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Le fournisseur d'énergie traque les économies

Youssef Belgnaoui

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Le fournisseur d'énergie traque les économies

Le site de nitrocellulose de Bergerac (Dordogne) a été passé au crible par EDF afin de trouver des sources d'économies.

© D.R.

SNPE a mis EDF à contribution pour réduire la consommation énergétique de quatre de ses usines et étend aujourd'hui le contrat à quatre autres sites.

Dès le début de l'ouverture du marché du gaz et de l'électricité aux professionnels, la SNPE décide d'en profiter. En 2004, l'industriel met en concurrence différents fournisseurs d'énergie pour huit de ses usines les plus consommatrices. Mais, le directeur industriel du groupe, Jean-Marcel Dupont, a une autre idée en tête. Ne pas jouer uniquement sur les tarifs de l'énergie fournie mais aussi sur la réduction de l'énergie consommée sur ses sites. Il demande alors à EDF, dont l'offre avait été retenue, s'il lui est possible de présenter des recommandations allant dans ce sens. EDF accepte de relever le défi mais envoie tout d'abord ses experts sur deux des sites de la SNPE pour évaluer le potentiel d'économie.

Ces experts ont passé une journée sur le site de production de nitrocellulose de Bergerac (Dordogne) puis sur le site de fabrication d'explosifs de Sorgues (Vaucluse). « Ils ont fait le tour des usines, observé les processus de fabrication et analysé quelques factures et, grâce à leur expérience, ils ont relevé un gisement d'économies de 5 % », se souvient le directeur. En visitant ces usines, ils ont constaté des fuites dans les réseaux d'air comprimé et de vapeur, le fonctionnement non-optimal de certaines chaudières, ou encore des rejets d'eau chaude dans le caniveau qui auraient pu être recyclés pour une autre opération ou pour un échange thermique.

Le gisement d'économies potentielles ainsi confirmé, EDF s'engage par contrat à accompagner la SNPE dans sa démarche de réduction de ses consommations énergétiques en intervenant sur l'infrastructure industrielle.

Un regard et une expertise extérieurs

Le premier contrat concerne les quatre sites les plus consommateurs d'électricité sur une période allant de novembre 2004 à octobre 2006. EDF s'engage alors à réaliser une économie d'énergie d'environ 6 % par rapport à la consommation de 2004. Il lance à ses frais la phase de diagnostic détaillé en envoyant sur place des spécialistes de chaque secteur énergivore (chaudière, vapeur, air comprimé, électricité, etc.).

« Il était plus facile pour nous de disposer d'un regard extérieur. Nous avons par ailleurs profité de l'expérience d'experts dont nous ne disposons pas en interne », note Jean-Marcel Dupont. Ces derniers mènent des campagnes de mesure appropriées à chaque installation énergivore (température, pression, perte de chaleur, fuite, consommation, etc). Après une étude approfondie, une fiche est ouverte pour chacun des sujets sur lequel une économie potentielle est identifiée. Sur chaque fiche sont indiqués l'action concrète à réaliser, les éléments à modifier et l'économie attendue de cette opération. « De quinze à vingt sujets par site nous ont été proposés. Nous avons accepté environ 70 % de leurs recommandations. À la seule condition, précisée sur le contrat, que les dépenses envisagées affichent un retour sur investissement inférieur à deux années », indique Jean-Marcel Dupont.

Ces fiches concernaient des fuites relevées sur des conduites d'air comprimé, le mauvais rendement d'un compresseur, l'optimisation du fonctionnement d'une chaudière, ou encore le remplacement de purgeurs sur le réseau de vapeur. Pour réduire les pertes thermiques, les experts d'EDF ont, par exemple, proposé de réduire le diamètre des conduites de vapeur qui reliaient deux sites distants de quelques centaines de mètres. Cette proposition a été refusée car elle réclamait un investissement trop important pour l'économie attendue. Mais d'autres sujets n'ont réclamé aucun investissement. Il s'agissait tout simplement de mesures de bon sens comme, par exemple, d'optimiser la production d'eau chaude pour éviter que les bacs ne débordent.

Un nouveau gain de 6 % est encore possible

Au final, toutes ces actions ont porté leurs fruits. L'objectif initial est dépassé. L'économie d'énergie atteint les 12 % ! Fort de cette expérience réussie, Jean-Marcel Dupont décide de mettre en place un autre contrat de progrès entre 2006 et 2009 portant cette fois sur huit sites industriels. EDF estime qu'un gain de 6 % est encore possible. Pourtant, les gisements d'économies sur les quatre usines nouvellement concernées par le contrat sont plus faibles que pour les quatre premières qui étaient les plus grosses consommatrices. EDF va donc s'atteler à l'optimisation de l'éclairage des ateliers, des locaux administratif, des routes internes aux sites, des chemins de ronde, etc. Il va avant tout mener des investigations pour savoir quand et comment l'éclairage est utilisé afin de déterminer dans quelle mesure et à quel endroit il est rentable d'installer des systèmes d'éclairage automatique et des dispositifs d'éclairage de faible consommation.

La solution

- Élimination des fuites de vapeur et d'air comprimé. - Optimisation de la production d'eau chaude. - Réglage des chaudières.

Les bénéfices

- Économie d'énergie de 12 % entre 2004 et 2006.

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