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LE PALMARÈS DES ÉCOLES D'INGÉNIEURS

Michel Le Toullec

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- Voici la 9e édition de notre classement annuel des écoles d'ingénieurs en fonction de leurs partenariats industriels. Le volume d'affaires croît. Les formes de partenariat évoluent.

Jusqu'où les écoles d'ingénieurs iront-elles dans leurs partenariats avec les entreprises ? Pour la 9e édition de notre enquête annuelle sur ce thème, le record du volume d'affaires réalisées par les cent premières écoles avec les entreprises (hors formation) est encore battu : 245 millions d'euros en 2003, contre 225 millions l'an dernier. Après une croissance quasi linéaire les années précédentes, on note donc cette fois une augmentation plus franche : quasiment 9 %.

"Clusters" de compétences

Pas de surprise en revanche pour le quatuor de tête : les Mines de Paris devancent toujours l'Insa de Lyon, l'Ensam et Polytechnique. Deux écoles font, quant à elles, leur entrée dans les dix premières : l'ESPCI (Paris) et l'Ensiacet (Toulouse). La remontée la plus spectaculaire dans notre classement ? Elle revient à l'École supérieure d'informatique, électronique et automatique (Esiea, Ivry-sur-Seine), qui passe du 108e rang au 55e !

Si le volume des partenariats écoles-entreprises croît régulièrement, les formes que prennent ces relations évoluent également. Certes, le processus classique - appel d'offres d'un industriel, réponse de la recherche, évaluation, transfert et valorisation - va certainement perdurer. Mais une autre approche se développe dans certaines écoles : le cluster. Il s'agit d'un réseau de compétences associant des scientifiques (l'école d'ingénieurs, mais pas uniquement), des industriels et des collectivités locales autour de thèmes considérés comme prioritaires au niveau régional. Ainsi, l'Insa de Lyon a-t-il mis en place un pôle de compétences sur les nanocomposites thermoplastiques, en partenariat avec l'université de Lyon-I, le CEA et des industriels comme Atofina, Rhodia, Multibase, Acome et Kodak. Ce projet, dénommé Polylam, vise des applications dans le transport du gaz, l'emballage alimentaire, la câblerie, l'automobile... L'Insa de Lyon travaille par ailleurs sur un cluster consacré à l'environnement durable. À l'Esim, qui vient d'intégrer l'École généraliste d'ingénieurs de Marseille, l'approche par clusters est développée dans le cadre de son programme I-Mind et porte notamment sur les biotechnologies, la microélectronique, l'optique et la photonique.

À l'École nationale supérieure en génie des systèmes industriels (Nancy), une initiative nouvelle cible, cette fois, les partenariats avec les PME. Il s'agit d'une plate-forme qui vise à aider ces entreprises à accéder durablement aux compétences de l'école : depuis la formulation des besoins des PME au transfert de compétences jusqu'à la formation des cadres. Par le biais de cette plate-forme, l'école a, par exemple, aidé la Compagnie lorraine de menuiserie plastique (Ville-en-Vermois, Meurthe-et-Moselle) à régler son problème de traitement de déchets. L'entreprise a alors investi dans un broyeur adapté.

Autre école proche des PME : l'École supérieure d'ingénieurs en systèmes industriels avancés-Rhône-Alpes (Valence) dont 75 % des partenaires en 2003 étaient des petites entreprises, une sorte de record - ce qui ne l'a d'ailleurs pas empêché de collaborer aussi avec des grands groupes comme Sagem, Hewlett Packard ou Alcatel.

Le laboratoire commun

Mais c'est peut-être à l'École supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et électronique (Amiens) que le partenariat avec une PME a été poussé le plus loin. La société Favi (Hallencourt, Somme), spécialisée dans la pièce technique injectée en alliage cuivreux, vient d'y installer son laboratoire de recherche comptant huit personnes. Il s'agit certainement d'un des seuls exemples de laboratoires communs entre une PME et une école d'ingénieurs.

Le laboratoire commun concerne en effet surtout les très grandes entreprises. En 2003-2004, plusieurs structures de ce type ont été créées : entre Polytechnique et Thales sur les nanostructures de carbone en électronique ; entre Chimie de Paris et EDF sur les cellules solaires en couches minces ; entre l'École nationale supérieure d'électronique, informatique et radiocommunications de Bordeaux et STMicroelectronics sur les circuits intégrés ; entre l'École nationale supérieure d'ingénieurs de Caen et France Télécom sur la monétique et les transactions électroniques sécurisées.

Enfin, les tout premiers programmes européens du 6e PCRD à participation d'écoles d'ingénieurs ont débuté courant 2003. L'Institut national des télécommunications (Évry) mène, par exemple, le programme Biosecure où trente partenaires, dont Thales, vont développer des méthodes d'authentification biométrique. De biométrie, il est aussi question dans le programme Intrepid auquel participe l'École supérieure d'informatique, électronique et automatique (Ivry-sur-Seine). L'objectif est de mettre au point un système multisensoriel pour traiter certains troubles psychologiques telles les phobies. C'est précisément ce programme qui a permis à l'Esiea de réaliser la plus forte progression dans notre classement.

Classement des écoles d'ingénieurs en fonction de leur chiffre d'affaires réalisé en partenariats industriels en 2003. (TABLEAU VOIR PDF)

IL N'Y A PAS QUE LES CENT PREMIERS QUI COMPTENT

Cette année encore, nous mettons l'accent sur les écoles classées au-delà de la 100e place et cependant intéressantes par leurs partenariats industriels. C'est le cas de la toute jeune École supérieure d'ingénieurs Léonard de Vinci (La Défense), dont l'habilitation à délivrer le titre d'ingénieur date de juillet 2003. Cette école a collaboré dans le domaine de la modélisation numérique avec des industriels de poids : Arcelor Research sur les matériaux magnétostrictifs, et Airbus sur la conception d'un tronçon de fuselage en composite. À La Rochelle, l'École d'ingénieurs en génie des systèmes industriels travaille avec EDF sur le projet 3EV visant à intégrer les petites éoliennes dans le milieu urbain. Avec la PME locale Poncin Yachts, l'école s'est penchée sur la définition d'une nouvelle gamme de bateaux et sur l'ingénierie de production associée. À l'École nationale des travaux publics de l'État (Vaulx-en-Velin), un partenariat avec Solvay porte sur l'évaluation de l'impact environnemental de ses sous-produits. Enfin, l'École supérieure angevine d'informatique et de productique (Saint-Barthélémy-d'Anjou) a aidé la société agroalimentaire Charal à développer un outil d'évaluation des risques aux postes de travail.

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