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Lascom ouvre le marché du PLM

Jean-François Preveraud
Lascom ouvre le marché du PLM

Jean-Marc Kuhlmann, PDG de Lascom

© DR

Rencontre avec Jean-Marc Kuhlmann, Président - Directeur général de Lascom, éditeur qui a fait sortir le PLM des mondes industriels traditionnels en l’ouvrant à l’agroalimentaire et au BTP.

J’ai rencontré cette semaine Jean-Marc Kuhlmann, nouveau Président -Directeur général de Lascom depuis le début de l’année. Cet ingénieur de l'Université de Technologie de Compiègne (UTC), est passé par HP, Microsoft, où il a été successivement Directeur Commercial de la Division Grands Comptes, Directeur de la Division PME-PMI, et Directeur des Opérations ventes & marketing de Microsoft Europe, puis CDC Software, éditeur des outils d’ERP et de CRM Pivotal, en 2005 comme VP Europe de l'Ouest et Afrique du Nord. 

Un parcours qui lui a permis d'acquérir une solide expertise internationale en matière de croissance de chiffre d'affaires, de rentabilité et de mise en place de partenariats. « C’est justement la mission que m’a confié le conseil d’administration de Lascom. Sans changer la stratégie produit, nous allons changer d’échelle en développant un réseau de partenaires en Europe et en Amérique du Nord ».

« Certes, l’année 2009 a été dure mais cela repart. Il y a, de nouveau, des budgets d’investissement dans les entreprises, par contre les choses sont plus difficiles dans le secteur public où les décisions d’investissement entérinées sont toujours très (trop) longue à se transformer en commande ». Ce qui est d’autant plus pénalisant que lorsque les commandes seront passées, les dates de livraisons n’auront pas été reculées.

Lascom est reconnu pour ses solutions PLM innovantes dédiées aux secteurs de l'AEC (Architecture Engineering & Construction), du CPG (Consumer Goods Packaged) et de l'ICS (Industry & Complex Systems). Ses applications sont déployées en France et aux USA chez plus de 200 entreprises, grands groupes et PME.

Le domaine ICS est celui où Lascom a démarré et s’est démarquée de la concurrence en adressant des domaines que ne savaient pas traiter les leaders du PLM de l’époque. L’un des clients historiques de l’époque étant par exemple le groupe PSA pour la gestion des composants électroniques, en associant des plans CAO avec des descriptifs complémentaires, chose que les principaux outils de PLM actuels savent maintenant faire. « Certes nos concurrents ont progressé, mais nous aussi. Ainsi nous impliquons de plus en plus les équipementiers dans cette démarche en collaboration avec les OEM, car plus de 70 % de la valeur ajoutée d’une voiture provient actuellement des partenaires extérieurs ».

Impliquer les partenaires

Une tendance qui touche maintenant d’autres secteurs industriels tel l’agroalimentaire ou la pharmacie. Pour beaucoup d’industriels le futur se résumera à la définition du cahier des charges de ses produits et du niveau de qualité des prestations qu’ils rendent, puis à la mise en musique de tout le marketing destiné à dynamiser les ventes. Toute la partie ‘‘dure’’ de la fabrication étant sous-traitée à des industriels spécialisés, mutualisant leurs moyens de production au profit de multiples marques. On connait déjà cela dans le monde de l’électronique avec les fournisseurs de composants ‘‘fabless’’. 

Avec tous les risques que cela comporte en termes d’image de marque pour l’OEM en cas de problème de qualité chez le sous-traitant. « C’est pourquoi tous les grands groupes investissent dans des outils tels que les nôtres afin d’assurer une réelle traçabilité en terme de risques. Il est alors difficile d’évaluer le retour d’investissement de tels investissements car il se calcule sur des faits que l’on empêche d’arriver. Mais cela permet de définir le niveau d’exigence que l’on attend de ses sous-traitants ».

Cela peut même aller plus loin et la voie est montrée par la grande distribution qui demande à ses fournisseurs de remplir, directement dans ses systèmes de gestion, toutes les informations relatives aux produits qu’ils livrent. « Au-delà de la négociation sur les prix, les géants de la distribution négocient de tels pré-services auprès de leurs fournisseurs lors de la réponse aux cahiers des charges qui leurs sont fournis ».

