Nous suivre Industrie Techno

Le correcteur d’orthographe des programmes d'automates

Charles Foucault
Le correcteur d’orthographe des programmes d'automates

PLC Checker réduit et simplifie la maintenance des programmes d'automates.

Quand un automate bug à l’usine, les conséquences sont bien plus graves que lorsque le PC ''plante'' à la maison ou même au bureau. Paradoxalement les tests logiciels sont peu répandus dans l’automatisme. Les démarches qualité se sont jusqu’alors concentrées sur le matériel et non sur les programmes. Pourtant, avec des codes automates de plus en plus critique, le besoin de standardisation est là. IAS l’a compris et a lancé PLC Checker, le vérificateur de programmes d'automates.

Depuis 1995, Itris faisait de la programmation d’automates. Depuis que la société est devenue Itris Automation Square (IAS) en 2008, elle s’est dédiée au débogage de ces programmes. « Contrairement au secteur informatique, les démarches qualité dans le domaine de la programmation d’automates ne sont que très peu développées », explique Eric Pierrel, directeur marketing d’IAS. Hors, dans l’automatisme les utilisateurs finaux ne sont pas les programmateurs. C’est un intégrateur qui ajoute le programme au matériel, sans en assurer la maintenance. De plus, un automate peut avoir une durée de vie de 20 ans. Si sa programmation n’est pas normalisée, le technicien qui prend en charge sa maintenance se retrouve face à un casse-tête. « Pourtant il doit faire vite ! Imaginez le coût d’arrêt de la chaine de production quand il sort une voiture par minute », commente Laurent Mauguy , responsable activités transversales en automatisme pour PSA.

C’est en partant de ce constat que l’entreprise grenobloise a mis au point PLC Checker, service de vérification des règles de codage des programmes d’automates. PSA en a suivi le développement et a mis en place ce contrôle dans le processus d’installation d’automates dans ses usines. « Avant, quand nous recevions un programme d’un fournisseur la vérification était faite en interne manuellement. Cela pouvait prendre une semaine et il restait souvent des erreurs », se rappelle Laurent Mauguy. Désormais, entre la programmation par l’intégrateur et le lancement en production, PLC Checker vérifie si le programme suit bien les règles de codage définies par PSA. Des règles assurant la robustesse (pas de division par zéro, variables accessibles, pas de ligne de codes laissée en commentaire suite à un test) et la lisibilité (noms des variables, présence de commentaires). « Cette formalisation de l’analyse, grâce à la définition claire d’objectifs chiffrables et mesurables, améliore les relations client/fournisseur, tout en harmonisant les programmes automates au sein de l’entreprise », assure Eric Pierrel.

Une vérification en quelques secondes

Le modèle économique choisi par IAS est le SaaS (Software as a service). Pour lancer une analyse sur PLC Checker l’automaticien entre le code sur une interface Web. L’opération de débogage s’effectue sur les serveurs d’IAS. Les résultats sont retournés sur l’ordinateur de l’automaticien en quelques secondes, maximum 5 minutes pour des programmes très complexes. Cela permet une collaboration entre l’utilisateur final et l’intégrateur, qui peuvent tous deux avoir accès à l’interface. Il est aussi possible de comparer différents programmes ou de les grouper par projet.

Pour être totalement indépendant du matériel lors de cette opération de débogage, les programmes automates (sur des installations estampillées Schneider Electric, Rockwell Automation ou Siemens) sont traduits dans un langage pivot, baptisé Glips. C’est seulement une fois cette abstraction réalisée que sont vérifiées les règles de codage. Pour PSA, l’avancée est conséquente : « on attend le rapport de PLC Checker avant de réceptionner une installation de la part de l’un de nos nombreux intégrateurs, y compris dans nos usines à l’étranger. On ne paye pas avant ». Un nombre illimité de tests sur un programme donné coutera autour de 1 000 euros à l’intégrateur. En 2009, une centaine de programmes d’automates installés chez PSA par plus de 30 fournisseurs ont eu leur diplôme PLC Checker.

Surfant sur ce besoin de standardisation dans la programmation d’automates, IAS est désormais en contact avec des sociétés comme EDF, GDF Suez ou la Compagnie Nationale du Rhône qui évaluent l’apport d’une telle procédure. Eric Pierrel estime entre 25 à 50 millions d’euros par an, à l’échelle mondiale, ce marché naissant. IAS ambitionne d’en convaincre 10 %.

Charles Foucault.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Pour aller plus loin

Avis d'expert

Pour aller plus loin

%%HORSTEXTE:1%%%%HORSTEXTE:2%%%%HORSTEXTE:3%%%%HORSTEXTE:4%% Vocabulaire professionnel Actionneur unilatéral Dispositif ne permettant[…]

Un voilier autonome traverse l'Atlantique en 80 jours

Un voilier autonome traverse l'Atlantique en 80 jours

Industrie 4.0 : retour vers les systèmes mécaniques automatisés

Industrie 4.0 : retour vers les systèmes mécaniques automatisés

[Avis d’expert] Comment l'intelligence artificielle va impacter l'industrie

[Avis d’expert] Comment l'intelligence artificielle va impacter l'industrie

Plus d'articles