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Le Pôle Arve-Industries dépasse les 200 PME adhérentes

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Le pôle des PME de la mécanique et de la mécatronique a connu, en trois années d'existence, une belle progression en s'appuyant sur le triptyque innovation technologique, formation et environnement économique.


Alors que les PME ont bien souvent du mal à trouver leur place dans les Pôles de Compétitivité, le pôle savoyard Arve-Industries fait figure d'exception puisqu'il a été conçu dès l'origine pour cette typologie d'entreprises. Et cela fonctionne, puisque le pôle vient de franchir le cap des 200 entreprises industrielles adhérentes, dont plus de 90% ont moins de 250 salariés.

Il faut dire que la région, bien qu'exempte de très grands groupes industriels, dispose d'un tissu industriel dense avec une spécialité en mécanique de précision à travers le décolletage, d'une forte lisibilité internationale et d'une capacité de recherche de proximité.

Un tissu favorable

Autant d'éléments qui en 2005, lors de l'ouverture de l'appel d'offre des Pôles, ont milité pour une candidature, d'autant plus que l'expérience acquise à la fois par le SPL Technic Vallée (système productif local) du district industriel de l'Arve et le réseau départemental des plates-formes technologiques permettait d'envisager dès l'origine, une réponse plus globale en se positionnant dans une logique "d'écosystème innovant" sur le principe des clusters européens.

« La logique a d'abord été de penser le pôle comme un tout, en mariant innovation technologique, formation et environnement économique. Nous avons voulu que l'entreprise adhérente y trouve, quelle que soit sa taille, une réponse adaptée à son besoin », explique Eric Moleux, Président du pôle.

L'industrie en Haute-Savoie se distingue sur bien des points. Elle représente 30 % du PIB contre 20 % pour la moyenne nationale avec deux caractéristiques : la sous-traitance technologique et la forte capacité exportatrice avec un taux de couverture de 172 %. Elle représente aujourd'hui 55 000 emplois industriels, dont un quart est dédié au décolletage.

« Sur 20 km nous regroupons 70% de la capacité française de décolletage et nous représentons l'une des plus fortes concentrations mondiales de cette industrie. Plus globalement, c'est une combinaison unique de nombreux métiers de la mécanique de précision et des technologies associées », estime Lionel Baud, président du Syndicat et du Centre technique du décolletage.

Du décolletage à la mécatronique

Conscientes des défis mondiaux (transfert de compétences et de savoir-faire vers d'autres territoires, délocalisations des productions à faible valeur ajoutée, émergence des solutions industrielles nouvelles), les industriels de la région se sont investis depuis longtemps dans la mécatronique, une technologie jugée comme prioritaire pour le 21e siècle dans de nombreuses études.

« Dès le milieu des années 80 nous avons accompagné l'initiative d'industriels pionniers qui avaient compris et intégré l'importance de la mécatronique en mettant en place les ressources technologiques nécessaires », explique Roland Pascal, DGS du Conseil Général de Haute-Savoie. Aujourd'hui, ce cluster industrie-formation-recherche centré sur Annecy, est le plus important à l'échelle européenne. « La mécatronique se développe là où elle devait apparaître, à la jonction de deux territoires, l'un de micromécanique à l'origine horlogère (Franche Comté, Suisse Romande, Est Rhône Alpes), et l'autre spécialisé en électronique, émanation de l'industrie électrique (Grenoble- Sillon Alpin) », estime quant à lui André Montaud de Thesame. A tel point que Les Rencontres européennes de mécatronique (EMM), qui se déroulent ici depuis 6 ans, sont devenues un vrai "Davos" de cette technologie.

Les objectifs du pôle Arve-Industries sont de trois ordres :

  • - Garder l'avantage concurrentiel sur son cÅ“ur de métier. Les programmes "Innovation procédés" tel "coupe" doivent générer davantage de valeur ajoutée par la meilleure maîtrise de l'outil de production, avec par exemple des machines auto-adaptatives ;
  • - Répondre aux attentes des grands clients mondiaux. C'est l'objet des projets "Innovation en organisation". Le pôle adapte ainsi les méthodes TPS de Toyota, la référence en terme de coût-qualité-délais, aux PMI. Un challenge connu sous le nom de code de SPS.
  • - Renforcer la lisibilité du cluster mécatronique en privilégiant les partenariats internationaux. Le but est d'agréger localement les compétences nécessaires au service des entreprises tout en favorisant les synergies avec les pôles mondiaux concernés comme Mov'eo ou Minalogic.

