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Le Cnes met 4 start-up françaises innovantes à l'honneur

Marina Angel

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Le Cnes met 4 start-up françaises innovantes à l'honneur

O'Sol développe des systèmes énergétiques portables dotés d'un système de déploiement des panneaux solaires inspiré des systèmes spatiaux.

© O'Sol

Le Cnes vient de tenir à Toulouse la quatrième édition de sa Journée de l’Innovation. L'occasion de faire le point sur les perspectives en matière de recherche et technologies, tant pour les systèmes orbitaux que pour les lanceurs, mais aussi d’évoquer l'évolution de ses partenariats public-privé et sa stratégie d'ouverture, notamment en direction des PME et des start-up.

La Journée de l'Innovation, organisée à Toulouse par la Direction de l'Innovation, des Applications et de la Science (DIA) du Cnes, a été l'occasion pour Jean-Yves Le Gall, président du Cnes, de revenir, en ouverture, sur les succès de l’année 2018. Ils n'ont pas manqué, que ce soit dans le domaine des lanceurs avec le 100ème lancement d’Ariane 5, de la science au travers des grandes missions d’exploration qui ont jalonné l'année, de l’observation avec la mise en orbite de MetOp-C et CFOSat, ou des télécoms, avec le lancement de quatre nouveaux satellites Galileo ou encore le début des opérations de CSO-1, au bénéfice de la Défense. Le président du Cnes a insisté sur le rôle et la place de la France, qui reste le 2ème contributeur du spatial, derrière les Etats-Unis, mais devant de nombreux autres pays, avant de souligner l'importance du Cnes dans cette dynamique nationale. « A l'heure où le spatial est soumis au vent de la 3ème révolution industrielle, celle qui conjugue le numérique et la mondialisation, nous sommes amenés à repenser nos partenariats publics-privés », a souligné pour sa part Gilles Rabin, directeur de l'Innovation au Cnes. Au-delà des grands partenaires historiques que sont Thales et Airbus Defence and Space, le Cnes cherche à accélérer son ouverture en direction d'autres acteurs et à favoriser des collaborations nouvelles tant avec des PME que des start-up. Démonstration avec 4 start-up françaises, mises à l'honneur à cette Journée de l'Innovation.

Coup de projecteur sur 4 start-up

Elles ont toutes les 4 en commun de valoriser des applications du spatial et de bénéficier d'accompagnement du Cnes à travers différentes initiatives pour booster la création d'entreprises et l'innovation, que ce soit via les concours ActInSpace, co-organisés avec l'Esa, ou dans le cadre de son implication au sein de l'incubateur Station F.
Créée en 2016 à Cannes et incubée au sein de MonacoTech, O'Sol développe des systèmes énergétiques portables, équipés soit d'une batterie très compacte, soit d'un générateur solaire déployable. Lauréate du concours ActInSpace, la société s'est inspirée du système de déploiement des panneaux solaires des systèmes spatiaux pour la transposer dans une application terrestre. « Nous apportons l 'électricité en situation de mobilité avec une solution portable, compacte et légère adaptée aussi bien aux activité de camping, qu'à l'événementiel ou aux missions de terrain des ONG », précise Idriss Sisaïd, le président d'O'Sol.
De son côté, Magma, créée en juin 2018 et accompagné par l'incubateur Paris & Co, propose une solution globale de suivi des équipements logistiques (containers, trolleys, palettes...), basée sur un brevet Cnes. Grâce à une connection avec le système d'information du client, Magma trace à la fois les contenants et les contenus, pour un meilleur suivi des biens.
 
Géoflex est opérateur de nouveaux services d'augmentation GNSS (Global Navigation Satellite Systems - GPS, Glonass, Beidou et Galileo), qui reposent sur une technologie innovante développée par le Cnes, baptisée PPP-Cnes (Positionnement Ponctuel Précis). Elle permet de se positionner avec une grande précision (jusqu'à 4 cm), en temps réel et partout dans le monde (sur terre, sur mer et dans les airs jusqu'à 25 000 km d'altitude), très simplement, avec un seul récepteur et sans station GNSS permanente à proximité. Créée en 2012 et incubée à Incuballiance, à Orsay, Geoflex, après plusieurs années de R&D, propose ses premières briques d'exploitation. Engagée sur plusieurs projets liés aux nouvelles mobilités, que ce soit pour du suivi de flotte de vélos urbains ou pour des systèmes d'aide à la conduite, la start-up est en pleine accélération. Une levée de fonds de 1 million d'euros a été concrétisée en septembre 2018 auprès de Demeter, pour accompagner le déploiement de ses services et muscler ses équipes. L'effectif a été doublé sur les 5 derniers mois et la start-up, qui emploie à ce jour 10 salariés, compte recruter une quinzaine d'emplois supplémentaires d'ici fin 2019.
La start-up parisienne Geegle, créée il y a 2 ans et demi, a développé quant à elle, un logiciel qui permet, à partir d'algorithmes d'intelligence augmentée, d'optimiser le choix d'architectures dans le cadre de projets d'ingénierie collaborative, en automatisant certaines étapes dans les méthodes de conception et d'ingénierie. « Une aide à la conception de systèmes complexes et interdisciplinaires, qui permet d'identifier très tôt les opportunités et les compromis de conception pour faire les bons choix et lancer les investissements », insiste Vincent Holley, son président et fondateur. La société, qui emploie actuellement 5 personnes, compte déjà des premiers clients en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, dans l'industrie automobile et le nucléaire. Elle participe depuis peu au programme de conception des futurs drones martiens du Cnes.

Développer des sources alternatives de financement

Cette ouverture du Cnes en direction des PME et des start-up s'accompagne aussi par de nouveaux types d'accompagnements financiers. Un sujet mis à l'ordre de cette nouvelle édition de la Journée de l'Innovation. Dans l’optique de favoriser l’innovation, la coopération avec le tissu industriel français et l’émergence de nouvelles start-up, le CNES travaille activement sur différentes sources alternatives de financement. En 2018, a été lancé un fonds d’investissement dont la gestion a été confiée à CapDecisif Management, en faveur des entreprises liées au spatial et à ses applications. Ce dernier a pour objectif de réunir entre 80 et 100 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels et industriels. Le CNES est aussi partenaire de la Banque Publique d’Investissement afin de permettre le co-financement de projets. Tous ces mécanismes ont été longuement détaillés devant un parterre très attentif d'acteurs industriels venus de toute la France. L'innovation sera aussi au cœur d'autres grands rendez-vous prévus en 2019, dont le Séminaire de Prospective Scientifique du Cnes, organisé tous les 5 ans et qui se tiendra cette année au Havre du 8 au 10 octobre, ou le Conseil ministériel de l’ESA prévu à Séville, les 27 et 28 novembre prochain.

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