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La télévision en relief promue depuis l'espace

Philippe Beaufils

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L'Agence Spatiale européenne a développé pour ses besoins interne un système de télévision en relief. Fait remarquable, ces images supportent une compression Mpeg et une transmission par satellite peu onéreuse.
Voilà une retombée de la Station Spatiale Internationale à laquelle on ne s'attendait pas : la télévision en relief. Plus précisément, la retransmission par satellite d'images vidéo stéréoscopiques.

L'agence spatiale européenne (ESA) vient d'en faire la démonstration cet été, pour ses besoins internes, et affirme ainsi être le premier à produire et diffuser ce type d'images de bout en bout sur toute la chaîne, depuis la prise de vue, jusqu'à la diffusion par satellite.Lire l'article de l'ESA 

S'agit-il d'une première ? La télévision en relief revient régulièrement sur le devant de la scène de l'actualité. Et il n'est pas une année sans qu'un «inventeur» ne relie quelque procédé de prise de vues stéréoscopiques à un procédé de restitution également stéréoscopique, via une électronique sophistiquée capable de synchroniser les deux signaux perçus par l'œil gauche et l'œil droit. 

Pourtant ; le système mis en place par l'ESA pour ses besoins internes est aujourd'hui opérationnel. Lors du salon IFA 2001 qui s'est tenu à Berlin fin Août, des images TV en relief ont été retransmises depuis le centre de recherche de l'agence à Noordwijk jusqu'à Berlin via un satellite Eutelsat. En juin et en juillet, c'est un programme vidéo 3D produit par l'ESA qui a été transmis par ce biais et reçu de manière parfaite dans les locaux du Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR). 

Ce système de TV 3D a été développé par une jeune société allemande, TMP , sur les spécifications de l'ESA, pour les besoins de son Centre d'information des utilisateurs de la Station Spatiale Internationale (ISS) indique Dieter Isakeit, responsable du Centre . 

Jusqu'alors, le Centre exploitait un simulateur de Réalité Virtuelle en 3D. Le Centre aide en effet les scientifiques et chercheurs à préparer leurs expériences embarquées dans la Station, environnement particulièrement complexe, notamment du point de vue géométrique. 

Ce simulateur, basé sur une imposante base de données géométrique nécessite l'emploi d'un puissant ordinateur (SGI) pour calculer en temps réel les images délivrées ensuite sur grand écran. « Un outil spectaculaire, adulé pour de nombreuses autres manifestations à caractère « promotionnel », mais fastidieux à déplacer. 

Aussi, pour s'affranchir des contraintes imposées par ces lourds calculs; l'ESA recherchait le moyen d'enregistrer des images stéréoscopiques sur un support classique, afin de les rejouer simplement. Elle a fait appel pour cela à la société Allemande TMP qui lui a fourni un système dépassant de loin les spécifications initiales : non seulement les deux signaux peuvent être enregistrés sur des supports vidéo Pal/secam classiques après codage, mais ils supportent une compression au format MPEG, permettant ainsi d'utiliser un répéteur numérique faible coût dans le cadre d'une transmission par satellite. 

« Avec ce système, nous n'avons besoin ni de la « grande télévision », ni du support des constructeurs de matériels pour exister» remarque fièrement Dieter Isakeit. 

Le système complet se compose d'une caméra spéciale, dotée d'un double objectif, capable de prendre des vues réelles en mode stéréoscopique. Un codeur insère les deux signaux gauche et droite dans un même cadre, par alternance de lignes, dans un format Pal Betacam. 

Coté réception, un décodeur restitue les deux signaux synchronisés sur n'importe quel système de visualisation capable de stéréoscopie : projecteur vidéo, écran d'ordinateur VGA, aidé de lunettes à obturation, de filtres polarisants actifs ou passifs, de verres anaglyphes (rouge/vert). 

L'ensemble reste assez coûteux, compte tenu du caractère encore unique du système. Parmi les équipement les plus coûteux figurent la caméra (200 KF) et l'équipement d'enregistrement professionnel Betacam (200 KF) 

Dès le mois de novembre, le Centre d'information des utilisateurs de l'ISS commencera à diffuser de telles images, par le biais de sa télévision numérique (Television Services, une demi-heure quotidienne). 

Selon l'écho renvoyé par les « spectateurs », l'agence incorporera plus ou moins de séquences 3D dans ses programmes professionnels, notamment ses premières conférences sur l'utilisation de la station spatiale internationales qui auront lieu en Novembre, explique Dieter Isakeit. 

Le centre prévoit également d'enregistrer des présentations et des conférences dans le cadre du « Campus virtuel de l'ISS » que l'ESA met actuellement sur pied en soutien des recherches menées à bords de la Station spatiale, puis de les transmettre au moyen de sa télévision par satellites ou par le biais de la technique de « streaming vidéo » sur Internet. 

De même, l'agence envisage de « spatialiser » la caméra à double objectif dans le but de filmer en 3D l'intérieur de la Station, et ses activités. Un moyen précieux pour le développement de concepts opérationnels connus sous les appellations de téléscience et téléprésence. La première offre à des chercheurs la possibilité de suivre en temps réel des expériences conduites à bord. La seconde met en œuvre la télécommande d'opérations de constructions, de maintenance, de réparation par le biais de systèmes robotisés qui permettra de décharger les astronautes de ces activités. Le travail collaboratif dans sa dimension la plus spectaculaire. 

Les arguments de Manfred Reich, président de TMP
« Pas moins de 9000 brevets relatifs au concept de télévision 3D ont été déposés, affirme » Manfred Reich. Et pourtant, l'expert est confiant dans l'excellence de son système, « seul à adresser la chaîne complète » de la production d'images et de leur diffusion, y compris le « broadcasting », c'est à dire la diffusion par satellite. « Et cela pour un coût dérisoire », insiste Reich. « Pour 100 000 euros, un organisme peut s'offrir un studio complet ».
Entreprises, Universités, hopitaux, et surtout l'industrie du divertissement sont les premiers visés par l'entreprise (15 personnes), qui pense toucher très rapidement le plus grand public. Rendez-vous dans quelques mois.

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