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C’est pas nouveau, quoique !

La voiture électrique … c’est pas nouveau, quoique !

Jean-François Preveraud
La voiture électrique … c’est pas nouveau, quoique !

La première voiture électrique en 1881 des Anglais Williams Edward Ayrton et John Perry

© JF Prevéraud

Voiture électrique, véhicule hybride rechargeable… des concepts novateurs ? Que nenni ils appartiennent au 19e siècle ! Alors qu’il est de bon ton de parler d’électro-mobilité et d’effacer les contraintes de ces engins, sous la pression d’un marketing saisissant au bond l’augmentation de la conscience écologique des populations riches, on a une fois encore oublié les enseignements de l’histoire.

La première vraie voiture électrique était … un tricycle, développé en 1881, 5 ans avant la voiturette thermique de Carl Benz, par les Anglais Williams Edward Ayrton et John Perry. Un engin capable de rouler 50 km à la moyenne fabuleuse pour l’époque de 18 km/h. Camille Jenatzy médiatisa la technologie en dépassant les 100 km/h en 1899 avec sa Jamais Contente. Enfin, n’oublions pas que le célèbre Docteur Ferdinand Porsche fit rouler en 1902 sa Lohner-Porsche, qui était équipée d’un moteur à pétrole entrainant à vitesse constante une dynamo chargeant des accumulateurs électriques alimentant des moteurs roues.

De belles prouesses d’ingénieurs face à des concurrents à vapeur ou à pétrole moins performants. Mais c’est cette dernière technologie qui triompha grâce à l’autonomie qu’elle procure. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé, tout comme aujourd’hui, de pallier les défauts de l’électricité.

Le Grand Album Illustré de l’Industrie Automobile édité en 1901 par l’Automobile Club de France nous apprend qu’à cette époque, une sorte d’Auto’Lib existait déjà à Paris avec la société L’Electrique, tandis que la Compagnie Générale des Voitures utilisait des taxis électriques et que la Compagnie des Electromobiles faisait de la location. On avait même inventé des stations d’échange rapide des batteries !

Autant de tentatives qui passèrent dans les oubliettes de l’histoire par manque d’autonomie et temps de recharge prohibitif, plus que par manque de performances. D’ailleurs à l’époque l’on n’était pas dupe ; « On ne doit pas décourager ceux qui s’intéressent à la locomotion électrique sur route. Les quelques insuccès que l’on a eu à enregistrer sont dus davantage à l’usage que l’on a voulu faire de la voiture électrique, qu’à la voiture elle-même. Il ne faut pas demander aux électriques plus qu’elles ne peuvent donner. »

« Pour le moment elles sont susceptibles de faire très agréablement et d’une façon parfaite un service urbain ; sachons nous en contenter et pour les parcours de plus longue haleine et interurbains, attendons que les accumulateurs qui sont la pierre d’achoppement actuelle aient fait les progrès nécessaires. Leurs poids, leur capacité, leur rendement sont déjà très améliorés ; cette industrie délicate et difficile n’est encore que dans l’enfance ; soyons patients, laissons-lui le temps de grandir, faisons-lui encore crédit de quelques années et nous serons tous surpris de voir les merveilles qu’elle nous réserve », lit-on dans l’ouvrage de ACF ... de 1901 !

De belles pistes de recherche pour le 21e siècle.

Jean-François Prevéraud





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