Le pôle Arve-Industries avait fin mars 125 projets actifs, pour un montant de 55 millions d'euros (cofinancement publics FUI, ANR, OSEO, Interreg, Région RA, CG74). Ces principales thématiques technologiques sont :

  • - Usinage, mécanique de précision ;
  • - Mécatronique ;
  • - Tolérancement dimensionnement géométrique ;
  • - Organisation industrielle (système Toyota adapté aux PMI) ;
  • - Co-conception et achats.

Très centré sur le département de la Haute-Savoie, le pôle dispose aussi de fortes relations internationales avec le Japon, les USA et l'Allemagne. A la mi-juin, il comportait 229 adhérents dont 200 entreprises, qui se répartissaient à raison de : 69 % pour les entreprises de moins de 50 salariés ; 21 % pour les 50 à 250 salariés ; 10 % celles de plus de 250 salariés.

Diffuser la recherche

Mais le pôle Arve Industries s'est aussi positionné très tôt dans la recherche de complémentarité avec les autres pôles mécaniciens réunis dans Mécafuture. « Il y avait toutefois un dilemme à lever entre notre volonté de diffuser massivement des résultats de R&D vers les PMI, afin d'augmenter leur compétitivité et la nécessaire confidentialité de certains travaux. Nous avons donc défini les projets selon trois catégories. Les projets structurants (Institut de la coupe, CimeO maison de la mécatronique) s'apparentent à des plates-formes technologiques visant à réduire les coûts d'accès par une mutualisation de moyens. Les projets massivement diffusants (Coupe, tolérancement) sont gérés avec une stratégie de propriété industrielle permettant un accès facile aux résultats sous forme de formations et de séminaires. Les projets collaboratifs sont plus classiques puisque les résultats sont dédiés à un consortium pré défini », explique Thierry Guillemin, délégué général Arve-Industries.

Notons que le pôle Arve Industries a aussi su se positionner dans les travaux de normalisation ou de création de standards (tolérancement, mécatronique, achat et innovation). « Dans la filière de sous-traitance, nous avons pris une position très volontariste en étant force de proposition vis-à-vis des donneurs d'ordre. Cette approche "bottom-up" nous semble particulièrement riche de valeur et l'implication des grandes entreprises qui nous ont rejoints dans la démarche en démontre bien l'intérêt », estime Jean Breton de Thésame.

Côté économique, le pôle a aussi signé un accord avec les deux principales banques régionales, qui a débouché sur la mise en place de prêts à taux zéro pour financer des investissements liés à l'innovation en PMI. Il a aussi créé un observatoire de la sous-traitance qui recherche et consolide des informations diffuses sur les futurs besoins des donneurs d'ordres et les attentes des nouveaux marchés, afin de les traduire en actions directement accessibles aux PMI.

Enfin, les divers programmes de recherche sont à l'origine de formations continues dédiées. « La volonté de bien transférer et de manière durable les résultats de recherche amène à concevoir des formations continues de courte durée directement applicable en PMI, mais nous réinjectons aussi certains des résultats dans les formations initiales des techniciens et ingénieurs de nos écoles », explique Laurent Tabourot de l'Université de Savoie.

Après 3 ans d'existence, le pôle Arve-Industries revendique à l'échelle nationale une position de "think tank" pour les PMI innovantes avec une expérimentation continue de nouveaux modes d'intervention. Cela lui a permis de renforcer ses relations recherche et économique avec l'Europe, le Japon et les USA. A tel point que le roulementier japonais NTN, qui vient de reprendre SNR, a décidé de localiser son centre de R&D européen sur le pôle. Après avoir montré la pertinence et la viabilité d'un pôle de PMI au niveau national, le pôle Arve-Industries semble maintenant bien décidé à faire de même au niveau international.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.arve-industries.fr

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