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Le Crédit Impôt Recherche plébiscité par les entreprises européennes

Jean-François Preveraud

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Le Crédit Impôt Recherche plébiscité par les entreprises européennes

Quelles ressources externes votre entreprise a-t-elle utilisé pour financer ses innovations ?

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Le CIR est le premier dispositif de financement de l’innovation pour les entreprises européennes. C’est ce qu’il ressort du 7e baromètre européen de l'innovation réalisé par Alma Consulting Group.

En écho à notre article de la semaine dernière où le Syntec Numérique rappelait l’importance du Crédit Impôt Recherche (CIR) pour les PME et faisait un certain nombre de contre-propositions, le spécialiste européen du conseil opérationnel, Alma Consulting Group, nous a fait parvenir son 7e baromètre européen de l'innovation.

Celui-ci a été réalisé auprès de 2041 entreprises innovantes, PME (52 %), ETI et grands groupes de 9 pays européens : la France bien-sûr (620 entreprise), mais également l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, la Hongrie, la Pologne, la Belgique et la République Tchèque. Notons que seulement 6 % de l'échantillon appartient au secteur numérique.

Ce baromètre a pour vocation de dresser un état des lieux de l’utilisation des différents dispositifs européens et de déterminer leurs impacts sur les entreprises innovantes européennes ainsi que sur l’emploi en R&D et les investissements en R&D.

Il révèle que le financement externe d’un projet innovant d’une entreprise européenne repose à 66 % sur des financements publics (aides directes et indirectes) et à 34 % sur des financements privés (private equity, public equity, crédits bancaires).

Trouver les bons leviers financiers devient donc en 2011 l’enjeu principal pour 45 % entreprises innovantes européennes, devant la protection des innovations (29 %) ou le management des ressources humaines dédiées à l’innovation (35 %). « C’est une preuve que la crise cristallise les entreprises innovantes sur le financement, les rendant d’autant plus sensibles à toute évolution des dispositifs de financement de l’innovation », explique Abbas Djobo, Directeur du pôle Innovation d’Alma Consulting Group.

D’autant plus que les entreprises font état d’une allocation de fonds privés qu’elles jugent nettement insuffisante : une entreprise innovante sur trois s’avoue insatisfaite du crédit bancaire (34 %), du private equity (35 %), ainsi que des subventions et avances remboursables (32 %).

Le CIR en tête des financements

Sans surprise et malgré son absence en Allemagne, le CIR reste, le dispositif le plus utilisé en Europe, par 53 % des entreprises européennes. Une proportion plus importante en France avec 67 % des entreprises qui en sont utilisatrices.

Si le CIR reste incontournable au Royaume-Uni, en France et en Belgique (utilisation par plus de 65 % des répondants), il apparaît beaucoup moins utilisé (mois de 37 %) en Europe Centrale où les dispositifs sont plus jeunes (une rénovation en 2004 en Hongrie, 2005 en République Tchèque). L’Allemagne ne dispose pas de CIR, mais 65 % des entreprises allemandes interrogées pensent qu’il deviendrait un dispositif clé de soutien à l’innovation. De même en Pologne, où il serait souhaité par 96 % des entreprises.

Le dispositif CIR présente le meilleur taux de satisfaction au regard des fonds alloués avec un score de 77 %. Plus globalement, la satisfaction des entreprises françaises, portugaises et anglaises sur le dispositif est un plébiscite : il atteint 84 %. « Le regard que portent les entreprises européennes sur le CIR est bien sûr très positif : un sur deux le considère comme un dispositif clé de soutien à l’innovation, près d’une sur trois comme une nécessité », constate Abbas Djobo.

Des effets significatifs

En termes de montants alloués, 87,8 % des CIR distribués sont inférieurs à 500 000 €. Sur le terrain, 62 % des entreprises européennes utilisatrices du CIR ont augmenté le nombre de leurs innovations sur le marché et pour 49 % leur effectif R&D. En France, les chiffres sont encore plus éloquents : le CIR y a eu en 2010 un effet de levier plus important que celui d’autres pays européens, notamment sur l’emploi en permettant à 64 % des entreprises d’augmenter leurs effectifs R&D, tandis que 75 % d’entre-elles ont augmenté le nombre de leurs innovations commercialisées.

