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Le CO2 éteint tout !

E. H. / T.C.A.
Le CO2 éteint tout !

L'installation de vannes et l'armoire de commandes du système d'extinction au CO2.

© D.R.

Pour les deux types de feux qui menacent le fabricant de tôles peintes, l'installation s'appuie sur le CO2. Mais avec des modalités de détection et de largage différents.

Sur la commune de Révigny-sur-Ornain (Meuse), en pleine Lorraine, le site ArcelorMittal Construction France, à Contrisson, reçoit par chemin de fer des bobines d'acier. Elles y sont décapées, laminées, puis galvanisées et peintes pour fournir d'autres usines européennes du groupe qui fabriquent des produits finis de construction.

Des départs rapides ou des feux braisants

En aval du laminage, les opérations de peinture font l'objet d'une attention particulière en matière de sécurité incendie. En effet, après avoir été enrichi par des opérations de traitement de surface, le ruban de tôle parvient sur l'une des deux lignes de peinture (baptisées LG1 et LG2) pour recevoir une couche primaire. Elle est séchée à 300 °C au sein d'un four électrique vertical à induction magnétique. Après refroidissement, la couche finale est apposée et cuite dans la foulée selon un procédé identique. Pour chaque ligne de peinture, on compte donc deux têtes de peinture et deux fours verticaux à induction magnétique.

En 2005, à la suite d'essais incendie non concluants sur la ligne LG2, les responsables sécurité de l'usine confient à Siemens Building Technologies (SBT), la mission de concevoir et de mettre en oeuvre une solution efficace et pérenne. « Il faut dire que, dans la solution précédente, des dépôts dus à la concentration de solvants dans les fours venaient encrasser les capteurs... », explique Alexandre Kujawa, chargé de mission sécurité Arcelor Mittal Construction France.

À Révigny-sur-Ornain, deux types de feux menacent : au niveau des têtes, les risques de départ de feu sont très rapides à cause de la présence de liquides inflammables, alors que les feux susceptibles de survenir dans les fours sont profonds et de type braisant. Idée force de SBT : traiter le tout avec un agent extincteur commun, le CO2 liquide basse pression. « Ce gaz inerte correspond le mieux aux solvants. De plus, il reste stable, une fois émis. C'est important, notamment pour couvrir des objets se trouvant en atmosphère non confinée, comme dans le cas des têtes de peinture », ajoute Philippe Charlot, directeur du marché Industrie en France de SBT.

Un cas érigé en exemple national

À ces deux différents types de risque, correspondent deux technologies spécialement adaptées. Dans le cas des têtes, les feux peuvent partir très vite, sans précombustion, il faut donc les détecter et les éteindre très rapidement. En détection, le système agit ainsi en protection d'objet avec des détecteurs de flammes double Infrarouge DF1192 de chez SBT. Ils fournissent une double analyse : ils détectent la longueur d'onde (4,7 µm) et la pulsation de la flamme dans un spectre de 1 à 30 Hz. En cas de départ de feu, ce sont alors 1 500 kg de CO2 liquide basse pression qui sont lâchés en trente secondes à partir d'un carrousel de buses équipées chacune d'une cloche de diffusion.

En ce qui concerne les fours, les capteurs sont positionnés, non plus dans le four, mais dans les gaines d'extraction, et cela afin d'éviter le problème d'encrassement. Côté capteurs, SBT avait initialement misé sur des détecteurs triple infrarouge de chez Det-Tronics. Problème, ils étaient perturbés par les inducteurs magnétiques. D'où de nombreux déclenchements intempestifs.

La solution sera trouvée avec des capteurs d'étincelle de GeCon auxquels sont ajoutées des sondes de température Fenwall de chez Fox-Concept. Pour l'extinction à l'intérieur du four, six buses percées de quatre trous de 7 mm de diamètre sont chargées de cracher le CO2 jusqu'à une teneur de 34 %.

L'installation une fois réalisée, une séance de tests est organisée en présence de l'assureur, AGF. Résultat concluant. ArcelorMittal Construction France décide alors d'adopter la même solution sur la ligne LG1. Et l'assureur d'ériger ce cas en exemple national lors d'un colloque technique sur l'extinction au CO2.

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