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Le management visuel rend les opérateurs autonomes

FICHE COORDONNÉE PAR RIDHA LOUKIL rloukil@industrie-technologies.com

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Plus besoin d'un chef d'équipe et d'ordinateur pour afficher les résultats de production. Avec le management visuel, ces résultats sont visibles sur un simple tableau. L'opérateur peut alors prendre ses décisions lui-même, libérant le responsable d'équipe pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Ainsi, tout le monde monte en compétences sans effort. Cette méthode du lean s'applique aussi bien au travail en atelier qu'aux processus administratifs.

Les atouts du management visuel

Toute la hiérarchie peut juger de la même manière et en temps réel les résultats d'une personne ou d'une équipe.

Il n'y a plus de « juge » incarné par le manager ou le chef d'équipe. L'opérateur prend lui-même les décisions en faisant sa propre appréciation des résultats affichés sur un tableau.

Exit les tableaux Excel,les chiffres et les graphiques qu'une seule personne comprend ! Place à des règles visuelles compréhensibles par tous.

À QUOI ÇA SERT ?

La réactivité descend à l'heure et au niveau de l'opérateur. De quoi ajuster en temps réel et à la demande et combler rapidement les écarts de production (retards, rebuts, gâche).

Les applications sont par exemple :

Surveiller toutes les heures le taux de rendement synthétique d'une machine d'assemblage ou le process à plusieurs recettes dans la journée, sans informatique, sans gros moyens, à l'aide d'un tableau blanc et de quelques couleurs.

Équilibrer toutes les 3 heures les effectifs de plusieurs lignes de production parallèles ou îlots de montage, en fonction de la demande, sans se référer au responsable, en utilisant juste des abaques, une grille sur papier et des «stabilos». À la clé, un gain de 67 % de performance.

Équilibrer les opérations en série sur un process avec moins d'opérateurs que de machines sans ruptures d'approvisionnement de la chaîne et en diminuant les encours de production.

Équilibrer le contrôle en fonction de la production.

Réduire le taux de rebuts de presses à injection semimanuelles, avec un gain de 10 points des rebuts.

COMMENT LE METTRE EN OEUVRE ?

Le concept de « visu-autonomisation » consiste à rendre plus autonomes les opérateurs. Par ailleurs il rend visibles les faits liés au processus sous surveillance, sans calculs compliqués et en temps réel. Il est donc accessible aussi bien aux opérateurs qu'aux cadres. Dans cette méthode, on ne touche pas à la machine, sauf s'il manque un compteur sur celle-ci.

Il faut garder en mémoire le but poursuivi : aider l'opérateur ou une équipe à prendre la bonne décision au bon moment.

Les questions auxquelles il faut répondre d'abord :

- quel est l'indicateur simple qui illustre la performance en fonction des produits et du processus ?- quelle décision l'opérateur ou le groupe peut et doit-il prendre ?

Il se met en oeuvre en travaillant avec les opérateurs. L'indicateur devra être : - facile à comprendre, - facile et rapide à remplir, - facile à interpréter.

Il faut décrire : - les actions à faire, - les calculs à opérer et les outils à mettre en oeuvre, - les décisions à prendre, - qui avertir en amont ou aval du processus.

Chaque poste nécessite une invention personnalisée !

L'AVIS DE L'EXPERT

WILLIAM PIEDFORT

CONSULTANT DE PRODUCTIVIX

« Cette méthode permet d'identifier les points névralgiques d'un processus et de se concentrer sur leur résolution. Résultats : un gain de temps et une montée en compétence immédiate ! Mais il faut toujours faire le tour de toutes les équipes. Il n'est pas question que le management visuel remonte sur votre bureau ! Allons sur le terrain ! »

LES POINTS À SURVEILLER

Le management visuel n'est pas seulement un beau tableau d'indicateurs. C'est aussi, par exemple, des rangements pour les encours avec un niveau visuel.

Avez-vous testé ou imaginé le remplacement partiel d'un système de GPAO par du Visual Management ? Particulièrement pour les petites structures ? Et même pour les grandes !

Exemple : avant intervention, la recherche dans une liste d'ordres de fabrication de 8 pages d'un ERP bien célèbre des lignes d'urgences à traiter donne 4 pages de 32 lignes, représentant 130 ordres de fabrication, soit la moitié de l'encours ! Quelle perte de temps de recherche pour chaque opération !Le management visuel a permis de réduire l'encours, donc le phénomène « d'urgences » : il ne reste plus qu'une urgence par semaine en moyenne au lieu des 130.

Un système de GPAO (attention pas un ERP) vous permet beaucoup de choses : organiser et suivre des ordres de fabrication dans une chaîne de production, calculer le prix de revient, gérer vos stocks. Ce management est malheureusement réservé aux initiés qui ont accès à l'ordinateur. Il est essentiellement basé sur les données passées.

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