Le CIR est réinvesti par la grande majorité des entreprises en R&D, soit près de 56 % d’entre elles. Cela concerne 58 % des PME. Un score amélioré une fois de plus en France car elles sont 60 % à réinvestir dans la R&D.

On constate aussi que le CIR joue un rôle non négligeable ‘‘d’amortisseur économique’’ puisqu’une entreprise sur dix l’utilise pour des échéances à plus court terme de trésorerie et de maintien de l’emploi.

De l’autre côté du panorama des dispositifs de financement de l’innovation, les aides et subventions sont un levier nécessaire pour toute entreprise qui souhaite initier des projets de recherche en partenariat. Du fait qu’elles interviennent en partie avant le lancement du projet, elles permettent à six entreprises sur dix d’augmenter tant leur effectif R&D, que leurs partenariats de recherche.

« Il n’est pas tout à fait juste de comparer frontalement l’efficacité sur l’innovation du crédit d’impôt d’une part et de l’aide ou subvention de l’autre. En effet, ces deux modes de financements sont véritablement complémentaires et n’interviennent pas au même moment du projet R&D. En outre, ils dessinent deux façons de mener une politique de développement de l’innovation, fondées sur une perception différente du ‘‘temps stratégique’’. Pour les Allemands, chantres de l’aide directe, le ‘‘temps stratégique’’ se situe avant ou lors la mise en place du projet de R&D, favorisant l’initiative des entreprises. Pour les Français, utilisateurs du CIR, c’est le ‘‘temps de l’accompagnement’’ qui est privilégié : l’importance est accordée au développement de la R&D. De plus, le dispositif CIR permet de soutenir l'ensemble des activités de R&D de l'entreprise et donc des prises de risque favorables à l'émergence d'innovations dans tous les domaines, alors que les aides directes sont là pour orienter la R&D des entreprises privées selon la stratégie dessinée par les pouvoirs publics », analyse Abbas Djobo.

Les entreprises innovantes augmentent leur R&D

Les entreprises innovantes restent relativement optimistes : 73,7 % des entreprises se disent confiantes dans l’avenir. Elles sont 86,7 % à avoir maintenu, voire augmenté, leur budget R&D (dont 47,5 % en hausse nette) sur les 3 dernières années. Les entreprises françaises sont parfaitement en ligne avec leurs voisines européennes (89,3 %). En tête, devant l’Allemagne (+56 %) c’est la Belgique qui connait la plus grande hausse des investissements R&D avec +69 %. Un bémol cependant pour les entreprises espagnoles à +36 %. Concernant l’embauche, 46 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs R&D dans les 12 prochains mois, niveau honorable, avec un groupe de tête Allemagne (72 %) et France (60 %) et de queue avec la Pologne, Hongrie, Espagne, Portugal (30-35 %).

Quant à leur stratégie, 56 % des entreprises accordent la priorité à l’innovation. Bien que prépondérante dans les pays européens, l’innovation est moins prégnante, elle passe de 70 % en 2010 à 56 % en 2011 dans la liste des priorités au profit de la qualité et du lancement de nouveaux produits. Faut-il en conclure que les entreprises européennes se détournent de l’innovation pour autant ?

La réponse est plus nuancée : si elle reste pour les pays comme l’Allemagne (79 %) et la France (66 %) une priorité, c’est moins le cas pour des pays comme la République Tchèque, la Pologne ou le Portugal, qui misent d’avantage sur la qualité et la génération de nouveaux produits. Il faut y voir la conséquence à la fois de la crise et de la situation de ces pays dans la chaîne de l'innovation où ils évoluent essentiellement en qualité de sous-traitant.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.almacg.com
 

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