Nous suivre Industrie Techno

La traçabilité accède au temps réel

Youssef Belgnaoui

Sujets relatifs :

- L'obtention en temps réel d'informations issues de traceurs RFID actifs dynamise le processus de traçabilité.

Les traceurs actifs d'identification par radiofréquence vont-ils reprendre du service ? L'effervescence autour de leurs petits cousins passifs les avait presque fait oublier. Mais ils reviennent en force profitant des progrès, de la compacité, de la baisse de consommation et de la démocratisation des technologies de radiocommunication. « Nous avons conçu notre solution de traçabilité en nous appuyant sur des tags actifs car ceux-ci embarquent de la batterie, de la mémoire, un module radio, un circuit de traitement, des algorithmes. Bref des éléments qui servent activement le processus de traçabilité », observe Christian Kovacik, directeur général de la société KBS qui a développé le concept @trace. Il s'appuie sur les technologies de radiocommunication et de partage de l'information qui autorisent une plus grande interactivité.

Selon Christian Kovacik, jusqu'à présent, compte tenu des outils existants, la traçabilité était passive : constat d'un incident a posteriori. Dorénavant, la traçabilité devient dynamique. L'obtention en temps réel par voie radio d'informations issues de traceurs intelligents permet, via les supports de communication les plus récents, de repérer l'incident en amont. L'automatisation du processus évite l'intervention humaine, source d'erreur, et la formation des opérateurs aux manipulations de terminaux mobiles.

Une identification volumétrique

Bien sûr, les étiquettes d'identification radiofréquence (RFID) passives visent les mêmes objectifs. Mais sans pouvoir prétendre aux mêmes performances. Puisqu'elles n'ont pas de batteries, elles sont passives. Elles ne transmettent les informations que lorsqu'elles sont interrogées par le lecteur qui leur fournit l'énergie nécessaire pour émettre un signal. Malgré tous les efforts réalisés ces dernières années pour augmenter les performances de lecture, on ne peut guère éloigner l'étiquette RFID de l'antenne à plus d'une douzaine de centimètres à 13,56 MHz, et d'un mètre en UHF (860 MHz à 960 MHz) sans risquer la perte d'informations ou la non-détection des étiquettes.

Ainsi, dans l'état actuel de la technologie, avec des étiquettes RFID passives, la gestion automatique d'un processus d'identification ne peut être que périmétrique. Les cartons, les palettes et les conteneurs sur lesquels sont apposées les étiquettes ne seront identifiés que s'ils passent au travers de tunnels ou de portiques de lecture disposés à des points stratégiques.

Puisqu'ils embarquent leur batterie (qui leur confère une autonomie de cinq à dix ans) et leur module de communication, les traceurs actifs offrent, en revanche, de bien meilleures performances. À 13,56 MHz, la distance de transmission atteint 1 m, 300 m à 868/915 MHz ou encore 50/100 m à 2,45 GHz. Il ne faut tout de même pas rêver. Il s'agit là de performances atteintes en champs libres et dans des conditions idéales. Celles-ci seront bien entendu altérées par la présence d'obstacles, d'interférences ou tout autre élément s'opposant à une bonne communication radio. Les distances de lecture seront toutefois bien plus importantes que celles offertes pas les étiquettes passives. Du coup, avec les traceurs actifs, la gestion automatique d'un processus d'identification devient volumétrique.

Les traceurs ne sont plus contraints de passer au travers d'un portique de lecture pour être identifiés. Ils émettent leur identifiant à intervalles réguliers préalablement programmés. Ces signaux émis sont captés par des modules de réception placés à des points stratégiques dans un bâtiment, sur un quai de chargement, dans un entrepôt, dans un camion, etc. Ces boîtiers de réception sont aussi appelés concentrateurs ou routeurs. Dotés d'une petite antenne, ils sont semblables à des points d'accès Wi-Fi. Ils communiquent avec l'ensemble des traceurs par voie radio. « Ce concentrateur est le maître du réseau alors que les traceurs sont ses esclaves. Il est configuré pour réceptionner les informations de traceurs identifiés. Un concentrateur peut même envoyer un SMS pour indiquer qu'il a pris en charge un traceur », indique Joseph Meurice, directeur général de You-Trace, société belge qui propose la solution éponyme de traçabilité temps réel. Les concentrateurs sont ouverts au monde extérieur par tout mode de communication. Ils peuvent tout aussi bien être équipés d'un port Ethernet pour se connecter au réseau informatique de l'entreprise, que d'une interface Wi-Fi pour s'interfacer avec des équipements mobiles ou encore d'un modem GSM/GPRS pour communiquer vers un pocket PC ou un téléphone par le réseau de téléphonie mobile.

