Nous suivre Industrie Techno

Le béton double sa longévité

À l'aide de nanoparticules semblables à de la gomme, des chercheurs américains ont multiplié par deux la durée de vie du béton.

Après le béton à haute performance capable de résister à des pressions gigantesques, voici le béton inusable... Car la résistance à la rupture n'est pas l'unique préoccupation des entreprises de BTP. Un autre problème récurrent est celui de la tenue du béton. Avec le temps, il se dégrade à cause des ions chlorures et sulfates qui s'insinuent dans sa structure et modifient petit à petit ses propriétés, notamment sa résistance mécanique, jusqu'à occasionner des risques de rupture. Ce problème, qui se pose particulièrement en milieu marin ou pollué, est en passe d'être résolu.

 

Réduire la diffusion des ions par une viscosité accrue

 

Une équipe du National Institute of Standards and Technology aux États-Unis vient en effet de découvrir que les nanotechnologies pouvaient venir au secours du béton. Les chercheurs ont obser-vé que de petites molécules, de tail-le inférieure à 100 nanomètres, étaient capables de ralentir la pénétration des ions dans le béton et ainsi, de prolonger sa durée de vie. « Nous avons commencé par travailler sur les équations qui dirigent le transport ionique dans les pores du béton, relate Dale Bentz qui a dirigé les recherches. Et nous avons remarqué que la viscosité de la solution présente dans ces pores avait un impact non négligeable sur la diffusion des ions. Conclusion : augmenter la viscosité des pores semble réduire cette diffusion, et donc prolonger la durée de vie du béton. » Évidemment, plus la viscosité de ses pores est grande, moins les ions peuvent s'y déplacer vite.

Encore fallait-il y penser. Les chercheurs travaillent maintenant à tester de nombreuses nanoparticules, similaires à la gomme xanthane, un agent viscosant habituellement utilisé comme stabilisant dans l'alimentaire, pour dénicher la plus performante. « Nous avons déjà des résultats très encourageants avec certains composés, s'enthousiasme le chercheur. Nous sommes en train d'optimiser les solutions pour réduire la concentration de 10 à 5 % pour abaisser les coûts, tout en gardant l'effet... Avec un composant idéal, nous espérons multiplier par deux la durée de vie du béton. »

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0909

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2009 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Vu sur le web] Produire de l’hydrogène vert sans électrolyseur : une avancée prometteuse dans la photo-électrolyse de l’eau

[Vu sur le web] Produire de l’hydrogène vert sans électrolyseur : une avancée prometteuse dans la photo-électrolyse de l’eau

D’après une publication relayée par IEEE Spectrum, le journal de l’association professionnelle « Institut des[…]

La stratégie électrique de Renault en trois points technos clefs

La stratégie électrique de Renault en trois points technos clefs

« Nous avons amélioré d’un facteur 100 le code de dynamique moléculaire dédié à l’optimisation des batteries », se réjouit Mathieu Salanne, vainqueur du Prix Spécial Joseph Fourier

« Nous avons amélioré d’un facteur 100 le code de dynamique moléculaire dédié à l’optimisation des batteries », se réjouit Mathieu Salanne, vainqueur du Prix Spécial Joseph Fourier

« Nous allons construire la gigafactory de batteries la plus efficace au monde », lance Christophe Mille, de Verkor

« Nous allons construire la gigafactory de batteries la plus efficace au monde », lance Christophe Mille, de Verkor

Plus d'articles