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Le centre Inria Lille met l'IA à l’honneur

Le centre Inria Lille met l'IA à l’honneur

© Benoît Crépin

Implanté au cœur du pôle d’excellence EuraTechnologies, le bâtiment « Place », fraîchement investi par le centre Inria Lille - Nord Europe, abrite en son sein une aire de démonstration baptisée « l’Interface ». Cet espace présente quelques-uns des projets menés par les équipes de l’Institut. L’intelligence artificielle s’y avère omniprésente.

Pour son dixième anniversaire, c’est un cadeau littéralement « monumental » que s’est offert le centre Inria Lille - Nord Europe : pas moins de 3 000 m2 d’espace supplémentaire, répartis sur les trois niveaux d’un imposant édifice de briques rouges fraîchement réhabilité : le bâtiment Place. Cette surface se niche au sein d’un écosystème devenu l’un des emblèmes de la French Tech : EuraTechnologies ; vaste complexe industriel autrefois dédié au textile, et désormais reconverti en pôle d’excellence technologique.

En plus des deux équipes de recherche et des services de transfert technologique qu’il accueille, le bâtiment Place abrite également « l’Interface », une aire de démonstration dont l’objectif, comme l’annoncent ses créateurs, est « de favoriser les interactions entre la communauté scientifique, le monde économique et la société ». Concrètement, c’est une série de « démonstrateurs » qui y sont installés, présentant chacun l’un des projets menés par des équipes du centre. Au programme de la visite : robotique, traitement des données, internet des objets ou encore interaction Homme-machine et optimisation. Le tout avec en toile de fond un leitmotiv : l’intelligence artificielle.

Un parcours semé d'intelligence artificielle

C'est guidé par une gigantesque spirale d’or tracée au sol que l’on débute l’itinéraire dans cet élégant showroom des savoir-faire Inria. Un premier îlot y a été investi par l’équipe-projet Sequel, spécialisée dans l’apprentissage et la prise de décision séquentiels. « C’est notamment ce qui se passe dans un jeu de plateau, ou de nombreux jeux de cartes », précise le responsable de l’équipe Philippe Preux. Exemples de réalisations : deux jeux interactifs qui permettent d’inculquer notre propre langage à la machine. Comment ? En interagissant simplement avec elle par le biais de questions posées à propos d’une image. Un improbable « dialogue avec une IA », qui augure toutefois des applications on ne peut plus concrètes, comme le soulignent ses concepteurs : « Entraîner un ordinateur à répondre à des questions complexes sur des photos peut être fort pratique dans certains contextes ! Par exemple, pour concevoir un robot assistant cuisinier, il faut qu’il comprenne des consignes telles que “ Prends la cuillère dans le troisième tiroir à gauche. ”. » Cette vision très « human-friendly » de l’intelligence artificielle illustre ainsi parfaitement l’esprit d’« humAIn », projet porté par la fédération IA Hauts-de-France.

À quelques pas de ce premier démonstrateur, « l’Interface » abrite un autre projet lui-aussi porté par la fédération IA Hauts-de-France. En plus d’un écran sur lequel apparaît une carte du monde, cet îlot dédié à l’équipe-projet Fun (Future Ubiquitous Networks) est agrémenté d’étonnants modèles réduits : un semi-remorque, un cargo, ainsi qu’une série de wagons miniatures, prêts à filer sur des rails eux-aussi reproduits à petite échelle. Les maillons d’une chaîne logistique miniature, sur lesquels trônent des « boîtes » - des conteneurs -, agrémentées pour leur part d’une intrigante diode lumineuse - voyant dont on ne tarde pas à comprendre la raison d’être. La maquette mime en effet le fonctionnement du système de « Smart Containers » imaginé par l’équipe, de petits boîtiers communicants destinés à assurer le suivi des conteneurs de marchandise. Conçue en collaboration avec la jeune pousse marseillaise TRAXENS, cette solution de « tracking » se distingue par une flexibilité inédite, qu’elle doit naturellement en grande partie à l’IA. « Le système permet aux conteneurs de communiquer entre eux et d’élire eux-mêmes ceux qui feront office de têtes de réseau, en fonction de l’état de leur batterie, de leur connectivité, et de leur position vis-à-vis du signal GSM ou satellite disponible », dévoilent ses concepteurs. Même logé en fond de cale, un conteneur peut ainsi faire remonter des informations vers la surface en les transmettant de proche en proche aux capteurs situés au-dessus de lui. Comble du raffinement, « si le capteur “ chef de groupe ” cesse de fonctionner, le groupe se réorganise et élit immédiatement un nouveau chef pour garantir la transmission des informations », souligne l’équipe à l’origine du système. Une illustration supplémentaire des possibilités offertes par l’IA.

Les démonstrateurs qui s’inscrivent dans cette tendance ne font que se succéder au fil du parcours technologique offert par « l’Interface » : d’un côté un système permettant d’optimiser le fonctionnement d’un entrepôt ; de l’autre un bras robotique capable de se saisir d’objets, quels qu’en soient la forme et la position ; ou encore, au centre, un algorithme anticipant la latence d’une interface tactile. Ce projet est le fruit d'un travail commun entre les équipes Loki et Valse dans le cadre du projet ANR TurboTouch. « C'est un exemple typique d’une collaboration qui n’aurait pas pu avoir lieu sans InriaTECH », se félicite Sylvain Karpf, responsable de cette plateforme de transfert technologique elle-aussi abritée dans les quelque 3 000 m2 du bâtiment Place. Les murs centenaires de l'édifice de briques rouges ne semblent décidément pas avoir fini de vibrer, au rythme désormais des nouvelles technologies.

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