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La semaine de Jean-François Prevéraud

Le Cetim : catalyseur de l’innovation mécanicienne

Jean-François Preveraud
Le Cetim : catalyseur de l’innovation mécanicienne

Le pistolet de scellement sous-marin SUB 150 issu d'un co-développement entre Suprameca et le Cetim.

© DR

A l’occasion du prochain salon Industrie, qui se tiendra au Parc des Expositions de Paris Nord - Villepinte du 22 au 26 mars, le Centre Technique des Industries Mécaniques a fait le point sur ses activités.

« Années après années la taxe parafiscale, que nous percevons auprès de 7 500 entreprises cotisantes, diminue et la crise n’a pas arrangé les choses », constate Christophe Garnier, directeur de la communication du Centre Technique des Industries Mécaniques (Cetim). « Ainsi, elle a baissé de 11 % en 2009, représentant 59,4 millions d’Euros et elle ne devrait pas dépasser les 50,5 M€ en 2010, soit une nouvelle baisse de 18 %. Heureusement, dans le même temps, nous développons nos ressources propres, ce qui nous permet de maintenir notre budget global aux alentours de 100 M€ ».

Si l’on regarde en détail les travaux réalisés par le Cetim, on s’aperçoit que les actions mutualisées au service des industries mécaniques représentent 60 % des activités. Cela se décompose à raison de : 70 % pour des actions de R&D ; 25 % pour la diffusion des résultats et 5 % pour l’anticipation. Pour les 40 % correspondant aux prestations commerciales, la décomposition se fait à hauteur de : 37 % pour de l’ingénierie et de l’aide à la conception ; 35 % pour des essais et des simulations ; 28 % pour du conseil, de la formation et de l’expertise.

« La récente tenue des Etats Généraux de l’Industrie et les directions données pour le Grand Emprunt, nous conforte dans notre stratégie qui vise à amplifier notre action en faveur de l’innovation dans l’industrie mécanique française », estime Philippe Choderlos de Laclos, directeur général du Cetim.

Déjà de multiples réalisations

Cela s’est traduit dans les faits par la création en 2009 de l’Institut de Mécatronique, en partenariat avec l’Université de Technologie de Compiègne (UTC), qui est un centre d’excellence formant chaque année plus de 30 ingénieurs de l’UTC aux spécialités de l’hydraulique et de la mécatronique ; ou encore par la création de Valortim, une structure mixte de R&D montée, là aussi, avec l’UTC. Elle travaille sur la surveillance vibratoire des machines ; la programmation et la supervision de bancs d’essais ; la détection d’obstacles en roulant et la gestion de projets mécatroniques (Codev pour la conception d’un capteur de couple à fibres optiques ; FUI pour le chargement automatisé de conteneurs ; Cisscoh pour les bruits d’écoulement dans les composants hydrauliques).

Cette aide à l’innovation passe aussi par des co-développements menés avec des PME. Le plus connu est le cœur artificiel développé avec le professeur Alain Carpentier au sein de Carmat. Parmi les plus récents, on trouve le pistolet de scellement sous-marin SUB 150 développé avec Supraméca ou le projet Captaucom de développement de capteurs autonomes, communicants et très compacts, mené en partenariat avec SNR Roulements, Téfal, Somfy, le CEA-Leti, et le CSEM-MIND. Certains co-développements touchent aussi le développement durable, ainsi les procédés de nettoyage par vapeur sèche avec Mecanolav ou par CO2 supercritique avec Unitech.

Dernier projet en date, l’industrialisation d’électrolyseurs écologiques en accompagnement de la société CETH. Il s’agit de générateurs d’hydrogène à haute efficacité énergétique n’émettant que peu ou pas de CO2. Le Cetim apportant dans ce cas son expertise dans le domaine de l’ingénierie des systèmes, du bilan réglementaire et de l’éco-conception.

Au cœur des actions collectives

Dans le domaine des aides mutualisées, le Cetim colabore à Technocampus EMC², le pôle français d’industrialisation des composites situé à Nantes (44), où il participe à plusieurs projets. « L’un des projets portant sur l’assemblage multi-matériaux fédère d’ailleurs les compétences de nos trois sites de Nantes, Saint-Étienne et Senlis, sur les matériaux, les vibrations et le calcul par éléments finis », précise Philippe Choderlos de Laclos.

Le Cetim a aussi participé avec la FIM et l’UNM à la définition d’une méthodologie pragmatique pour aider les PME à pratiquer l’éco-conception, Mapeco. Issue d’une thèse menée à l’Ensam de Chambéry, elle a donné lieu à la norme expérimentale XP E 01-005 qui devrait se traduire par une norme homologuée d’ici la fin 2010.

Le Cetim participe aussi à 35 projets labellisés dans 18 Pôles de Compétitivité, pour la plupart dans le domaine des transports, de la mécanique et des matériaux. Il participe aussi au programme européen Factories of the Future dans le cadre de l’initiative européenne Manufuture. Et il est impliqué dans de multiples autres projets : Multimat sur la production de composants multimatériaux multifonctionnels ; FGVV pour le forage vibratoire à grande vitesse ; Artemis pour l’élaboration d’une bague d’articulation par métallurgie des poudres ; Corras pour un correcteur d’assiette d’engins de chantier.

On retrouve aussi le Cetim en accompagnement auprès de centaines de PME qui souhaitent mettre en place une démarche d’anticipation et de changement dans le cadre des actions Acamas.

Des projets pour le futur

Le Cetim entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. Il lance ainsi l’appel à projets REMake avec Oseo, Technofi, Active Innovation Management et la FIM. Il s’agit d’aider les PME à financer leurs besoins en aide et conseils dans leurs projets pour réduire l’impact environnemental de leurs produits ou leurs procédés de fabrication.

Le Cetim va aussi participer au projet Mov’eo Dege pour concentrer, sur le site de l’Inrets à Versailles-Satory, de gros moyens d’essais de moteurs électriques et d’alternateurs destinés aux véhicules hybrides et électriques. Le Cetim y propose l’implantation de différents bancs d’essais issus de son savoir-faire acquis sur sa plate-forme de Senlis dédiée aux transmissions et à la mécatronique.

Le Cetim présentera enfin lors d’Industrie 2010, en collaboration avec l’intégrateur de solution PLM Axemble, le logiciel Cetim Teamworks. Un outil de gestion collaborative de projets économique dédié aux PME/PMI. Autre annonce, celle de Mona Lisa (Modélisation et Optimisation Numérique des Assemblages Logiciel Intégré de Simulation des Assemblages).

On le voit le Cetim est bel et bien au cœur de l’innovation mécanicienne.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.cetim.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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