'abstraction et à prendre du recul. »

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