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« Le Cnes est un vecteur d’innovation au service de l'emploi »

« Le Cnes est un vecteur d’innovation au service de l'emploi »

Jean Yves Le Gall

© CNES

Le vendredi 13 septembre, le président du Cnes Jean-Yves Le Gall rencontrait le directeur du Jet Propulsion Laboratory (JPL), un laboratoire de la Nasa, et le président du CalTech, une des plus importantes universités américaines, pour faire le point sur les coopérations franco-américaines, dont le robot Curiosity est un des fruits. Cette semaine, il rencontre les acteurs du spatial Chinois. Symbole de l'excellence scientifique de la France dans le domaine du spatial, le Cnes impose partout dans le monde son savoir-faire technologique. Le point avec Jean-Yves Le Gall, président du Cnes depuis le 3 avril 2013.

I&T : Après le succès en cours de la mission du robot Curiosity, sur quels projets le Cnes pourrait-il encore être amené à collaborer avec les grandes agences américaines, en particulier la Nasa ?

Jean-Yves Le Gall : Le Cnes a une tradition très ancienne de coopération avec les Etats-Unis qui sont aujourd’hui notre premier partenaire international. Le projet le plus récent sur lequel nous sommes présents est bien sûr le robot Curiosity qui parcourt la surface de Mars et qui est équipé de deux instruments développés en France, ChemCam et Sam qui nous permettent d’analyser la nature du sol martien. Cette coopération va se poursuivre avec dès 2016, le lancement de Insight, une autre mission martienne qui emportera un sismomètre développé en France, qui mesurera l’activité sismique de Mars. Et au-delà, nous parlons déjà de Mars 2020, le jumeau de Curiosity, mais avec de nouveaux instruments et probablement de nouveaux instruments français.

I&T : Sur quels projets internationaux travaillez-vous actuellement ?

J-Y L G : Au-delà de notre programme européen, conduit pour l’essentiel dans le cadre de l’Agence spatiale européenne (ESA), le Cnes a construit des coopérations avec l’ensemble des puissances spatiales de la planète. Nous sommes très actifs avec les Etats-Unis, avec la Russie nous avons implanté un pas de tir pour les fusées Soyouz au Centre spatial guyanais, avec l’Inde nous avons lancé les satellites Megha-Tropiques et Saral-Altika pour l’étude du climat, avec la Chine nous mettons en place des coopérations scientifiques, avec le Japon nous faisons de la recherche et de la technologie, avec le Brésil nous nous intéressons à notre planète…  

I&T : Quelles sont les atouts dont dispose le Cnes, au sein de ces coopérations ? Sur quels domaines de compétences va-t-il  s’orienter dans le futur ?

J-Y L G : Pour développer ces coopérations, le Cnes a un atout majeur représenté par ses centres d’excellence, pour les satellites à Toulouse, pour les lanceurs à Paris et pour leur mise en œuvre en Guyane. Ce sont ces compétences que nos partenaires internationaux souhaitent partager et qui font que nous sommes un établissement avec lequel, dans le monde entier, on souhaite coopérer. Pour l’avenir, nous misons plus que jamais sur l’innovation, innovation technologique pour les satellites ou économique pour les lanceurs, pour être certains que nous aurons toujours de l’avance sur nos partenaires et que nous aurons toujours un pouvoir d’attraction. 

Les avancées technologiques qui naissent de ces collaborations trouvent-elles ensuite des applications dans l’industrie, notamment en France. Avez-vous des exemples ?

J-Y L G : Nous avons l’habitude de dire que le Cnes est un vecteur d’innovation au service de l’emploi. En fait, l’une de nos raisons d’être est de développer des systèmes innovants pour qu’ensuite, nos industriels puissent créer de l’activité et donc de l’emploi. A ce titre, ce que nous faisons avec nos partenaires internationaux a des retombées multiples. L'exemple le plus frappant est l’océanographie, qui a permis la création d’un véritable tissu industriel en Midi-Pyrénées pour exploiter les données des satellites que nous avons développés avec nos partenaires internationaux.  

I&T : Pouvez-vous nous en dire plus sur le laboratoire Lases, destiné à favoriser le développement de missions et de projets bilatéraux ?

J-Y L G : Ce laboratoire, que nous venons de mettre en place avec le CalTech est en fait un véritable incubateur d’idées. Le principe en est très simple : faciliter les rencontres et le travail conjoint de scientifiques français et américains. Pouvoir envoyer facilement nos ingénieurs aux Etats-Unis, pouvoir accueillir en France leurs collègues américains, c’est cela qui permet d’amorcer des coopérations. En résumé, on commence par traverser l’Atlantique et on finit par explorer la surface de Mars…

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