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Le beau succès des composites

Sonia Pignet
- Paris, 1er- 3 avril 2008. Cette année encore, le salon a battu des records de fréquentation. Procédés, matériaux et équipements continuent d'innover.

Un tracteur, une paire de skis, un avion, une moto, une planche de surf, un jet-ski, un bateau ou encore un chariot porte-sac de golf se côtoyaient au salon JEC Composites 2008. « L'industrie des composites est très hétérogène », résume Frédérique Mutel, directrice générale du groupe JEC. Elle est aussi en bonne santé. Le marché mondial des composites a atteint 8,2 millions de tonnes en 2007, contre 7,6 en 2005 et 6 en 1999. En 2005, les thermoplastiques représentaient 35 % du volume total des composites, un chiffre qui devrait passer à 40 ou 50 % d'ici à 2015. Quant aux fibres de carbone, les statistiques leur octroient une croissance de 8 % par an jusqu'en 2015. Bref, le salon s'annonçait sous de bons auspices, et il n'a pas déçu. Les sept halls d'une superficie totale de 43 500 m2, auxquels avait été ajouté un espace extérieur de démonstration, ont accueilli plus de 27 000 visiteurs en trois jours (soit 8 % de plus que l'an passé). Preuve du dynamisme du secteur, une centaine des 1 053 exposants venait pour la première fois sur JEC Composites Show.

Huit innovations récompensées

Voilà pour les chiffres. Du côté des innovations, l'édition parisienne a aussi tenu ses promesses. Les JEC Innovation Awards ont, cette année encore, distingué un lauréat dans chacun des secteurs présents : automobile, aéronautique, sport, environnement, énergie, logiciel, process et construction. En plus, ils ont attribué cette année une mention spéciale à un projet français réunissant plusieurs partenaires, sous la houlette de l'IUT de Brest. Elle récompense la réalisation du premier fuselage d'un avion léger, monolithique et autoraidi en carbone-epoxy, réalisé par infusion.

Au niveau des procédés, le groupe français Dedienne Plasturgie profitait du salon pour faire passer son message : « Nous avons pris une licence de développement de la technologie Cage System de RocTool », informe Jean Cantoni, directeur du développement commercial. Signé fin 2007, cet accord de licence est le premier pour une société française. Dedienne va développer ce procédé de chauffage par induction dans des moules métalliques pour proposer une plate-forme de démonstration opérationnelle dès cet été. Grâce à un chauffage et un refroidissement rapide et contrôlé, Cage System élimine les problèmes d'inertie de l'outillage et améliore la reproductibilité.

Des performances dans tous les secteurs

Disponible aussi avant la fin de l'année 2008, l'innovation de Polymir, le département polymères et composites de Ciron SA. Cette société de la région Aquitaine a breveté un procédé de dépose électrostatique de gel coat sur moule organique conducteur. Le moule est en résine conductrice et aimanté par un champ magnétique. Le gel coat contient, quant à lui, des particules conductrices. Il se dépose uniquement sur les parties magnétisées du moule, évitant ainsi le gaspillage. Les conditions d'hygiène, de sécurité, ainsi que la régularité du dépôt s'en trouvent améliorées, même pour les formes compliquées.

Du côté des fibres, la société belge Basaltex a présenté des nouveaux tissus hybrides basalte carbone et basalte aramide pour les composites visuels (bateaux, skates, skis...). Victrex était venu avec ses produits 90HMF20 et 40, les derniers-nés de la gamme 90HMF. Composites en PEEK (polyéthylétherkétone) renforcés de fibres de carbone, ils sont conçus pour des applications qui exigent plus de résistance et de rigidité que les produits à performances équivalentes plus fortement renforcés, tout en conservant une bonne aptitude à la mise en oeuvre. L'américain Grignard a, lui, pensé au démoulage aqueux pour l'enroulement filamentaire. Son nouvel agent de démoulage (Mandrel Magic) est disponible sous forme de gel ou de liquide à pulvériser, non toxique et non inflammable. La polymérisation produit un film lubrifiant, y compris aux températures de moulage extrêmes.

Dans un autre domaine, le français Diamoutils est venu avec... une photo de son nouvel outil pour percer et chanfreiner des structures comportant du titane. Il est encore en développement. « Les essais en clientèle devraient avoir lieu entre juillet et décembre », annonçait Jean- François Bucourt, président de Diamoutils. En remplaçant des outils en carbure par des outils en diamant polycristallin, la société a accru les profondeurs et la vitesse de coupe. Elle vise notamment le secteur aéronautique. Enfin, c'est également une photo qui illustrait la dernière réalisation de la société Télène SAS : le moulage du toit d'une moissonneuse-batteuse en Télène, un thermodurcissable bi-composant, injecté en moule fermé. Ce matériau permet de faire de grandes pièces et a un temps de cycle court : 2 à 5 minutes entre l'injection et le démoulage. -

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