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Le Cnit fait peau neuve

JEAN-FRANÇOIS PREVÉRAUD jfpreveraud@industrie-technologies.com

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La mise en place d'une nouvelle étanchéité sur la voûte du Cnit clôt 11 ans de travaux de restructuration au coeur du quartier d'affaires de La Défense. Matériaux, équipements de réalisation, engins de manutention... Les technologies mises en oeuvre sont à hauteur des défis à relever. Zoom sur les points clés de ce chantier hors du commun.

Inauguré en 1958, le Centre national des industries et technologies (Cnit) est depuis l'origine le coeur et le symbole du quartier d'affaires de La Défense aux portes de Paris. Au fil des rénovations, il est passé de simple hall d'exposition de 100 000 m2 à un complexe moderne accueillant sur 240 000 m2, un centre de congrès et d'expositions, un centre d'affaires, un hôtel de 150 chambres, des bureaux et des services (commerces, restaurants...), et un parking de 1 135 places. La dernière restructuration, qui a duré 11 ans, s'achève par un chantier exceptionnel, celui de l'étanchéité de la voûte.

Des plaques de verre épousent la voûte

Elle se compose de deux voiles minces de béton (6 cm d'épaisseur) caissonnées, dont la surface extérieure développée de 22 500 m2, originellement laissée brute, a reçu divers revêtements de protection au fil des entretiens (peintures, résines...) qui s'érodaient vite. Cette fois, Unibail-Rodamco, le maître d'ouvrage, a demandé qu'une solution définitive soit apportée, tant pour assurer l'étanchéité (en cas de gros orage, la voûte reçoit jusqu'à 33 m3 d'eau par minute) que pour garantir la pérennité même de l'ouvrage.

« Plusieurs contraintes spécifiques à ce chantier ont guidé nos études », explique Gilles Delpuech, responsable de SECC, le bureau d'études techniques spécialisé en couverture et étanchéité responsable du chantier. « Tout d'abord, le poids ajouté devait être minimum. Ensuite nous ne pouvions faire aucun trou dans le béton. Enfin l'aspect extérieur devait être conservé ». Un problème d'autant plus complexe que la surface évolue en 3D.

« Des paramètres qui nous ont poussés à utiliser des plaques de verre cellulaire FoamGlass de Pittsburgh Corning de 6 cm d'épaisseur, incisées pour suivre la forme, puis collées en plein sur le béton et jointoyées à l'aide de bitume chauffé à 210 °C. Le tout étant recouvert d'une feuille PVC blanche de 1,2 mm, vitrifiée en surface et autonettoyante fixée par une colle polyuréthane. »

Le verre cellulaire a été retenu car il présente un coefficient de dilatation thermique proche de celui du béton (9 x 10-6), ce qui est important vu les portées. En effet sous l'action de la chaleur, le tympan se déplace verticalement de 40 cm au fil des saisons. Des déplacements qui seront réduits de 40 % avec l'isolation apportée par le verre cellulaire. Celui-ci est de plus résistant à la compression (7 à 9 daN.cm2), étanche à l'eau, léger, facile à mettre en oeuvre et écologique, car composé à plus de 60 % de verre recyclé.

Reste que la mise en oeuvre a été, elle aussi, un véritable défi. « Les pentes et les formes inhabituelles de cette toiture nous ont empêchés de prévoir avec exactitude la méthodologie quasi-industrielle à mettre en oeuvre pour améliorer la productivité et garantir la qualité d'exécution, ainsi que les cadences des équipes de pose, sur ce qui restera l'un des plus gros chantiers d'étanchéité de couverture de France », constate Jean Passini, PDG de SNA, entreprise qui a réalisé l'étanchéité.

Veiller à la sécurité du personnel du chantier

Pour s'adapter à la forme de l'ouvrage et à la nature des travaux à réaliser, il a fallu développer des installations de chantier et d'accès aux zones de travail spécifiques. Ce sont par exemple des nacelles élévatrices à géométrie variable. Autre point fort, la sécurité du personnel, qui a compté jusqu'à 30 personnes présentes simultanément. « Les intempéries ont handicapé le chantier, puisque la forme de la voûte interdit pour des raisons de sécurité le travail en cas de pluie, de givre ou de neige. Cela a conduit à 160 jours d'arrêt sur les deux années qu'a duré le chantier ».

Le coût total de l'opération est de l'ordre de 10 millions d'euros, alors que celui de l'ensemble de la restructuration du Cnit se situe aux alentours de 250 millions d'euros. c

LA VOÛTE EN CHIFFRES

46 m DE HAUT 218 m DE CÔTÉ 22 500 m2 DE SURFACE DÉPLOYÉE La voûte est constituée de deux peaux de 6 cm d'épaisseur maintenues par des cloisonnements verticaux et longitudinaux, formant des caissons où des trous d'homme permettent la circulation pour inspection. Son poids total est de 5 600 tonnes, soit une moyenne de 400 kg/m². La poussée sur chacune des 3 culées est de 8 400 tonnes et celle au niveau du tympan estde 2 000 tonnes. Des tirants en câbles métalliques évitent l'écartement des culées de 14 m de profondeur.

STABILITÉ

La mousse de verre va isoler thermiquement la voûte et réduire de 40 % ses déplacements verticaux.

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