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Le 11e palmarès des écoles d'ingénieurs

Michel Le Toullec

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Projets de fin d'études, conventions de R&D, transferts de technologies : les partenariats entre les écoles d'ingénieurs et les entreprises ne cessent de progresser.

Label Carnot, pôles de compétitivité... : jamais les pouvoirs publics n'auront autant encouragé le rapprochement entre recherche et entreprise. Industrie et Technologies ne peut que s'en réjouir puisque c'est précisément ce que nous illustrons depuis onze ans avec le classement annuel des écoles d'ingénieurs en fonction de leurs partenariats industriels...

Cette année, notre enquête montre que les 100 premières ont réalisé pour 258 millions d'euros de projets avec les entreprises. Un record encore une fois battu, ce qui confirme bien la dynamique entre les écoles d'ingénieurs et l'industrie.

De nouvelles formes de collaborations

Du côté du classement, pas de grosse surprise cette année concernant les tout premiers. Le podium est toujours occupé par l'École des mines de Paris devant l'Insa de Lyon puis l'Ensam. On remarque en revanche l'entrée de l'Insa de Toulouse dans le club des dix premières écoles selon nos critères, aux dépens de l'École des mines d'Alès. Les plus belles progressions de notre classement par rapport à l'édition précédente ? L'École polytechnique universitaire de Marseille bondit de la 75e à la 35e place, tandis que l'École centrale de Nantes passe de la 33e à la 22e.

En 2005, les 100 premières écoles d'ingénieurs de notre classement ont entretenu des partenariats avec près de 12 000 entreprises (chiffre cumulé). Dans l'immense majorité des cas, il s'agit de projets entre une entreprise et un laboratoire d'une école sur un sujet bien précis. Mais des formats originaux de partenariats sont apparus au cours de l'année écoulée. C'est, par exemple, le cas de Techno'Campus, un accord de partenariat stratégique signé entre Airbus France et EADS avec plusieurs écoles d'ingénieurs de Nantes (Centrale, Mines, Polytech et Icam). Cette structure a pour vocation d'accélérer le transfert des technologies développées chez EADS. L'École des mines de Nantes y apporte ses compétences dans le contrôle non destructif et l'optimisation des ateliers au sein du pôle de compétitivité EMC2.

Autre exemple : Supélec et l'École centrale de Paris viennent de signer avec Schlumberger un accord-cadre d'un nouveau type. Ce programme vise à mettre en place des équipes mixtes issues des trois partenaires afin de créer un "Innovation hub", centre d'expertise qui accueillera des projets communs de R&D sur le site de Schlumberger à Clamart (Hauts-de-Seine). À noter aussi la création d'une structure appelée "grappe" dédiée à l'électronique embarquée à l'École supérieure d'ingénieurs Esigelec (Rouen). Impliquant Thales Air Défense et plusieurs PME (Synchronic, Aden Labs, Jeulin, Gonogo, Hydequip...), cette entité est dédiée à des projets de recherche mutualisée sur la fiabilité et la qualité logicielle.

Des partenariats bilatéraux de grande ampleur ont également été noués au cours de l'année. L'École nationale supérieure des techniques avancées (Paris) collabore ainsi avec PSA sur l'amélioration de l'aérodynamisme des véhicules dans le but de réduire la consommation de carburant. Une thématique de recherche qui, étonnamment, n'a jamais été complètement exploitée. Toujours dans l'automobile, l'Institut supérieur de mécanique de Paris a conçu avec Renault un banc d'essai pour simuler le toucher des matériaux. Un brevet commun est en cours d'instruction.

Dans un tout autre domaine, l'École de physique et de chimie de Bordeaux a développé avec L'Oréal une méthode d'imagerie in vivo des cellules de la peau. On peut aussi citer l'Ensic (Nancy) qui collabore avec Total sur la modélisation cinétique de l'évolution des pétroles... À l'Insa de Lyon, la tendance du moment est aux partenariats globaux, incluant formation et recherche. « Nous avons signé deux accords de ce type : l'un avec Plastic Omnium sur le développement de procédés de peinture. L'autre avec Degrémont sur la valorisation des déchets, comme les résidus de boues ou le biogaz, précise Pierre Fleischmann, directeur des relations avec les entreprises. Un troisième partenariat de ce format est actuellement en cours de préparation avec Veolia Environnement. »

Des collaborations bilatérales particulièrement réussies se transforment parfois en entités de recherche commune.

