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La voiture sans chauffeur ? Chiche !

André Larané
La voiture sans chauffeur ? Chiche !

Le navigateur "collaboratif" Senda échange sans fil avec les autres voitures des informations sur les conditions locales de circulation.

© D.R.

Londres, 8 - 12 octobre 2006. Les équipements de véhicules et de voiries, présentés lors de ce congrès annuel, préfigurent les transports intelligents de demain.

L'avenir des transports terrestres se révèle dans les conférences et les allées du congrès mondial d'ITS (Intelligent Transport Systems and Services) plus sûrement que nulle part ailleurs. La treizième édition de cette manifestation discrète a été marquée par une forte présence asiatique et européenne malgré l'absence des deux constructeurs d'automobiles français !

Les travaux des scientifiques, des informaticiens et des industriels concernent d'une part l'équipement des véhicules, avec des assistances à la conduite ou des guidages topographiques qui banalisent et laissent loin derrière eux le classique navigateur TomTom avec écran tactile et balise GPS. Et, d'autre part, l'équipement de la voirie et l'information des usagers avec, par exemple, des systèmes de surveillance du réseau en temps réel.

Des systèmes d'assistance passive ou active

Au coeur de la plupart des dispositifs présentés à l'ITS figurent caméras miniatures, analyse d'images et bien sûr GPS. Toyota présentait une assistance automatique pour le stationnement en créneau, avec démonstration à l'appui. On peut encore l'améliorer... Mais le constructeur japonais a plus d'un tour dans son sac et multiplie les annonces : aide à la vision nocturne, contrôle de l'attention visuelle du conducteur, alerte lorsque le véhicule s'écarte involontairement de sa voie, etc. Fujitsu Ten, comme d'autres japonais, exposait un dispositif de détection des piétons avec une caméra monoculaire, un algorithme qui mesure la distance entre le piéton et la voiture et, bien sûr, un système de freinage ou d'alerte qui supplée à l'éventuelle inattention du conducteur.

Le régulateur de vitesse commercialisé par Mercedes-Benz utilise un radar de proximité : le conducteur impose une vitesse maximale et le véhicule ralentit automatiquement en cas de détection d'obstacle frontal. Notons que le Centre de robotique de l'École des mines de Paris va plus loin avec un système expérimental qui ajoute la vision au radar. Ainsi, le véhicule détecte non seulement les véhicules qui le précèdent mais aussi ceux qui circulent sur les voies latérales et peuvent le gêner et l'amener à réduire sa vitesse.

En tout cas, pour Claude Laurgeau, directeur de ce centre, il ne fait pas de doute que, technologiquement parlant, la voiture sans chauffeur peut devenir une réalité. « Toutefois, il nous manque essentiellement la gestion des manoeuvres. Cela dit, la voiture sans chauffeur sera peut-être devenue une réalité dans moins d'une génération. »

Optimiser la route en temps réel

La société Senda, une émanation de l'Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), présentait le navigateur de l'avenir, dit "collaboratif" : un système Wi-Fi ou GPRS qui lui permet d'échanger sans fil avec les autres voitures, via un opérateur central, des informations sur les conditions locales de circulation, de manière à optimiser sa route en temps réel. Bien évidemmment, le dispositif suppose, pour bien fonctionner, qu'un nombre suffisant de véhicules en soit équipé.

La voirie n'échappe pas à la haute technologie, avec des objectifs très variables. L'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa) a mis au point un système à base de radars capable de détecter le plus rapidement possible les véhicules qui roulent à contresens de façon à pouvoir intervenir et bloquer les accès. Ce système, relativement coûteux, est actuellement testé sur une portion d'autoroute alpine.

Enfin, des chercheurs de l'Université d'Édimbourg (Grande-Bretagne) utilisent de simples capteurs infrarouge pour analyser les flux de piétons stationnant devant les arrêts de bus dans le but d'optimiser la fréquence et la vitesse des bus.

ENTENDU À LA CONFÉRENCE

Si l'on rassemble les recherches menées dans les laboratoires et chez les industriels, nous possédons d'ores et déjà presque toutes les briques pour réaliser une voiture sans chauffeur, avec guidage automatique et contrôles longitudinal et latéral. » Claude Laurgeau, directeur du centre de robotique de l'École des mines de Paris

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