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Le 10e palmarès des écoles d'ingénieurs

Michel Le Toullec

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- Cette nouvelle édition de notre classement annuel montre que les partenariats entre les écoles d'ingénieurs et les entreprises continuent de progresser.

Record battu. Pour la dixième édition de notre enquête annuelle sur les partenariats entre les écoles d'ingénieurs et les entreprises, les 100 premiers établissements de notre classement totalisent un volume d'affaires qui atteint 250 millions d'euros. Il y a dix ans, lors de la toute première enquête, ce chiffre n'atteignait guère que 122 millions d'euros (800 millions de francs de l'époque). Soit une progression de plus de 100 % sur dix ans. Un bémol cependant : si la croissance était quasiment linéaire jusqu'à la précédente édition, on note cette fois un léger tassement. Gageons que les initiatives du type pôles de compétitivité vont booster les partenariats à venir entre les écoles d'ingénieurs et les entreprises. Leur mission est en effet de faire travailler ensemble entreprises et laboratoires sur des projets d'innovation.

Du côté du classement, pas de changement en ce qui concerne les six premiers. En revanche, l'École centrale de Lyon intègre le club des dix premières écoles, selon nos critères, aux dépens de l'École supérieure de chimie et physique industrielle de la Ville de Paris.

Des partenariats avec 13 000 entreprises

La plus forte progression par rapport à l'édition précédente ? L'École nationale supérieure de physique de Strasbourg. Elle est passée de la 67e à la 34e place ! Il faut dire qu'entre temps, l'école a signé un beau contrat, dans le cadre du Predit, avec Siemens VDO Automotive sur le développement d'un pare-chocs intelligent.

En 2004, les 100 premières écoles de notre classement ont noué des partenariats avec plus de 13 000 entreprises (chiffre cumulé). Dans l'immense majorité des cas, il s'agit de partenariats bilatéraux : une école et une entreprise. Les collaborations peuvent alors aller de la simple prestation technique à la convention de partenariat sur le long terme. Nous avons sélectionné dix partenariats bilatéraux dans ce dossier (voir pages 60). Sans faire un inventaire, on peut citer quelques autres exemples atypiques. Dans le domaine de la chimie, l'École supérieure de chimie, physique, électronique de Lyon a été choisie par le géant américain Dow pour un partenariat sur les procédés catalytiques et la chimie durable. « Parmi les huit écoles européennes retenues, CPE Lyon est la seule école française », assure Gérard Pignault, directeur de l'école. Dans un tout autre domaine, le sport automobile, l'École supérieure d'électronique de l'Ouest (Eseo), à Angers, collabore avec l'écurie Pescarolo. « Ce partenariat technique sur l'électronique embarquée a commencé en 2004 et vient d'être reconduit pour 2006 », explique Pierre-Yves Pâques, directeur du développement de l'Eseo.

Dans certains cas, les partenariats bilatéraux se transforment en convention sur le long terme. Quelques collaborations de ce type ont été conclues en 2004-2005 : entre les Mines de Nancy et Syntec Ingénierie ; entre l'Institut national agronomique Paris-Grignon et Eurofins Scientific ; entre l'École centrale de Nantes et la DCN ; entre l'Ensiame à Valencienne et Bosch Allemagne. Parfois, une collaboration bilatérale particulièrement efficace conduit à la création d'une entité commune. C'est ainsi qu'à l'Insa de Lyon, un laboratoire commun entre le Cethil (Centre de thermique de Lyon, rattaché à l'Insa) et EDF vient d'être inauguré sur la haute efficacité énergétique des bâtiments. À l'École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM, Besançon), une plate-forme technologique a été créée avec Alstom. « Une vingtaine de personnes de chaque partenaire sont impliquées dans cette structure dédiée à la modélisation, la conception, la simulation et la réalisation de moteurs électriques pour traction ferroviaire », précise Jean-Claude Gelin, directeur de l'ENSMM. L'École des mines de Nantes a, quant à elle, signé un accord avec EADS pour participer au centre de R&D de son nouveau site nantais.

Si ces entités communes font généralement intervenir de grands groupes, on peut noter un contre-exemple. L'École nationale supérieure de physique de Grenoble a fondé une équipe commune avec la PME Novasic sur la croissance continue de monocristaux de SiC. Certaines écoles ont d'ailleurs une démarche volontairement engagée vers les PME. C'est le cas de l'École centrale de Paris qui participe au "Club 92" dont l'une des missions est de soutenir financièrement des projets de recherche associant des PME des Hauts-de-Seine. À l'École nationale supérieure en génie des systèmes industriels (Nancy), la formule des ateliers-projets est conçue pour accompagner les projets des petites entreprises. Tandis que l'Université de technologie de Belfort-Montbéliard propose ses Projets industriels innovants (P2I) aux PME locales.

