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Le musée d'Histoire de Nantes en haute définition

Ridha Loukil

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Le musée d'Histoire de Nantes en haute définition

La reconstitution historique en 3D de Nantes en 1757 figure parmi les attractions phares proposées au public. Réalisée par la société Axyz à partir des données historiques, elle pousse l'exactitude jusqu'à déterminer l'emplacement précis des lampadaires à partir des appels d'offres de l'époque. Sur l'un des sept écrans LCD de 23 pouces, le visiteur peut se promener dans onze quartiers de la ville et mesurer l'évolution connue jusqu'à aujourd'hui.

© D.R.

Le parcours traditionnel de la visite se double d'un parcours multimédia et audiovisuel en haute définition.

Après trois ans de travaux, le château des ducs de Bretagne a rouvert ses portes en février avec une expérience inédite pour le public. Le musée d'Histoire de Nantes, qu'il abrite, ne se contente pas d'accompagner le parcours traditionnel par un parcours multimédia. Il met aussi cette technologie au top niveau grâce à des bornes multimédias et des écrans de vidéoprojection à haute définition. Une première qui va servir de référence dans le monde de la muséologie.

Le choix de la haute définition constitue un pari d'autant plus audacieux qu'il remonte à 2004. « À l'époque, elle était encore inexistante. Nous avons anticipé son avènement afin de proposer au public la même qualité d'images que ce qu'il aura chez lui prochainement. Nous voulions aussi rendre la technologie discrète en offrant la même finesse de détail à l'écran que sur les tableaux. Car, dans un musée, on regarde l'écran et les oeuvres à la même distance, d'environ 40 cm », explique Stéphane Singier, chargé de projet chez Tecdev, le cabinet qui a accompagné le château dans la mise en oeuvre du multimédia.

Une visite de musée plus aisée et interactive

La haute définition ne se limite pas aux films, cartes et grands plans diffusés sur les murs ou sur des grands écrans par des vidéoprojecteurs avec une résolution d'image de 1 080 x 1 920 pixels. Elle bénéficie également aux quarante bornes multimédias disséminées dans les trente-deux salles du musée. Sur un écran LCD de 17 ou 23 pouces et 1 200 x 1 920 pixels, ces bornes déroulent des cartes postales et des plans, accompagnés de commentaires en cinq langues : français, anglais, allemand, espagnol et italien.

Plus qu'un gadget, le multimédia vise à rendre la visite du musée plus aisée, à combler certaines lacunes des collections, à favoriser le plaisir de la découverte, l'interactivité ou le sentiment d'immersion dans une atmosphère historique donnée, ou encore à offrir un contact approfondi avec un document. Lancé en 2002, le projet s'est étalé jusqu'au début 2007.

Au total, près d'un millier de films, cartes, images et plans ont été produits ou numérisés sous la houlette de Christophe Courtin, embauché par le musée en 2004 pour mener le projet. La réalisation et la maintenance ont été confiées à Axians, filiale de Vinci Énergies spécialisée dans l'intégration audiovisuelle, informatique et télécoms. « La mise en oeuvre a nécessité 1 500 heures d'études et 3 000 heures de chantier », raconte Roland Roy, responsable d'activité chez Axians.

L'intégrateur a fait face à trois contraintes propres aux musées : obligation d'invisibilité des câbles, interdiction de percer les murs et impé-ratif de protection des matériels contre le vandalisme. La fibre optique, qui demande de grands rayons de courbure, a été écartée au profit du câble en cuivre. Chaque salle dispose de sa propre régie. Ainsi, les câbles reliant les bornes aux PC, ou les vidéoprojecteurs (Barco) aux serveurs, ne dépassent jamais 37 m. Axians a également eu à gérer le problème délicat d'interaction des câbles d'énergie avec les câbles d'information dans les passages étroits.

Les bornes ont été conçues dans un souci prononcé d'ergonomie. La partie accessible au public se limite à un moniteur LCD intégré dans un meuble spécifique. Il est relié à un PC (Dell) dissimulé dans la régie. Dans un souci de robustesse et de protection contre le vandalisme, les boules et manettes de navigation de NSI sont empruntées aux machines industrielles et engins de BTP.

La hantise de Christophe Courtin est l'écran noir. Pour l'éviter, il dispose, en secours, de trois PC, d'un vidéoprojecteur et de deux manettes de navigation.

EN BREF

L'équipement - 40 bornes multimédias basées sur des PC - 9 vidéoprojecteurs - 4 serveurs vidéo Le Coût - 3 millions d'euros

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