Une pression de plus en plus importante pour les fournisseurs quand on sait que la durée de vie de leurs produits est de plus en plus courte, et que le nombre de leurs produits explose, tout comme celui des canaux de distribution. Et il faut ajouter à cela un nombre d’informations à fournir de plus en plus grand pour être conforme aux réglementations sur la santé.

Heureusement, afin de faire face à l’hétérogénéité des systèmes en place, une normalisation des formats d’information se met en place. « Mais elle avance au rythme des organismes de normalisation », tempère Jean-Marc Kuhlmann. « Nous n’avons pas beaucoup avancé depuis un an ». Cela continue donc à faire le bonheur de prestataires informatiques développant des outils de conversion d’un format vers un autre.

Un problème connu dans le domaine du bâtiment, où c’est chaque chantier qui impose un modèle d’information et non pas les grands constructeurs, les sous-traitants ou les donneurs d’ordres. « Un groupe tel Cetec Ingénierie a ainsi mis l’un de nos outils en service pour gérer le pilotage de l’ensemble de ses chantiers qui utilisent des outils de gestion différents ». 

Lascom n’est pas en manque d’idées pour le futur. « Aujourd’hui on estime avoir un valeur ajoutée forte sur la problématique liée au Maintien en Conditions Opérationnelles (MCO) et l’on investit fortement sur ce sujet. C’est un sujet qui nous intéresse à plusieurs titres. D’abord, il y a des demandes de la part de nos clients. Ensuite les leaders du PLM ne ce sont pas encore intéressés fortement à cette problématique et ne vont pas savoir la traiter du jour au lendemain. Alors que nous travaillons depuis un certain temps sur la normalisation PLCS en vigueur dans le domaine militaire ».

Se rapprocher de l’ERP

On le voit la problématique PLM pour Lascom ne se limite pas aux domaines traditionnels auxquels s’adresse les grands fournisseurs du marché. « L’approche entre ces différents secteurs est la même mais elle ne s’exprime pas avec les mêmes mots. C’est ce qui fait toute la différence. C’est pourquoi nous développons une technologie de base que nous déclinons dans des offres verticales par marchés ».

Mais Lascom est réaliste : « Ce n’est pas nous qui faisons ‘‘tourner’’ la gestion des grandes entreprises. C’est généralement un outil d’ERP. Qu’il s’agisse de grands généralistes, tels SAP, pour les grands groupes ou d’outils locaux plus ciblés pour les groupes de taille moyenne ». Il y a par exemple une douzaine d’éditeurs d’ERP spécialisés dans le domaine agroalimentaire en France. Tout cela étant mis en musique dans les intégrateurs, qui adaptent les outils et étendent leurs fonctionnalités aux besoins spécifiques d’un marché ou d’un industriel.

« Les principaux éditeurs se prêtant à cette personnalisation outre SAP étant Sage avec X3 et Microsoft avec Dynamics. Notre objectif est que les intégrateurs travaillant autour de ces solutions dans le domaine de l’agroalimentaire s’intéressent à notre offre pour les aspects PLM plutôt que d’essayer de développer ex-nihilo de telles fonctionnalités. C’est pourquoi nous nouons des partenariats avec ces acteurs dans les domaines de l’agroalimentaire et du BTP, ainsi que du MCO dans un proche avenir ». C’est par exemple le cas avec l’intégrateur breton Vif, très actif dans le monde de l’agroalimentaire. « Nous allons aussi développer cette approche de partenariats à l’international sur les principaux marchés ». Une approche similaire est en cours dans le domaine de BTP.

Une stratégie qui devrait être bénéfique en termes de chiffre d’affaires. « Nous allons réaliser un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 millions d’Euro cette année dont 10 % à l’international. Nous visons les 20 M€ à horizon 5 ans dont 1/3 à l’international ».

Beau challenge … atteignable vu l’originalité et la performance de l’offre.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.lascom.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 29 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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