Nous suivre Industrie Techno

Le CNRS récompense ses chercheurs les plus innovants

Le CNRS récompense ses chercheurs les plus innovants

Patrick Maestro, l'un des médaillés, a été le maître d'oeuvre du rapprochement entre Solvay et le CNRS

© cnrs/solvay

La médaille de l'innovation 2015 du CNRS a été décernée à Jérôme Chevalier, Patrick Maestro, Jean-Michel Morel et Sylviane Muller. Cette prestigieuse distinction récompense des personnalités dont les recherches exceptionnelles conduisent à des innovations marquantes sur le plan technologique, thérapeutique et sociétal.

 

Jérôme Chevalier, Patrick Maestro, Jean-Michel Morel et Sylviane Muller recevront le 10 juin prochain la médaille de l'innovation du CNRS. Une distinction qui récompense des innovations technologiques, en plus de la qualité des recherches de ces scientifiques. Preuve que les recherches menées au CNRS aboutissent bien à des innovations qui arrivent sur le marché. Une étude menée en 2014 par le CNRS montrait d'ailleurs que le premier publiant scientifique mondial sait valoriser les trouvailles de ses chercheurs. 1 026 entreprises émanant du CNRS ont été créées depuis 1999, selon l’organisme.

Patrick Maestro

Membre fraîchement élu de l'Académie des technologies, ce chimiste de 62 ans est une pointure dans le domaine des matériaux. Sa spécialité ? Les composés à base d'oxydes de terres rares que l'on retrouve aujourd'hui, en partie grâce à lui, dans les lampes à basse consommation (LED), dans les catalyseurs de postcombustion des voitures ou comme pigments dans les plastiques. Mais Patrick Maestro, 60 publications et 15 brevets à son actif, a également innové dans l'art de faire travailler de concert recherche publique et monde industriel. Nommé directeur scientifique de Rhodia en 2007, puis de Solvay en 2011, il a grandement contribué à leur rapprochement avec le CNRS à travers, notamment, la mise en place de laboratoires en France tels que le Laboratoire polymères et matériaux avancés (CNRS/Solvay) ou le Laboratoire du futur (CNRS/Solvay/Univ. de Bordeaux), et même à l'étranger avec la création en 2010 à Shangaï de l'Unité mixte internationale E2P2L (CNRS/Solvay/ENS Lyon/Univ. de Lille-I/UCCS/Ecnu/Fudan).

                                     >> Lire aussi : Les 50 qui font l'innovation en France: portraits de 50 personnalités incontournables sélectionnées par Industrie & Technologies, dont Patrick Maestro

Jérôme Chevalier

Directeur depuis janvier 2014 du Laboratoire matériaux : ingénierie et science (CNRS/Insa de Lyon/UCBL), il est un spécialiste reconnu internationalement de la conception de céramiques innovantes et notamment de biocéramiques. Cet enseignant-chercheur de 44 ans a proposé des améliorations majeures pour augmenter la durabilité des prothèses orthopédiques et dentaires en céramique. Il est également à l'origine de nouveaux composites utilisés en chirurgie pour remplacer les tissus osseux et de matériaux supports de la régénération tissulaire. Ses travaux s'étendent aussi au-delà du domaine biomédical : il a ainsi contribué à la mise au point de céramiques à coefficient de dilatation nul pour la fabrication de miroirs spatiaux ou encore de supports de catalyse destinés à l'industrie pétrolière.

 

 

Jean-Michel Morel

Spécialiste de l'analyse et du traitement d'images, ce mathématicien de 61 ans, fervent théoricien, ne se doutait pas à ses débuts que ses travaux allaient changer la vie des industriels et du grand public. Depuis, ses puissants algorithmes de débruitage d'images (pour en supprimer les perturbations appelées "bruit") améliorent la miniaturisation des caméras des téléphones portables, notamment ceux conçus par la société DxO Labs. Et, en partenariat avec le Cnes, son équipe du Centre de mathématiques et de leurs applications (CNRS/ENS Cachan/Univ. Paris-Saclay) a aidé à la conception de satellites d'observation de la Terre et à la cartographie de cette dernière en relief à haute précision. Son credo : théoriser et résoudre tous les problèmes que les industriels lui soumettent. Depuis quelques années, il a aussi enfourché un nouveau cheval de bataille : le partage et l'expérimentation en ligne des algorithmes, via le journal Ipol, ouvert aux chercheurs et aux industriels, premier outil du genre qu'il a créé sur Internet.

 

Sylviane Muller

Entrée au CNRS en 1981, elle dirige depuis 2001 l'Unité immunopathologie et chimie thérapeutique du CNRS, à Strasbourg. C'est dans ce laboratoire que cette biologiste née en 1952 a découvert avec son équipe l'effet thérapeutique du peptide P140 sur le lupus. Le lupus est une maladie auto-immune qui affecte plus de 5 millions de patients dans le monde et contre laquelle il n'existe aucun traitement spécifique. Un candidat médicament a été développé à partir de P140 : le Lupuzor. Les essais cliniques réglementaires menés auprès de 150 patients ont montré que l'administration du produit est bien tolérée et que le Lupuzor fait régresser les symptômes de manière statistiquement très supérieure au placebo. Une demande d'autorisation de mise sur le marché doit prochainement être constituée. Lauréate de la médaille d'argent du CNRS en 2009, Sylviane Muller est également à l'origine de 26 brevets. Elle est par ailleurs cofondatrice de deux entreprises, dont ImmuPharma, détentrice exclusive de la licence du Lupuzor et cotée à la bourse de Londres.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Une nouvelle membrane pour l’adsorption et le stockage de gaz

Fil d'Intelligence Technologique

Une nouvelle membrane pour l’adsorption et le stockage de gaz

Des chercheurs américains ont créé une membrane en forme de sandwich aux boulettes de viande : des nanoparticules de carbone[…]

14/10/2020 |
Lactips pose la première pierre de son usine de bioplastiques à base de lait

Lactips pose la première pierre de son usine de bioplastiques à base de lait

Un nouveau type de réacteur chimique qui joue sur la non-miscibilité de liquides

Fil d'Intelligence Technologique

Un nouveau type de réacteur chimique qui joue sur la non-miscibilité de liquides

Un transistor organique haute performance pour l’électronique imprimée

Fil d'Intelligence Technologique

Un transistor organique haute performance pour l’électronique imprimée

Plus d'articles