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Le bois ne se déforme plus

N. A.

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- En l'imprégnant d'une résine, le CEA réduit de 60 % les déformations du bois dues à l'humidité.

La division Arc-Nucléart du CEA n'en est pas à son premier transfert de technologie. Après un procédé de densification du bois, qui a permis à des industriels comme Huot Parquets de proposer des produits de grande dureté quasi inusables, cette équipe a mis au point une technique de stabilisation dimensionnelle du bois qui réduit de 60 % les déformations dues à l'humidité.

 

Remplacer l'eau par une résine de synthèse

 

Le fabricant haut de gamme de parquets pourrait être le premier industriel à exploiter le procédé. Néanmoins, il devrait s'écouler encore cinq à six ans avant que les premiers produits ne soient commercialisés. La faisabilité industrielle du procédé de laboratoire reste encore à prouver. « Il faudra s'assurer, par exemple, que les colles et vernis prennent toujours », glisse Pierre Huot, directeur général de l'entreprise éponyme. Au programme de l'équipe donc, et de ses partenaires industriels, l'optimisation des protocoles en fonction des applications et des essences de bois. Le procédé devra également subir les tests d'homologation.

L'idée de départ : faire croire au bois qu'il est gorgé d'eau en permanence. Concrètement, il s'agit de remplacer l'eau, qui forme une liaison hydrogène avec le bois, par une résine de synthèse. Cette résine polymère est déjà utilisée pour la fabrication de fibres textiles. « Nous injectons au coeur même des parois cellulaires un mélange composé d'eau, d'éthanol et de résine. Puis nous éliminons l'eau et l'éthanol par séchage », explique Gilles Chaumat, ingénieur-chercheur au CEA. Artificiellement gonflées, les parois perdent alors leur capacité de dilatation et de retrait. Résultats, l'instabilité dimensionnelle est divisée par deux, voire par trois. « Cela commence à être intéressant pour l'industrie, commente Gilles Chaumat. Une division par quatre, soit une réduction de 80 % des déformations, serait idéale. » Pour gagner encore en coefficient d'antiretrait, l'équipe affine la formulation de la solution afin d'améliorer sa diffusion.

L'utilisation de techniques d'imprégnation largement maîtrisées par l'industrie du bois, et d'une résine disponible dès à présent en grande quantité, devrait contribuer à minimiser les coûts.

Arc-Nucléart, qui cherche à diversifier ses partenaires, mène actuellement des essais pour un producteur majeur français de menuiseries intérieures et extérieures.

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