Participations à des programmes européens

Les collaborations entre écoles et entreprises peuvent aussi être multipartenaires. L'Institut supérieur de plasturgie d'Alençon participe à l'un des projets récents les plus ambitieux. Dénommé Amélie, ce programme mené par trois régions (Centre, Aquitaine, Basse-Normandie) est consacré à la fabrication électronique sans plomb. « Nous intervenons pour la région Basse-Normandie avec Alençon Plastics et Philips sur le thème "plasturgie et électronique" », explique Robert Moreau, directeur de l'école. Autre exemple atypique de collaboration multipartenaire : Télécom Paris, le Cnes et le DLR (Centre aérospatial allemand) ont inauguré cet été un centre de compétences commun sur l'extraction d'informations et la compréhension des images pour l'observation de la terre...

Enfin, quelques écoles d'ingénieurs participent aux programmes européens de recherche dans le cadre du 6e PCRD. L'un des établissements les plus impliqués est l'Institut national des télécommunications (INT, Évry). « Nous coordonnons le projet Biosecure sur des méthodes d'identification biométriques, précise Pierre Rolin, directeur de l'INT. Et nous participons à Newcom sur les communications sans fil multimédia, à Euro-NGI sur l'ingénierie de la prochaine génération Internet, à Prolearn sur des technologies avancées pour l'apprentissage et e-Photon-One sur des composants optiques pour les réseaux haut débit. »

L'Ensic à Nancy (à l'INP-Lorraine) est, pour sa part, au coeur du mégaprogramme Impulse avec des industriels comme Degussa, Siemens et GlaxoSmithKline. D'un budget de 17 millions d'euros sur quatre ans, ce projet vise le développement d'une chimie durable grâce notamment aux microtechnologies. Dans le domaine des biomatériaux, l'Ensiacet (à l'INP-Toulouse) participe au programme Autobone sur la reconstitution osseuse à partir d'un réseau poreux et de cellules souches prélevées sur le patient. Enfin, les trois écoles d'agroalimentaire INA-PG, Ensia et Isab participent de concert au programme Icare avec de nombreuses PME européennes. L'objectif est d'empêcher l'accumulation de contaminants (amines hétérocycliques, acrylamide...) dans les aliments à base de céréales ou dans les produits laitiers traités thermiquement.

Bref, malgré le léger tassement constaté cette année, force est de constater que le partenariat école-entreprise est plus fort que jamais. Rendez-vous l'année prochaine.

QUE FONT LES 101E, 102E, 103E ?

Comme chaque année, nous mettons l'accent sur les écoles classées au-delà des 100 premières, qui ne déméritent pas pour autant.

- L'Institut supérieur d'électronique de Paris (102e) collabore avec STMicroelectronics sur l'apport des technologies SOI (silicium sur isolant) dans la conception de circuits intégrés basse tension et ultra basse consommation. - À La Rochelle, l'École d'ingénieurs en génie des systèmes industriels (103e) accompagne la société Poncin Yachts dans la réorganisation de son unité de fabrication de voiliers. - En dépit de sa 108e place, la toute jeune École supérieure d'ingénieurs Léonard-de-Vinci (La Défense) développe des partenariats remarquables : avec Saint-Gobain sur les propriétés vibratoires des pare-brise et avec Airbus sur un tronçon de fuselage en composites.

DES MESURES POUR ACCROÎTRE LES PARTENARIATS"

"Les bons chiffres de votre enquête démontrent qu'il existe une réelle dynamique entre les écoles et les entreprises et c'est un bon argument pour valoriser les travaux de recherche menés par les laboratoires publics. Pour accroître ce type de partenariats, notre politique industrielle fait toute leur place aux jeunes : chercheurs et ingénieurs. Par exemple, les Écoles des mines et les Écoles des télécommunications, qui sont sous la tutelle du ministère de l'Industrie, développent une politique de recherche très active et très directement liée aux besoins des entreprises. Elles se sont, tout récemment, fortement impliquées dans la définition de nombreux pôles de compétitivité, aux côtés des entreprises. Pour soutenir cette implication, j'ai demandé au Premier Ministre que ces écoles bénéficient de postes de chercheurs supplémentaires. Plus généralement, le projet de loi sur la recherche, le "Pacte pour la recherche", permettra aussi de consolider le partenariat public-privé. Pour l'encourager, nous avons créé le label "Carnot" qui sera attribué aux laboratoires de recherche appliquée les plus proches des entreprises et dont les écoles pourront bénéficier. En outre, j'ai demandé aux Drire de veiller à ce que les efforts de recherche des écoles s'organisent concrètement à partir des demandes des entreprises." -

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