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Le biorecyclage enzymatique prend de la bouteille

Le biorecyclage enzymatique prend de la bouteille

La réaction d’hydrolyse des plastiques PET en leurs constituants d’origine atteint un taux de conversion de 97% en 16 heures.

© Carbios

Après avoir démontré sa capacité à dépolymériser tous les types de plastiques en polyéthylène téréphtalate (PET) grâce à sa technologie enzymatique, l’entreprise Carbios a annoncé la production des premières bouteilles intégralement constituées de PET biorecyclés. Une avancée supplémentaire vers le modèle d’économie circulaire prôné par l’entreprise.

Déconstruire pour mieux reconstruire. La société Carbios, qui développe des procédés enzymatiques pour repenser le cycle de vie des plastiques, a annoncé le 27 février dernier avoir produit ses premières bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) entièrement biorecyclé. Celui-ci est obtenu à partir de son monomère, l'acide téréphtalique purifié (rPTA), récupéré lors du recyclage de produits post-consommation en PET grâce à un procédé enzymatique. Avec l’appui du Leitat Technological Center, chargé d’assurer la polycondensation du PET et la fabrication des bouteilles, la firme auvergnate apporte un argument de plus en faveur de sa technologie de biorecyclage enzymatique. « Nous avons sélectionné, optimisé et développé une enzyme qui est extrêmement efficace pour dépolymériser le PET par rapport aux quelques enzymes que l’on peut voir dans la littérature scientifique, se félicite Martin Stephan, directeur adjoint de Carbios. Et à partir du monomère, nous sommes capables de faire n’importe quel type de PET avec une qualité comparable à un PET pétrochimique. »

Une application industrielle en ligne de mire

En plus de ce retour à un PET proche de la matière vierge, Carbios a précédemment démontré être capable de convertir toute sorte de déchets plastiques PET (clair, coloré, compact, complexe) en rPTA à 97% en 16 heures et à 90% en 10 heures grâce à son enzyme. Des taux de conversion « totalement compatibles avec un environnement industriel », d’après Martin Stephan. Cette compatibilité industrielle devrait d’ailleurs être l’un des prochains enjeux pour l’entreprise, qui entend certifier la robustesse de son process de bioingénierie enzymatique via son usine de démonstration, dont la construction devrait être terminée fin 2020. « Notre modèle c’est de vendre du savoir-faire et de la licence, explique Martin Stephan. Nous voulons proposer aux industriels ce procédé qui, au lieu de consommer du pétrole, consomme du déchet pour fabriquer du PET. » Et ainsi instaurer un modèle d’économie circulaire dans l’industrie des plastiques PET.

Julien Dabjat

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