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Laser optique pour Internet haut débit

T. M.
- Il est sensible au brouillard et sa portée est courte. Pourtant, le laser atmosphérique, qui s'affranchit de tout obstacle, est une solution en certains cas très adaptée pour le haut débit.

En début d'année, la ville d'Autrans, dans le Vercors, a peut-être ouvert la France rurale au haut débit pour tous. Une antenne bidirectionnelle est entrée en communication avec un satellite de La Poste, et a répercuté cette transmission 2 km plus loin à 38 Mbit/s (2 Mbit/s en émission)... par laser atmosphérique. Une installation satellitaire, sur un sommet, peut donc fort bien arroser des petits bourgs en contrebas, par la lumière. L'artisan de cette démonstration est Actipole, une PME de cinq personnes basée à Libourne (Gironde). Elle développe depuis 1996 la seule technologie française de transmission haut débit (jusqu'à 2,5 Gbit/s théoriques) par laser optique.

Le chaînon manquant entre la fibre optique et Wi-Fi

Jusqu'ici, ce genre de solution était l'apanage de start-up américaines et israéliennes. Pour acquérir un tel savoir-faire, des grands équipementiers télécoms ont du passer par le rachat ou le rapprochement de ces jeunes sociétés. Ainsi, l'américain Lucent s'est associé à TeraBeam, tandis que le canadien Nortel a conclu un partenariat avec AirFiber.

Le système Wi-Op (Wireless Optical Broadband) d'Actipole est-il le relais tant attendu, pour desservir un village, un campus, une zone industrielle..., le "chaînon manquant" entre la fibre optique et Wi-Fi ? Xavier David-Beaulieu, directeur technique de la société, commence très fort à le penser. Car, au début, Wi-Op visait une problématique plus simple : desservir à moindre coût et de façon sécurisée une gendarmerie, un établissement de l'armée - en effet, contrairement au mode hertzien, la liaison optique est très difficile à pirater. Ou franchir un obstacle par les airs. « On a déployé la transmission laser pour convoyer quarante chaînes numériques au-dessus de la Garonne. Ou pour relier plusieurs pavillons du Château de Vincennes. » En bref, partout où l'on peut difficilement enterrer une ligne.

Concrètement, ce système point à point consiste en deux appareils, de la taille d'une caméra vidéo. Chacun est émetteur/récepteur. Le laser est un composant du commerce (rouge visible dans les 670 nm) transmis via une optique qui crée un spot à l'arrivée - typiquement 1 mètre de diamètre pour une distance parcourue de 1,5 km.

Ce, pour éviter une visée par trop précise, impliquant une installation trop compliquée. La puissance émise, de 10 mW, est sans aucun danger pour la rétine. Mais ce procédé, robuste et pas très cher (une liaison duplex avec ses deux boîtiers coûte entre 4 000 et 20 000 euros) véhicule du très haut débit ! 200 Mbit/s aujourd'hui. Et la technologie est prête pour 1 Gbit /s, les travaux de recherche (optiques adaptatives, profil énergétique du faisceau...) devant porter rapidement la bande passante au-delà de 2,5 Gbit/s.

Pour les collectivités rurales

« Notre principal ennemi, c'est le brouillard, souligne Xavier David-Beaulieu. Mais, à partir des données statistiques de Météo France, nous pouvons garantir un taux de réception, en jouant sur le débit. »

Le protocole de communication s'affranchit de microcoupures... comme le passage d'un oiseau.

En fait, cette technologie pourrait faire de toute collectivité rurale, désireuse de drainer à elle des entreprises communicantes, un mini-opérateur télécoms. Xavier David-Beaulieu explique : « Amener une fibre sur une zone à desservir, c'est simple. Ce qui pose problème, c'est de relier tous les établissements à partir de ce point. Le câblage coûte cher. Les technologies courant porteur (CPL) haut débit provoquent un parasitage électromagnétique. L'idée, c'est de relier les différents établissements par liaison optique, Wi-Fi faisant relais localement pour distribuer l'accès auprès des utilisateurs. »

LES PERFORMANCESLE WI-OP

- Laser rouge d'une longueur d'onde de 670 nm - Puissance de 10 mW, suffisamment faible pour éviter tout danger pour les yeux - Débit élevée : 200 Mbit/s aujourd'hui pouvant être porté à 2,5 Gbit/s dans le futur - Communication difficile à pirater, contrairement aux liaisons filaire, satellitaire ou radio - Technologie améliorée pour supporter le passage d'obstacles comme les oiseaux

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