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Le chimiste allemand Covestro produit un précurseur du polyuréthane à partir de CO2 plutôt que de pétrole

Quentin Fenech
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Le chimiste allemand Covestro produit un précurseur du polyuréthane à partir de CO2 plutôt que de pétrole

L'usine Covestro de Dormagen, en Allemagne, produit 5000 tonnes par an de polyols à partir d'une matière première constituée à 20% de CO2.

© Covestro

Finalistes du prix de l’inventeur européen dans la catégorie industrie, les allemands Christoph Gürtler et Walter Leitner ont représenté l’alliance entre le chimiste Covestro et l' l’institut Max Planck, à l'origine d'un procédé visant à remplacer les dérivés pétroliers par le CO2 pour fabriquer un composé précurseur du polyuréthane.

Ils n'ont pas gagné jeudi dernier, mais leur technologie a tout de même atteint la finale du prix de l'inventeur européen, dans la catégorie industrie. Les allemands Christoph Gürtler, chef des technologies d’incubation et de catalyse chez le chimiste Covestro, et Walter Leitner, directeur de catalyse moléculaire à l’institut Max Planck, ont présenté un procédé permettant de remplacer partiellement les dérivés du pétrole par du CO2 pour fabriquer un composé précurseur du polyuréthane.

Le procédé consiste à ajouter des molécules de CO2 dans des dérivés du pétrole pour obtenir par réaction catalytique des polyols, des composés organiques dotés de groupements hydroxyles le long d’une chaîne de carbone. Il été développé avec la collaboration démarrée en 2007 entre Walter Leitner et l'équipe de Christoph Gürtler.

Les polyols sont notamment utilisés pour synthétiser des polyuréthanes, qui possèdent de nombreux usages dans la vie de tous les jours : mousse flexible pour matelas, liant de revêtement pour les salles de sport ou encore des fibres textiles élastiques pour les vêtements. 

5000 tonnes produites annuellement à partir du CO2 rejeté par une usine d'ammoniac

Ce procédé est déjà utilisé : Covestro produit aujourd’hui 5000 tonnes par an de cet intermédiaire appelé cardyon® en utilisant le CO2 rejeté par une installation de production d’ammoniac.

Cependant, les polyols ainsi fabriqués n'incorporent qu'une part minoritaire de CO2, soit environ 20%. « C'est pour le moment la proportion maximale, recommandée utilisable, que l'on ne devrait pas excédée pour ne pas trop dénaturer les propriétés des polyols, pointe Christoph Gürtler. Nous pouvons chimiquement aujourd’hui obtenir un produit avec 50% de CO2 mais ce matériau n’intéresse personne sur la planète aujourd’hui. »

Pas question, cependant, de renoncer à aller plus loin : « Réussir à obtenir le premier matériau, c'était un premier rêve. Maintenant, le nouveau rêve, c'est obtenir par la catalyse des matériaux issus à 100% de carbone non fossile, avance Walter Leitner. Nous avons un partenariat en ce sens. »

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