Les initiatives à l'attention des PME se multiplient

Ainsi l'École nationale supérieure d'électronique, informatique et radiocommunications de Bordeaux dispose de deux labos de ce type : l'un est commun à STMicroelectronics sur la technologie 90 nm, l'autre à Total sur l'analyse de signaux sismiques. De son côté, l'École nationale supérieure des télécommunications de Bretagne a créé, avec Thales Systèmes Aéroportés, le laboratoire Atol (Aeronautics technico-operational laboratory) sur l'apport des sciences cognitives aux systèmes de mission. À Polytech'Tours, l'accent est porté sur les centres d'études et de recherche (CER) communs avec des entreprises locales. L'école a, par exemple, créé des entités de ce type en partenariat avec Safety, Mecachrome, Balzers et le CEA sur les outils de coupe, avec Hutchinson sur les matériaux élastomères et avec HF Company sur la maison numérique. Un autre projet de CER est en préparation sur les énergies renouvelables avec SKF et STMicroelectronics.

D'autres écoles d'ingénieurs mènent des actions particulières à l'attention des PME. L'École nationale supérieure en génie des systèmes industriels (INP-Lorraine) propose ainsi, depuis octobre 2005, le dispositif Cré@ction qui combine une plate-forme technologique et un espace collaboratif permettant d'aller d'une idée à sa réalisation concrète. « À la rentrée 2006, nous créons des ateliers de transfert et d'innovation qui permettront notamment d'intégrer les PME aux pôles de compétitivité de notre région », assure Claudine Guidat, directrice de l'école. Ce projet, issu d'une démarche collaborative entre les grandes écoles de Nancy, portera sur trois thématiques : l'ingénierie urbaine, les matériaux innovants et le verre. Dans la région lyonnaise, l'Agera (Association des grandes écoles Rhône-Alpes) met actuellement en place une plate-forme à destination des PME, dans un premier temps dans le secteur de la mécanique. L'École supérieure des technologies industrielles avancées (Bayonne) est aussi très orientée vers les petites entreprises, qui représentent 70 % de ses partenaires industriels. L'Estia collabore, par exemple, avec Magys (société de 15 personnes, spécialiste des systèmes de surveillance vidéo dédiés à la sécurité) sur la compression d'images couleur et la transmission vidéo à très bas débit. Même intérêt porté aux PME à l'Esisar, à l'INP-Grenoble. L'école a notamment aidé la société Actis (40 personnes) à développer un module d'impression jet d'encre embarqué sur un robot, ou encore Arakis (8 personnes) à concevoir une solution logicielle intégrée pour la gestion de cabinets d'orthodontie.

Ainsi, que vous soyez une TPE (très petite entreprise) ou un grand groupe industriel, vous avez tout intérêt à savoir entretenir des partenariats de R&D avec les écoles d'ingénieurs. Notamment celui de faire partie de notre enquête l'année prochaine !

LES ÉCOLES LABELLISÉES CARNOT

Au printemps dernier, le ministère de la Recherche a annoncé les 20 premiers labels Carnot, distinguant des groupements de recherche pour leurs collaborations avec les entreprises ou les collectivités locales. Sept de ces labels ont été attribués à des entités comprenant des écoles d'ingénieurs : Groupement des écoles de télécommunications (GET) : ENST-Paris et Bretagne, INT-Évry ; Institut d'optique théorique et appliquée (Iota) : Institut d'optique ; Actions de recherche pour la technologie et la société (Arts) : Ensam ; Centre inter-universitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux (Cirimat) : INP-Toulouse ; Materials Institute of Bordeaux (MIB) : Ensam, Enseirb et ENSCPB ; Groupe mines : écoles des Mines ; Technologies et innovations pour l'entreprise (TIE) : UTC et UTT.

Classement des écoles d'ingénieurs en fonction de leur chiffre d'affaires réalisé en partenariats industriels en 2005.

* Chiffre d'affaires hors taxe en millions d'euros (prestations techniques, contrats de R&D, programmes européens...) réalisé avec les entreprises en 2005, hors formation. **nc : non communiqué. - L'École des mines de Paris vient d'inaugurer son centre de recherche en bio-informatique. Parmi les thématiques retenues : les recherches sur le cancer et le criblage virtuel. - Courant 2007, Sup'Aéro et l'Ensica vont fusionner au sein d'un établissement unique qui devrait s'appeler l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace. - L'École centrale et l'Insa de Lyon ont créé l'Institut des sciences de l'ingénierie de Lyon autour de deux axes : micro- et nanotechnologies ; matériaux-mécanique-énergétique. - L'EISTI vient d'être rattachée à l'Institut supérieur de mécanique de Paris (Sup'Méca). - L'Isab et l'Institut géologique Albert- de-Lapparent (Igal) ont fusionné le 1er septembre 2006 pour former l'Institut Polytechnique LaSalle Beauvais. - L'Isara et le technopole Alimentec ont signé un partenariat pour offrir aux entreprises rhônalpines une plate-forme commune de prestations (recherche, conseil, soutien à l'innovation...) - L'Egim est impliquée dans pas moins de six pôles de compétitivité et d'un septième en cours de labellisation. * Chiffre d'affaires hors taxe en millions d'euros (prestations techniques, contrats de R&D, programmes européens...) réalisé avec les entreprises en 2005, hors formation. **nc : non communiqué.

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