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Le plan de route du nouveau PDG du CNRS

Thibaut De Jaegher

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Le plan de route du nouveau PDG du CNRS

© Chimie ParisTech

Actuellement directeur de l'école d'ingénieurs Chimie ParisTech, Alain Fuchs doit être nommé dès demain matin, par décret, au poste de président-directeur-général du CNRS. Il a pu en cette après-midi du 19 janvier présenter aux députés et aux sénateurs, son plan de route pour le centre national de la recherche scientifique. Cet ingénieur-docteur ambitionne surtout de simplifier le fonctionnement de cet institut et de mieux coordonner son action au sein des universités.

Article publié la première fois le 19 janvier 2010

Il était fébrile, Alain Fuchs, le directeur de l'école d'ingénieurs Chimie ParisTech. Reçu par la commission des affaires culturelles du Sénat, il s'est accroché aux mots CNRS, recherche, université et partenariat pour présenter à une petite dizaine de sénateurs son plan de route pour le centre national de la recherche scientifique. Celui qui devrait être nommé par décret, lors du conseil des ministres de demain 20 janvier, au poste de PDG de cette institution rassemblant 30 000 personnes en France, a quand même laissé entrevoir un plan de route en cinq étapes.


1. Remettre la science au coeur des débats

Alain Fuchs, ingénieur de formation (Institut polytechnique fédérale de Lausanne) et docteur en chimie (Université Paris XI), a d'abord tenu à réaffirmer la place centrale de la science dans la mission qui lui sera confiée. « Maintenir la science au coeur des débats constitue le point zéro, a rappelé le futur PDG. Nous devons être plus à l'écoute des chercheurs, afin de faire régner un climat de confiance dans l'établissement ». 


2. Améliorer la collaboration avec les universités

Dans un contexte où la mondialisation exacerbe la concurrence entre les établissements d'enseignement et les laboratoires de recherche, Alain Fuchs souhaite que le CNRS « accompagne sans réserve les universités autonomes et notamment celles qui se dotent d'une politique scientifique ». Aujourd'hui près de 90 % des laboratoires du CNRS sont hébergés par des universités sous la forme d'unités mixtes de recherche (les UMR). Elles doivent devenir le socle d'un partenariat solide entre ces nouvelles universités et l'organisme de recherche. « Mais si nous mènerons une politique de coopération plus active, elle sera aussi plus ciblée sur les sujets jugés stratégiques pour le CNRS », a précisé le directeur de Chimie ParisTech.


3. Simplifier le CNRS

Il ne s'agit pas là de réformer à nouveau la gouvernance du CNRS. Alain Fuchs compte s'appuyer sur les dix instituts disciplinaires et les trois pôles transversaux pour mener sa stratégie en matière de recherche. Le futur PDG a en revanche précisé qu'il nommerait très certainement deux directeurs généraux délégués (dont un chargé des ressources) pour l'aider à piloter l'institution. Il a également assuré qu'il s'appuierait sur les directeurs des 10 instituts pour manager les équipes.

Alain Fuchs souhaite également clarifier ses règles de fonctionnement avec un maître-mot : pragmatisme. Que ce soit en matière d'alliances ou de partenariat, le PDG souhaite se concentrer sur des domaines stratégiques.


4. Valoriser la recherche rapidement

En matière de valorisation, Alain Fuchs n'entend pas faire la part belle à la centralisation. « La valorisation des recherches doit se faire plus vite, être plus proche et plus simple ». Le laboratoire pourrait devenir le mandataire unique pour gérer les brevets. « Le CNRS n'a pas vocation à tout centraliser, martèle Alain Fuchs. Nous ne devons plus être dans une logique propriétaire. Ce qui est crucial c'est le temps entre la découverte et sa mise sur le marché, pas de savoir à qui appartient le brevet ».


5. Jouer à fond les partenariats

Lutter contre le fractionnement du système de recherche sera également une des priorités d'Alain Fuchs. Sa volonté est que le CNRS se positionne en stratège de la recherche française.

Ayant duré une heure, l'audition d'Alain Fuchs au Sénat a été assez consensuelle. Les sujets qui fâchent comme les relations avec les entreprises ou la question des carrières des chercheurs n'ont pas été abordés dans le fond. La commission a d'ailleurs regretté d'avoir été saisie très tardivement (une semaine à peine avant l'audition) pour écouter le futur PDG du CNRS. Pour s'imposer à la tête de l'organisme, Alain Fuchs -qui a refusé de répondre aux questions de la presse avant sa prise de fonction officielle- devra sans doute afficher un peu plus de fermeté et une ligne directrice plus forte.

Thibaut De Jaegher

 

 

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