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Le Labcom In-Fine s'intéresse aux nanostructures

CLAIRE LECOEUVRE
Le Labcom In-Fine s'intéresse aux nanostructures

Travaux en salle blanche à l'UTT

© © Sylvain Bordier

Le Labcom In Fine, inauguré aujourd’hui, est un laboratoire né du partenariat entre l’Université de technologie de Troyes (UTT) et Surys, entreprise fabriquant des hologrammes pour la protection visuelle de documents. Les travaux scientifiques développés dans ce cadre permettront de mettre au point de nouvelles nanostructures, en se basant sur la résonnance plasmonique pour améliorer les hologrammes ou les Oleds.

L’entreprise Surys et l’Université de technologie de Troyes (UTT) inaugurent aujourd’hui le Labcom In-Fine. Ce laboratoire spécialisé dans les films nanostructurés permettra d’étudier de nouvelles associations de matériaux pour créer des effets visuels, mais aussi pour améliorer les performances des Oled ou encore l’identification de molécules dans le domaine de l’environnement ou du médical. Le laboratoire sera financé à 50 % par l’Agence nationale de la recherche (ANR) pendant trois ans, à raison de 300 000 euros et à 50 % par Surys, qui en attend divers brevets dans le domaine de l’optique et la sécurité.

Surys est un des leaders de la protection visuelle. Un domaine où il ne cesse de se renouveler. Après être passé par les hologrammes sur les films recouvrant les documents d’identité comme les passeports, puis par les nanotechnologies pour créer de nouveaux éléments de sécurité comme leur hologramme DID, l’entreprise cherche de nouvelles manières d’éviter la contrefaçon.

« Avec des structures de la taille du nanomètre, la loi de propagation de la longueur d’onde de la lumière change, explique Valéry Petiton, directeur technique adjoint en charge de l’optique, porteur du projet de Labcom. Cela permet de fabriquer des films composés de plusieurs motifs nanostructurés. Sous une ampoule, apparait un motif en deux couleurs. Par exemple sur les passeports français, le film laisse apparaitre une carte de France de couleur verte et si l’on incline le document à 90°, cela devient une Marianne rouge ». Il s’agit là de la résonnance en mode guidé. Nouvelle étape pour Surys : la résonance par plasmons. C’est là qu’intervient le Labcom In-Fine : « pour étudier la résonnance plasmonique, nous avions besoin du milieu académique », précise Valéry Petiton.

Le phénomène que l’on nomme la résonance plasmonique nécessite un couplage entre lumière et oscillation d’électrons. Lorsqu’on envoie de la lumière sur une surface métallique dans un milieu transparent et diélectrique, aux interfaces, les photons dissipent leur énergie sous forme d’une onde plasmon. La réflexion de la lumière entraîne l’oscillation d’électrons libres présents dans la couche de métal. Cela permet à certains rayons lumineux de trouver un passage. Et l’on peut donc observer un changement de couleur selon l’angle observé à la fin de la couche métallique. « On ne le savait pas avant, mais la couleur des vitraux est aussi due à des nanoparticules de métal diffusées dans le matériau lorsque le verre était fondu. Ces particules absorbaient les plasmons ».

Cette résonnance plasmonique pourrait servir de capteur de polluants. Une sorte de spectroscopie évoluée pour identifier des molécules précises. Une technique utile dans l’environnement mais aussi dans le milieu médical. Cela pourrait aussi permettre d’améliorer les rendements des Oled. « Les Oled laissent sortir moins de 15 % de la lumière émise. Le but d’utiliser des nano-structures bien placées serait de produire plus de lumière en chauffant moins. Tout cela à un coût plus faible. Il faut produire le motif de 200 nanomètres à l’échelle industrielle ».

Surys espère de nombreux résultats, à raison d’un brevet par an et teste déjà un premier produit : les plasmogrammes. Il s’agit d’un motif permettant le couplage et découplage nécessaire à la résonance plasmonique. Reste pour l’entreprise à produire de manière industrielle les solutions nano-structurées. Pour Valéry Petition, aucun doute que miser sur la recherche est le meilleur moyen de rester leader dans leur domaine et de conquérir de nouveaux marchés.

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