Les concentrateurs sont bien plus que de simples émetteurs/ récepteurs. « Ils sont capables de filtrer les informations reçues. Ils peuvent relever ces informations et les stocker ou les transmettre en temps réel. Ils remontent aussi immédiatement des alarmes par e-mails ou SMS. Il est également possible de hiérarchiser les informations relevées selon qu'il s'agisse de traceurs principaux ou secondaires », explique Jérôme Delorme, directeur général de Jidélec, qui propose la solution DC Log Température. Cette solution met en oeuvre des tags UHF équipés de sondes de température et des modules de réception radio fixes ou mobiles qui assurent l'interface avec l'infrastructure informatique de l'entreprise.

Surveillance précise de la température

La température est en effet l'un des paramètres les plus surveillés dans une chaîne de traçabilité. La plupart des traceurs actifs embarquent des capteurs qui la mesurent et de la mémoire pour l'enregistrer. Ils transmettent les valeurs mesurées ou des calculs spécifiques issus de ces valeurs. Un microcontrôleur embarqué traite des algorithmes métiers qui autorisent le traceur à réagir. Ainsi, celui-ci peut envoyer en temps réel un message d'alerte dès que la température dépasse la limite fixée pendant une durée prédéfinie ou encore lorsque le cumul des temps de dépassement excède la durée de dépassement autorisée. Si l'application l'exige, les traceurs embarqueront des capacités de mesure et d'enregistrement d'autres paramètres physiques. Ils peuvent notamment mesurer l'humidité, la pression, la force, l'accélération ou encore les chocs.

KBS, a réuni dans un module de 7 x 7 cm pour 5 mm d'épaisseur un traceur capable de surveiller cinq paramètres. Mais, pour les applications n'exigeant pas de telles sophistications, le traceur opère simplement en mode balise émettant à cycle programmable son numéro d'identification. Il est ainsi repéré par les divers concentrateurs disposés tout au long de la chaîne logistique. Ce fonctionnement en mode balise ouvre d'ailleurs les traceurs radio à des applications de surveillance. Ils vérifient la présence des objets auxquels ils sont associés. L'absence d'une oeuvre d'art ou de vins de grands crus de leur zone de stockage sera immédiatement repérée.

GRÂCE À LA COMMUNICATION RADIO

Placés sur les palettes, les traceurs (en rouge) émettent par radio leur identité et les données enregistrées pendant leur parcours.

UNE TECHNOLOGIE, TROIS VARIANTESACTITRACE DE KBS

- Intégrés dans un module de 50 x 50 mm, les traceurs Actitrace opèrent à la fréquence de 868 MHz ou 2,45 GHz. Ils transmettent leur identifiant vers un récepteur radio à intervalle régulier. L'Actitrace peut embarquer des fonctions de mesure de température, de choc ou d'accélération. La mise en place de plusieurs récepteurs autorise, par l'analyse de puissance, la localisation approximative du traceur.

YOU-TRACE LIVE

- Un boîtier autonome intègre un capteur de température et une capacité de mémorisation de 2 048 mesures. La communication bidirectionnelle vers un concentrateur s'effectue à la fréquence de 2,45 GHz. Ce concentrateur gère jusqu'à 512 capteurs. Il embarque le système d'exploitation Linux, un serveur Web et une base de données.

DC LOG DE JIDÉLEC

- Cette solution est composée de modules radio opérant à la fréquence de 868 MHz sur lesquels se connecte une sonde de température externe. Ces traceurs communiquent en mode bidirectionnel et enregistrent les 48 dernières valeurs mesurées (4 500 en option). Ils sont interrogés à distance par un terminal mobile doté d'un modem radio au format CompactFlash ou par un routeur fixe.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0879

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies