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«Le designer auto doit anticiper les nouvelles pratiques»

«Le designer auto doit anticiper les nouvelles pratiques»

© DR

Voiture électrique, autopartage, crise du marché automobile... La mobilité, notamment en milieu urbain, est en pleine métamorphose. Des bouleversements que le designer est tout à fait à même d'accompagner, explique Philip Nemeth, consultant en design et ancien directeur du département mobilité et transport au Strate College.

Vous militez pour redéfinir le rôle du designer dans l’industrie automobile. En quoi ce rôle peut-il évoluer ?

Il y a 20 ans, le designer était encore essentiellement un styliste chargé de dessiner de jolies formes sur un package technique prédéfini. Cela n’est plus vrai. Une tendance de fond du design, particulièrement en France, consiste à s’impliquer plus en amont dans les projets pour penser les usages. Dans les écoles de design, on favorise une réflexion globale sur les scénarios d’utilisation. Prenons l’exemple de la Renault Espace, qui était à la base un véhicule marginal. Des réflexions judicieuses sur ses usages et besoins spécifiques ont largement contribué à en faire un véhicule Premium durant son âge d’or, de 2002 à 2004.


En quoi le designer est-il légitime pour mener cette réflexion en amont ?

Soyons clair : le designer ne remplace ni l’ingénieur ni la direction produit ou marketing. Mais il peut faire l’interface et apporter quelque chose de neuf. Sa formation, sa créativité l’amènent à  anticiper une utilisation globale, à la décliner en différents cas d’usages. Il sait mettre ses idées en forme, les représenter de manière parlante et convaincante. Un designer est aussi sensible aux nouvelles pratiques.


Vous faites allusion à de nouvelles formes de mobilité comme la voiture électrique et l’autopartage ?

Par exemple. Prenons la nouvelle gamme électrique de BMW, BMW-i. Elle devait se démarquer clairement de la marque classique. Pour que leur slogan « born electric » (« Née électrique ») ne se résume pas à un slogan, la marque a beaucoup travaillé avec designers pour créer une identité spécifique, et que celle-ci corresponde à des usages particuliers de ces véhicules électriques. Des réflexions très en amont ont d'ailleurs été menées avec des étudiants du Strate College.

Les passerelles entre le véhicule et des moyens de communication omniprésents - réseaux sociaux et smartphones – sont un autre champ à investir. Un designer peut très bien réfléchir aux usages d’un réseau de voitures connectées. Dans un service d’autopartage, il peut dessiner les bornes, mais aussi imaginer leurs séquences d’utilisation ou les services qui en découlent.

Propos recueillis par Hugo Leroux

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