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Le capteur se déporte du roulement

Mathilde Fontez

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Le capteur se déporte du roulement

Le capteur est composé de deux couches magnétiques conductrices séparées par un nanomètre d'isolant.

© D.R.

- SNR Roulements promet, pour l'année prochaine, un capteur magnétique de vitesse à effet tunnel, plus robuste, plus sensible et plus sobre que les capteurs actuels.

La recherche fondamentale n'est pas si éloignée de l'application industrielle... Neuf ans auront suffi à la société SNR, spécialiste des roulements, et à l'université de Nancy pour mettre au point un nouveau type de capteur de vitesse : le capteur magnétique à effet tunnel. L'histoire a débuté en 2000. L'université de Nancy a alors créé une équipe de recherche technologique (ERT) dédiée à l'étude des nanostructures métalliques. Dès le départ, SNR a soutenu le projet qui a abouti à un prototype de capteur basé sur l'effet tunnel, une propriété quantique de la matière. Et, depuis 2006, l'entreprise travaille au développement du produit dans le cadre du projet Camel (Capteur magnétique à effet tunnel), soutenu par l'agence nationale de la recherche, en partenariat avec l'université de Nancy, le C4i (Centre de compétence en conception de circuits intégrés) et le fabricant de capteurs Sensitec. « Cette société allemande a repris une ancienne usine de fabrication de têtes de disques durs d'IBM et bénéficie donc d'installations énormes. Et on ne construit pas des salles blanches comme cela », assure Christophe Duret, le coordinateur du projet.

Ce partenariat a permis à SNR d'envisager le développement et la production de son capteur à moindre investissement. Car il s'agit ici de nanoélectronique : le capteur est composé de deux couches magnétiques conductrices séparées par un nanomètre d'isolant et sa conception est délicate. Les couches forment une résistance électrique sensible au champ magnétique généré par un aimant multipolaire intégré au roulement. Le capteur donne ainsi sa vitesse de rotation et la position angulaire.

Loin des polluants et de la graisse

Les avantages sont nombreux, par rapport aux capteurs actuels. Plus sensible, il peut être éloigné du roulement, et donc être isolé des pollutions, de la graisse... « On pourrait, par exemple, envisager de le placer en dehors de la boîte de vitesses », ajoute Christophe Duret. Et alors que les précédents capteurs ne pouvaient dépasser des températures de 150 °C, celui-ci peut supporter 200 °C. Ce qui n'est pas négligeable pour les applications en automobile ou en aéronautique (pour les freins notamment). Enfin, il consomme deux fois moins d'énergie.

Ce capteur innovant, dont le développement aura coûté 2,25 millions d'euros (dont un tiers a été pris en charge par SNR), devrait trouver sa place dans nos voitures d'ici à 2012. « Il sera au point dans un an seulement, et les applications en petite série devraient suivre très vite », assure le chef de projet. Car, pour exploiter au maximum cette nouvelle technologie, SNR compte s'ouvrir de nouveaux marchés : la mesure du champ magnétique terrestre, la mesure de courant... Les idées ne manquent pas.

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